Captivant, « Une femme à Kosyam » est un thriller politique de 10 épisodes de 52 minutes qui met en exergue l’héroïsme d’une femme politique burkinabè atypique, de par sa volonté à se défaire de l’emprise du monde des affaires qui veut diriger le pays par procuration. Avant même son élection, elle reçoit des compliments d’un homme, Hubert.
« Les résultats ne sont pas encore publiés mais tu as fait une très belle campagne », lui dit-il, les mains doucettement posés sur les épaules de la femme qui, visiblement, est son épouse. «Tu sais bien que je ne serai pas élue présidente du Burkina Faso mais dans le fond, je suis soulagée. J’espère seulement que le résultat ne sera pas trop humiliant », répond-elle à Hubert. « Je voudrais être l’homme qui fait l’amour à la présidente du Faso », réplique Hubert. « Pas de chance pour toi », rétorque celle qui a mené sa campagne présidentielle en tant que candidate indépendante.
Puis, coup de théâtre. Les résultats de l’élection tombent. Celle qui ne s’attendait pas à son sacre, est déclarée vainqueur au premier tour de l’élection et devient présidente du Faso. Elle n’y croit pas, elle qui a mené la campagne sans grands moyens. Le président sortant se déplace au quartier général de la nouvelle élue pour la féliciter. Le moment est solennel : les journalistes immortalisent l’événement. Femme d’affaires de 55 ans, Suzanne Traoré (Georgette Paré) doit ainsi désormais présider au destin d’un pays africain qui rejoint la liste des pays comme le Liberia ou la Tanzanie qui ont été dirigés par une femme. Une véritable révolution dans un continent où les pays africains dirigés par une femme sont aussi rares qu’un bélier à testicule unique.
Femme de caractère, la présidente nouvellement élue annonce les couleurs, avant même son investiture, notamment lorsque Salem, le représentant des compagnies multinationales, vient la rencontrer. Ces compagnies contrôlant l’or dans le pays, Salem est en réalité venu imposer à la présidente les conditions desdites compagnies pour accompagner le nouveau régime. Sans le respect de ces conditions, pas de milliards à investir dans l’économie avec tout ce que cela comporte comme pertes d’emplois… « Voici la liste des personnes avec lesquelles nous aimerions travailler si elles sont nommées au gouvernement », affirme l’homme d’affaires Salem à la présidente. Étonnée, Suzanne rejette cette liste, refusant ainsi toute compromission. Puis, elle éconduit Salem en intimant l’ordre à son directeur de campagne de le mettre dehors. Mortifié mais non résigné, l’homme d’affaires martèle, sourire au coin, : « On vous a fait élire mais nous n’avons pas besoin de vous pour gérer le pays. Prenez cette liste ».
Véritable thriller politique, « Une femme à Kosyam » est une série burkinabè en 10×52 minutes à couper le souffle, retraçant l’ascension politique de Suzanne et les défis qu’elle doit surmonter pour gérer le pays. Elle qui entend gérer le pays de façon indépendante et selon ses convictions afin que les richesses du pays profitent à sa population, se rend finalement compte que son élection a été rendue possible grâce à l’action desdites compagnies qui ont influencé les résultats électoraux. Ce, à la suite de la découverte d’un gisement de pétrole au pays. Pourra-t-elle résister aux pressions et manipulations et gérer convenablement le pays ? Mystère…
Réalisée par Serge Armel Sawadogo, la série a été diffusée le 4 mars sur TV5Monde+ et sera diffusée ce 8 mars sur TV5Monde Afrique à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Une fiction ambitieuse qui sort de l’ordinaire à travers la nature des thématiques abordées. Ce thriller politique rappelle bien d’autres thrillers politiques, notamment Wara (une co-production entre la France, le Sénégal et le Niger) ou encore Borgen où la première ministre danoise découvre à son arrivée aux affaires, un monde fait de compromissions et où elle doit revoir ses idéaux.
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