Il se sait attendu par l’opinion nationale ! Il sait aussi qu’il n’a pas droit à l’erreur pour son baptême de feu ! Ses premières actions seront scrutées et jugées au sommet de l’Etat comme un indicateur du bien-fondé du choix porté sur sa personne pour chapeauter le ministère de la Culture, des arts et du tourisme. Prévu pour se tenir du 22 février au 1er mars 2025, soit moins de 3 mois avant l’installation du ministre de la Culture, Gilbert Ouédraogo, le FESPACO est le 1er chantier qui attend de pied ferme le nouveau ministre. Aussi mène-t-il une offensive pour être à la hauteur de la mission confiée !

Depuis sa prise de fonction le 10 décembre 2024, le ministre de la Culture, Gilbert Ouédraogo, met les bouchées doubles pour réussir l’édition 2025 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui constitue son gros chantier à l’entame de sa mission ministérielle. En véritable lait qui se sait surveiller sur le feu, il multiplie les rencontres avec les acteurs concernés et les sorties de communication pour prendre à bras-le-corps la question cinématographique afin de réunir les conditions de l’organisation réussie de l’événement panafricain. «Nous avons mis les petits plats dans les grands », assurait-il depuis début février 2025 à Ségou au Mali où il participait à la Semaine de la fraternité de l’AES (Alliance des Etats du Sahel) et à Ségou’art festival sur le Niger.

A cet effet, déjà le 8 janvier 2025, il procédait à l’installation des 50 membres du comité national d’organisation présidé par Fidèle Tamini, par ailleurs secrétaire général du département en charge de la culture. Et annonce la couleur : « Je vous exhorte à donner le meilleur de vous-même pour relever tous les défis organisationnels auxquels vous aurez à faire face », martèle-t-il. Une exhortation aux allures d’injonction ! Il le sait mieux que quiconque : de la réussite de ce baptême de feu dépendra le renforcement de sa confiance auprès du chef du gouvernement et du président Faso.

Sur le plan national, la mise des bouchées doubles, c’est aussi ces échanges le 31 janvier avec les cinéastes burkinabè retenus pour la compétition officielle. A cela s’ajoute la visite, le même jour, au Moogho Naaba Baongo pour « solliciter ses bénédictions pour la bonne marche de l’événement ». C’est la traduction de la prise en compte de toute la dimension mystique de la réussite de l’activité et de la mission ministérielle qui en dépend, comme l’insinuaient le propos du ministre au sortir de sa visite, le 23 janvier 2025, au trésor humain vivant Konomba Traoré. « Nous sommes venu à la source de la sagesse pour nous imprégner, nous ressourcer et recevoir l’énergie nécessaire pour accomplir la mission qui nous a été confiée », avait-il affirmé.

Et comme si la volonté de réussir la biennale du cinéma africain tournait à l’obsession, le ministre ne rate aucune occasion pour réunir les ingrédients de la réussite de l’évènement. Aussi sonne-t-il la mobilisation nationale, le 3 février 2025, à l’occasion de la traditionnelle montée des couleurs nationales à Ouagadougou, à l’hôtel administratif qui abrite le département. C’est dire la prise de conscience de la plus-value populaire de l’événement qu’il faut travailler à préserver pour le prestige de celui-ci. Par ailleurs, hormis Ségou au Mali où les autres pays de l’AES ont eu l’assurance de la place de choix qui leur sera accordée à l’événement, l’offensive du ministre Ouédraogo à l’extérieur du pays a été marquée par un déplacement le 14 janvier à N’djamena au Tchad – pays invité d’honneur du FESPACO – où il a été reçu par le président tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno, à qui il a transmis le message du capitaine-président Traoré.

Un déplacement qui faisait suite à la venue à Ouaga, le 11 janvier, du ministre tchadien de la Culture et des arts avant qu’une délégation tchadienne conduite par le secrétaire général du ministère de la Culture ne soit reçu à Ouaga, le 27 janvier 2025 par le ministre Ouédraogo pour confirmer la participation du Tchad à l’événement. Tout le mal que l’on peut souhaiter au ministre et à tous les autres organisateurs du FESPACO, c’est de réussir l’activité et partant, de bonifier l’image du Burkina dans le reste du monde.

Adama KABORE

Article publié dans la parution du 15 février 2025 du journal La Nation en marche, dans la rubrique titrée L’homme du mois 

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