Lutte antiterroriste à Diabo : Mettre fin à ces querelles picrocholines qui n’optimisent pas les performances sur le terrain

Depuis l’enlèvement de personnes en juillet 2022 à Baléré dans la commune de Diabo (province du Gourma, région du Goulmou), la commune n’a plus eu le sommeil tranquille, jusqu’à nos jours. Entre pic des horreurs terroristes enregistré en février 2024 dans les hameaux de culture de Lorgho, déplacements réguliers d’une partie de la population forcée de fuir bon nombre de villages en direction du centre de la commune ou d’autres villages moins affectés par l’hydre terroriste, revers infligés par moments par les forces combattantes (volontaires pour la défense de la patrie, militaires, gendarmes, etc.) aux terroristes et espoir de regagner un jour les domiciles abandonnés et de retrouver les terres fertiles laissées en jachère forcée, c’est la peur au ventre que vit un pan de la population diabolaise.

Pendant ce temps, au moment où l’on trépigne d’impatience pour bénéficier des actions sporadiques pour écrabouiller l’ennemi jusque dans ses derniers retranchements, la cohésion ne semble pas être la règle la mieux partagée au sein de certaines de nos forces combattantes de la commune, en l’occurrence les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) du village de Satenga dont les faits d’armes étaient largement salués durant des années jusqu-à ce mois d’avril 2025 où ils ont été contraints d’abandonner, ainsi que le reste de la population, le village suite à des exactions terroristes d’une rare violence.

Des accusations multiformes notamment d’opacité dans la gestion des retenues faites sur la rétribution mensuelle de chaque VDP dudit village depuis plusieurs années, voilà la source de la pomme de discorde entre des « frères d’armes » censés s’entendre sur la durée pour porter l’estocade à la vermine terroriste pour le bonheur des Diabolais. Si les raisons de ces prélèvements – parfois consentis et souvent objet de tractations – tiennent à faciliter les opérations de ces forces supplétives sur le terrain, force est de constater qu’elles auront finalement affecté la sérénité dans les rangs. Comment des villageois réputés intrépides et aux actions héroïques sur le terrain durant des années en sont arrivés à laisser fissurer leur cohésion d’antan au point de porter leur mésentente sur la place publique à travers les réseaux sociaux ? Difficile d’y répondre.

Une chose est sûre : c’est regrettable que pendant que la pluie nous bat, nous nous battons nous-mêmes et nous offrons en spectacle à l’ennemi. Il faut quitter dans çà en renouant le fil du dialogue sincère entre des acteurs qui ont intérêt à œuvrer dans l’unité d’action et des cœurs sous peine de périr ensemble. La communauté diabolaise, dans son ensemble, fonde un gros espoir sur les actions des forces combattantes et en particulier, ces VDP dont la part contributive à l’œuvre de sécurisation des villages « encore debout » n’est pas négligeable. Il importe donc que les personnes-ressources de la commune et les autorités sécuritaires prennent à bras-le-corps la question pour siffler la fin de la récréation et mettre de l’ordre dans ce qui s’apparente en l’espèce, à de la chienlit dans un domaine où l’unité des cœurs demeure une condition sine qua non de la réussite de la lutte. Il urge donc de mettre fin à ces querelles picrocholines qui n’optimisent pas les performances sur le terrain de la lutte antiterroriste. Loin d’être un épiphénomène, cette affaire rappelle bien d’autres épisodes où, sur les réseaux sociaux, des acteurs de la société civile diabolaise tiraient à boulets rouges sur d’autres acteurs, alimentant la thèse d’un manque de cohésion au niveau communal pour aller en rangs serrés contre notre seul et unique adversaire qu’est la bête immonde et ses soutiens nationaux et internationaux. Il faut impérativement éviter le déchirement du tissu social en tuant dans l’œuf ses germes, au risque d’une déflagration sociale qui nous emportera tous.

Il importe de réaliser une tranchée reliant la commune de Bissiga à la route nationale N°4

En attendant, la commune tout entière retient toujours son souffle en espérant que les autorités sécuritaires mettront un point d’honneur – à l’image de la prouesse réalisée dans la commune voisine de Bissiga – à permettre aux populations des villages de Silmitenga, Zonatenga, Daboadin, Kandaguin, Bialtimin, Satenga, Lorgho, Baléré, Zecnabin, Benkoko, Kougla, Djoassin etc., de regagner d’ici fin mai 2026 leurs domiciles respectifs pour reprendre leurs activités agricoles. Hormis l’institution d’un détachement militaire dans la zone de Satenga qu’appellent de tous leurs vœux bien des Diabolais, il importe de réaliser une tranchée reliant la commune de Bissiga à la route nationale N°4, ce jusque dans les confins de la commune de Diapangou. Cette tranchée qui permettra de prendre ainsi en compte la majeure partie des villages déguerpis de la commune de Diabo et dont la surveillance devra être menée en tandem entre les forces combattantes diabolaises et celles de Bissiga – qui ont intérêt à agir en osmose –, contribuera à faciliter les opérations d’occupation du territoire communal.

Pour notre part, au-delà des opérations occasionnelles menées avec succès dans la commune mais sans assurance de service après-vente sécuritaire, c’est par-là que l’on pourra contenir durablement les fous d’Allah hors des villages déguerpis sus-cités. Et partant, permettre la réinstallation des populations concernées. Cette suggestion est d’autant plus judicieuse que c’est grâce en partie à cette action faite dans les alentours de Bissiga, que les forces combattantes de ladite commune ont réussi à y recouvrer la sécurité et réinstaller une population qui avait abandonné cases, maisons modernes et autres biens. Alors, au cas où le plan national d’occupation du territoire n’avait pas prévu cette action, il faudrait l’y intégrer vite et passer dans l’immédiat à l’action. Au regard de l’urgence de la situation et des enjeux importants qui s’y greffent…

Adama KABORE

Article publié dans la parution du 15 Mars 2026 du journal La Nation en marche 

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