Dans notre précédente parution, le Directeur général de l’entretien routier et celui des pistes rurales passaient en revue, les conventions qui lient leurs structures au Fonds spécial d’entretien routier (FSR-B). Dans ce second article consacré à la question, nous passons à la loupe la convention liant le FSR-B à la Direction générale des infrastructures routières (DGIR). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à l’instar des autres conventions, cette convention contribue à optimiser les performances du ministère des Infrastructures ; département de tutelle technique des structures sus-citées.
Pour décortiquer la convention, c’est avec le Directeur général (DG) des infrastructures routières, Aimé Grégoire Yaguibou, que nous prenons langue. Très à l’aise sur la question et après nous avoir fait savoir qu’une seule convention lie sa structure au Fonds spécial routier du Burkina, il nous révèle que cette convention a pour objet, la supervision des travaux de construction et de réhabilitation des routes bitumées.

Pour ce faire, la convention est subdivisée en rubriques (carburant, frais de mission, acquisition de matériels pour le fonctionnement des cellules projets, etc.). Plus concrètement, c’est la convention qui permet la prise en charge des charges liées aux frais de mission, au carburant pour le déplacement des agents sur les chantiers routiers, aux réparations de véhicules en cas de panne de ceux-ci, etc. Aussi, en termes d’acquisition aux fins de supervision des travaux, il y a entre autres, des équipements de protection individuelle, du mobilier de bureau, du matériel informatique, etc. Sans aussi ces acquisitions, commente notre interlocuteur, il serait illusoire de prétendre à une efficacité sur le terrain, d’autant plus qu’il faut la réunion de tous ces éléments pour atteindre l’objectif fixé. En somme, la convention à travers ces rubriques et les possibilités qu’elle offre, permet le fonctionnement de la structure et partant, l’atteinte de la mission de supervision des travaux visés par elle.

C’est dans le cadre de cette convention, précise le DG Yaguibou, que sont actuellement supervisés des travaux de réalisation de voiries en cours dans la ville de Ouagadougou, phase 1. Idem en ce qui concerne les travaux «de construction et réhabilitation de voies du réseau classé, notamment la Route nationale (RN) 12 (Pâ-Dano), la RN 11 (Gaoua-Batié), la RN 8 (première section entre Bobo et Mohabi), la route départementale 54 (Dandé-Kourouma) ». Autre possibilité permise par la convention, c’est le démarrage bientôt de travaux d’entretien périodique sur la CU2A, section Fada-Matiacoali ; question de soulager momentanément les usagers en attendant le renforcement de la chaussée à travers des travaux lourds de revêtement ce, après l’entretien-revêtement projeté à l’image de ce qui a été fait sur la section Gounghin-Fada. Pour le DG Yaguibou, l’importance de la convention n’est plus à démontrer ; tant sa plus-value est avérée dans l’œuvre de désenclavement du Burkina. Cela est d’autant plus plausible qu’il ne saurait y avoir de travaux routiers faits dans les règles de l’art et durables sans supervision de ceux-ci.
Entre le FSR-B et la DGIR, il n’y a pas que des rapports de convention

Cependant, si le 1er responsable de la DGIR salue le bien-fondé de l’institution de la convention qui permet le fonctionnement de sa structure, il relève néanmoins des limites dont la levée permettrait plus d’efficacité dans les actions de désenclavement du Burkina. « Lorsqu’il y a une catégorie qui n’est pas exploitée, nous voulons qu’on nous permette de l’utiliser pour compenser les autres catégories parce qu’à chaque fois, il y a aussi des besoins», révèle le DG Yaguibou. D’où son plaidoyer pour plus de flexibilité de la convention de sorte à permettre cette compensation entre les catégories de dépenses. En outre, il a plaidé pour une revue à la hausse de l’enveloppe allouée à la convention afin de tenir compte des réalités sur le terrain où les besoins sont énormes.

En attendant que les autorités habilitées à donner suite à ces suggestions y réfléchissent, il nous est revenu qu’entre le FSR-B et la DGIR, il n’y a pas que des rapports de convention. De nombreux projets routiers relevant de la gestion de la DGIR à travers le territoire national, doivent leur existence grâce au financement du FSR-B. C’est le cas de la construction et du bitumage de la route Dandé-Kourouma, Pâ-Dano-Diébougou, Gaoua-Batié, une partie de la réhabilitation du tronçon Bobo-Orodara, la voirie urbaine de Ouagadougou et une partie de la voirie de Bobo Dioulasso. Au finish, à travers les rapports entre le FSR-B et la DGIR, et le mécanisme endogène de mobilisation des ressources au service des travaux routiers, c’est le département de tutelle qui voit ses performances bonifier sur le terrain.
Adama KABORE
Article publié dans la parution du 15 septembre 2024 du journal La Nation en marche

