Nous vous proposons ci-dessous un extrait du propos de Luc Damiba, secrétaire général du comité international du mémorial Thomas Sankara, suite à l’interview qu’il a accordée à nos confrères de Libreinfo. Lisez !

«Le président Roch Kaboré nous a permis de démarrer le projet, d’ériger la statue, de marquer symboliquement le site, d’obtenir un plan architectural, de mobiliser l’opinion autour du projet et, surtout, d’instaurer la commémoration officielle du 15 octobre, en sa présence. Le moment le plus difficile a été sous le président Paul-Henri Sandaogo Damiba. Il a déclaré clairement aux familles des victimes du 15 octobre que le site du mémorial, là où se trouve actuellement la statue, n’appartenait pas au Burkina Faso, mais au Conseil de l’Entente, une entité régionale.

Ce qui était totalement faux. Avec le temps, nous avons compris pourquoi, pendant les huit mois de la présidence Damiba, nous n’avons jamais eu d’audience, ni avec le ministre en charge de la culture, ni avec le président Damiba lui-même, malgré nos multiples demandes. (…) En faisant du Conseil de l’Entente le siège du Conseil National de la Révolution après le coup d’État du 4 août 1983, Thomas Sankara a officiellement écrit au Conseil de l’Entente pour leur signifier que le Burkina annulait l’accord de siège et faisait de ce lieu le siège du CNR.

Si aujourd’hui, on nous dit qu’il n’y a jamais eu ce document, nous avons la preuve du contraire. C’est pourquoi, quand Blaise Compaoré est venu au pouvoir en 1987, il en a fait une partie le siège du RSP (Ndlr : Régiment de sécurité présidentielle). Les bureaux du Général Gilbert Diendéré s’y trouvaient également.

À la date de l’occupation du site en 2016, en vue d’y installer les infrastructures du Mémorial Thomas Sankara, ce site appartenait à notre Armée, donc c’est un camp militaire. (…) Quand il y a eu le deuxième coup d’État, avec l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré le 30 septembre 2022, un espoir est né pour le CIMTS. Nous avons vu en lui un jeune militaire au discours révolutionnaire. Nous nous sommes dit : « Peut-être que notre sauveur est arrivé. »

Nous lui avons alors adressé, en toute discrétion, un courrier pour l’inviter à venir au Mémorial pour le cérémonial de dépôt de gerbe, sous l’égide de notre président, le colonel feu Pierre Ouédraogo. En plus, nous lui avons proposé de venir prendre le flambeau de la Révolution, car nous espérions, cette fois, une véritable renaissance de Sankara. Il n’a pas hésité. Investi le 14 octobre 2022, il s’est rendu dès le lendemain, le 15 octobre, au Mémorial Thomas Sankara. Il y a déposé une gerbe et a pris symboliquement le flambeau de la Révolution. C’est à ce moment que tout a redémarré de plus belle.

Nous avons commencé à respirer. Les étoiles se sont alignées pour le projet : un ministre de la Culture pro-mémorial, un Premier ministre pro-mémorial, un président pro-mémorial. Et tout a redémarré à grande vitesse. »

Source : Libreinfo

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