Dans son adresse à la nation, le 10 décembre 2023, soit à la veille de la célébration du 63e anniversaire de l’accession du Burkina Faso à la souveraineté internationale et lors du nouvel an, le président de la transition, Ibrahim Traoré, avait annoncé la prise d’une batterie de mesures entrant dans le cadre de la suite de la lutte antiterroriste. C’est chose désormais faite en ce début d’année 2024.

« Il faut aller vite », avait lancé le président de la Transition, Ibrahim Traoré, en arrivant à la tête de l’Etat. 3 semaines après avoir décliné les perspectives sur le plan sécuritaire pour le compte de la nouvelle année, le président Traoré met les bouchées doubles ; le temps ne semblant pas être le meilleur allié. Ainsi, le conseil des ministres du 5 janvier 2024 a été le cadre par excellence de la prise d’une série de mesures : maintien de la retenue de 5% sur les salaires des membres du gouvernement, prélèvement de 1% sur le salaire net des travailleurs du public et du privé, retenue de 25% sur les primes octroyées aux agents des départements ministériels et au niveau des sociétés d’Etat et des établissements publics de l’Etat, retenue de 2% sur le bénéfice net des entreprises, etc. D’une façon générale, le président s’est voulu méthodique sur la question. En effet, on se rappelle la sortie du président le 10 décembre annonçant qu’il sera demandé davantage en 2024, des efforts supplémentaires aux Burkinabè, notamment « aux travailleurs du public et du privé et aux entreprises » dans le cadre de la lutte antiterroriste. Ainsi, il avait annoncé les couleurs en laissant entendre que ces efforts seront bientôt dévoilés et devraient permettre d’augmenter la prise en charge des volontaires pour la défense de la patrie et « de leur assurer une assurance vie ». « Cette contribution compte pour l’année 2024 et vise à améliorer d’une part, l’équipement des forces combattantes résolument engagées sur les différents théâtres d’opérations et d’autre part, la prime des volontaires pour la patrie qui passe de 60 000 à 80 000F », a précisé le ministre de l’Economie, des finances et de la prospective, Aboubakar Nacanabo, au sortir du conseil des ministres du 5 janvier 2024.

Dans ses allocutions du 10 et 31 décembre 2023, le président Traoré avait décliné les grandes mesures à prendre

Bien avant l’adresse à la nation au soir du 10 décembre, c’est une correspondance – en date du 6 novembre 2023 – du ministre de l’Economie adressée sur instruction du président, aux responsables des autres départements, qui circulait largement sur la toile. Aujourd’hui, avec la décision prise de prélever 25% des primes octroyées aux agents des départements ministériels, la prise de cette note qui enjoignait les responsables des départements ministériels de faire le point des motivations financières (primes) servies dans leur département, trouve son fondement. Autre mesure dont la prise a été annoncée lors de l’allocution prononcée à l’occasion du nouvel an, c’est la réorganisation de l’armée. « Nous verrons la création de la première brigade de combat que nous avons dénommée, brigade spéciale d’intervention rapide qui regroupera les différents bataillons d’intervention rapide (BIR), un groupement de forces spéciales et un groupement spécifique », avait informé le président Traoré. Sans oublier la création par décret à la même date, de 5 nouveaux Bataillons d’intervention rapide (BIR) implantés à Titao, Djibo, Toma, Kantchari et Pama ; portant le nombre total des BIR, à 25.

Reste maintenir à voir sur les théâtres d’opération, l’effet probant de ces mesures

L’ensemble de ces BIR sont placés sous la tutelle de 4 groupements d’intervention rapide ; lesquels sont placés sous la coordination générale de la brigade au même titre que le groupement des forces spéciales, la garde républicaine et le groupement de commandement d’appui et de soutien. A cela s’ajoute la décision de réouverture prise le 5 janvier, du centre national d’entraînement commando implanté dans la garnison de Pô et ayant pour mission « d’assurer l’entraînement, la qualification et l’aguerrissement aux techniques commandos des personnels militaires et paramilitaires », tout en ayant le rang de région militaire. L’on note également la remise, le 12 janvier, d’importants matériels roulants de lutte contre le terrorisme par le président de la transition au ministère de la Défense ce, après l’euphorie des populations de Pama, Kantchari et Diapaga qui ont bénéficié de ravitaillement en vivres.

Les membres du gouvernement vont continuer à céder 5% de leurs salaires au titre de l’effort de guerre

Côté alimentation du fonds patriotique, l’élan de mobilisation semble rester intact : près de 15 millions de la part d’associations de la diaspora basées en Guinée Conakry, Autriche, Angola, Madagascar, Port-Bouet à Abidjan, etc. En interne, c’est le département en charge de la diplomatie qui fait parler son cœur à travers un don en nature estimé à 33 millions et demi de F CFA. C’est dire si l’année 2024 commence sous de meilleurs auspices sur le plan sécuritaire, en termes de mesures prises pour contenir l’hydre terroriste. Reste maintenir à voir sur les théâtres d’opération, l’effet probant de ces mesures…

Synthèse de Adama KABORE

Article paru dans le journal La Nation en marche du 16 janvier 2024

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