Ministre Sana à Diabo pour casser du terroriste : La commune des zaocé valait bien un détour !

Le fait est extrêmement rare pour être souligné. La nouvelle, elle, a apporté du baume au cœur des ressortissants de la commune de Diabo éparpillés dans les 4 coins du monde. Sur haute sécurité, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, présent à Diabo – dans la province du Gourma –, se mêle à la population locale pour prier à l’occasion de la fête du Ramadan, le 31 mars 2025. Avant de rendre visite aux forces combattantes (gendarmes, policiers, volontaires pour la défense de la patrie) et de prendre langue avec les forces vives de la commune. Les faits immortalisés confèrent à la sortie ministérielle un caractère mémorable et sont ainsi archivés ou gravés désormais sur le marbre à la fois de l’histoire diabolaise et de l’honorabilité gouvernementale. De mémoire de Diabolais, c’est véritablement la première fois au risque de nous tromper, que la commune des zaocé voit fouler son sol une personnalité de tel rang depuis qu’elle est en proie aux exactions terroristes. Pas même le pic des horreurs terroristes de février 2024 n’avait suscité un détour gouvernemental dans la commune ; lequel pic dans les hameaux de culture situés dans les encablures du village de Lorgho et environs avait provoqué une véritable vague de déplacements des populations dans leurs villages d’origine pour sauver leur peau et tenter de renaître des cendres terroristes. Au grand dam des thuriféraires de la violence qui se repaissent du sang innocent de ces Diabolais et Diabolaises dont certaines ont été violentées en octobre 2023 dans les environs du village administratif de Saatenga. De quoi interpeller les organisations dites de défense des droits de l’homme qui ont été aphones et atones sur la question alors qu’il convenait de crier haro sur les auteurs terroristes.

Ce contexte explosif nonobstant l’engagement d’une bonne partie des fils de la localité à s’enrôler comme Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) avait d’ailleurs touché le cœur de la société civile diabolaise – appuyée par la délégation spéciale – qui a lancé une opération de mobilisation de ressources financières et en nature pour soutenir les forces combattantes et les personnes déplacées. Au bout du compte, c’est plus d’une tonne de vivres et plus de 5 000 000 de F CFA qui avaient été mobilisés par les 9 397 ménages de la commune ; somme qui avait permis de doter les forces combattantes en matériels de combat et de contribuer à alimenter le fonds de soutien patriotique à hauteur de 1 500 000F CFA. Mais avec la résilience de l’hydre, il en fallait plus pour casser véritablement du terroriste. Ce n’est donc pas étonnant que répondant au cri du cœur des populations maintes fois lancé, la commune se voyait doter en mi-janvier 2025 par les autorités burkinabè, d’une unité de forces combattantes avec pour mission de réduire à sa plus simple expression, la menace terroriste. Cette action offensive menée sans grand bruit venait s’ajouter à une opération-éclair de ratissage menée plusieurs mois auparavant et qui avait permis d’engranger une accalmie précaire avant que l’ennemi ne reprenne du poil de la bête. Si à ces coups de Jarnac ignobles de la vermine terroriste, les Diabolais ont opposé de la répartie et leur esprit de résilience qui leur ont permis de se reloger et de mener à bien leurs activités champêtres pendant la saison pluvieuse 2024-2025 dans leurs nouveaux pieds à terre, la menace terroriste demeure et les attentes intactes, avec l’espoir de pouvoir regagner en mai 2025 les terres fertiles abandonnées des hameaux de culture sus-cités et laissées en jachère forcée. A cet effet, la population diabolaise fonde un gros espoir sur l’action offensive en cours dans la commune que mènent les forces combattantes locales dont on imagine que le moral a connu entretemps un pic avec l’arrivée d’un renfort ; lequel serait bien inspiré de se déployer durablement vers Lorgho et encablures, c’est-à-dire des localités réputées proches des hameaux de culture martyr.

Il serait exagéré d’en déduire que la commune de Diabo est infréquentable et que toute vie y est impossible

Qu’à cela ne tienne, il serait exagéré d’en déduire que la commune de Diabo est infréquentable et que toute vie y est impossible comme le laissent croire les oiseaux de mauvais augure devenus les Cassandre des temps modernes, criaillant çà et là l’évangile de la désolation totale dans la commune. Même si elle est loin d’être entièrement sécurisée comme noté ci-dessus, la majeure partie de la commune mène sereinement ses activités socioéconomiques et la vie administrative reste en l’état avec à la clé, un train de développement qui résiste à la tempête. Dans ce contexte où la hantise n’est pas totalement enrayée de l’esprit de la population qui continue de danser le riambonlogo (danse de terroir) antiterroriste au son du cor et du tambour parlant, et de hisser dans les ronds-points les différents drapeaux des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), la présence du ministre Sana sur la terre de la commune cosmopolite a le mérite de semer un grain d’espoir dans le cœur des Diabolais dont le tissu de la cohésion sociale a connu un déchirement en 2021-2022 sur fond d’histoires rocambolesques de sorcellerie. « Les Diabolais n’auront plus le sentiment qu’ils sont abandonnés », s’est d’ailleurs fendue à Ouagadougou, une Diabolaise recluse dans la prière permanente afin que Christ contribue à apporter le salut sécuritaire à Diabo. Et il y a fort à parier que cette visite du ministre ait contribué à galvaniser les Wayiyans du village de Seiga sortis le 5 avril 2025, pour hisser les drapeaux de l’AES au principal carrefour du village au rythme du chant de l’hymne national et les poings levés en guise de future victoire certaine sur l’ennemi.

En attendant, malgré l’omerta qui entoure la communication sécuritaire, la commune tout entière trépigne d’impatience pour savoir, si au-delà des mots d’encouragement à l’endroit de tous, le « médecin » Sana est venu à Diabo avec dans ses mallettes, une thérapie de choc pour crever l’abcès et impulser le retour définitif dans un bref délai, de la sécurité dans la partie diabolaise qui souffre le martyr. Même si une fois de plus, la conscience individuelle et collective diabolaise doit savoir que sa participation personnelle au règlement du conflit est en premier lieu engagée et doit le demeurer aussi longtemps que persiste la menace. Bref, la commune des zaocé valait bien un détour et le ministre Sana a été bien inspiré de s’y rendre pour casser du terroriste. Reste à espérer que les réalités touchées du doigt à travers le déplacement ministériel puissent servir de ferment dans l’édification d’une meilleure réponse collégiale à donner au péril existant…

La Rédaction

Éditorial publié dans le numéro 32 du 15 avril au 14 mai 2025 du journal La Nation en marche

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