Dans son fonctionnement, le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) alloue des fonds aux principales structures de son département de tutelle, notamment le ministère des Infrastructures. Ce, à travers des conventions le liant aux structures concernées. Pour savoir l’objet de ces conventions et leur plus-value dans l’atteinte des missions de ces structures et partant du ministère, nous avons choisi 2 desdites structures dont nous avons rencontré les premiers responsables. En attendant de rencontrer d’autres structures pour un nouvel article sur la question.
La Direction générale de l’entretien routier (DGER), c’est la première structure du ministère sur laquelle nous mettons le cap. Selon son directeur général (DG), Salfo Pacéré, 2 conventions lient la structure au FSR-B : l’une sur la supervision des travaux et les barrières de pluie, et l’autre sur les brigades pour des travaux en régie. Selon lui, les travaux supervisés relèvent de l’entretien courant et périodique. Dans ses explications nuancées, les travaux d’entretien courant peuvent être soit des travaux programmés, soit des travaux d’urgence où « les directions générales sont chargées du contrôle à pied d’œuvre et jouent le rôle de mission de contrôle. Et la DGER vient en supervision des travaux ». « Mais pour ce qui est de l’entretien périodique, il y a une mission de contrôle. Et la DGER et la région concernée, viennent en supervision des travaux », précise-t-il. Cette convention permet de superviser tous les travaux financés par le FSR-B dans le cadre de l’entretien ; lequel peut porter sur « une route bitumée, celle en terre ou une piste rurale ».

La seconde convention vise la mise en œuvre du projet de développement des capacités de l’entretien routier qui permet l’exécution dans la ville de Ouagadougou, des points-à-temps, techniques permettant de réparer ponctuellement la chaussée là où elle a subi des dégradations. « Dans le cadre du projet, on a acquis du matériel dont l’entretien nous incombe. Dans cette convention, il y a une rubrique dédiée à cet entretien. Les autres rubriques de la convention permettent de prendre en compte d’autres aspects : le bitume, les agrégats, le carburant, etc. », détaille le DG Pacéré.
Du côté de la direction générale des pistes rurales, le DG de la structure, Moumouni Ilboudo, confirme que l’entretien des pistes rurales est concerné par les conventions. « Nous avons 2 conventions avec le FSR-B. La première nous permet de faire de la supervision des travaux d’aménagement des pistes rurales. Et la seconde, de faire face aux sollicitations des collectivités territoriales ; ce que nous appelons convention appui aux collectivités territoriales», explique-t-il. Pour sa part, les conventions sont d’une grande importance et permettent à sa direction de faire face à ses missions. Toutefois, tempère-t-il, de petites difficultés ne manquent pas souvent. « Mais on arrive toujours à les lever quand on saisit directement le fonds à l’effet d’avoir l’autorisation de mener certaines actions. En effet, il y a parfois certaines activités indirectes qui contribuent à l’atteinte des objectifs principaux assignés à la convention elle-même, mais qui ne sont pas des tâches clairement définies dans la convention comme étant des activités éligibles », éclaire-t-il.

« La convention de surveillance du réseau nous permettait de surveiller le réseau à tout moment »
Même son de cloche chez DG Pacéré selon qui les conventions permettent à la DGER de jouer son rôle. Mais, ajoute-t-il en bémol, la structure serait plus performante si le budget alloué via ces conventions était revu à la hausse et si celles-ci étaient souples, tant les missions sont énormes. « On aurait souhaité être plus autonome dans la gestion des conventions pour avoir une plus bonne planification. Comme l’entretien n’a pas suivi pendant des années, le budget alloué ne nous permet plus d’entretenir. Il faut passer à un entretien périodique et rattraper par la suite avec l’entretien courant annuel », foi du DG Pacéré. Pour lui, les conventions sont figées. « De par le passé, il y a un certain montant qu’on nous permettait d’ajuster, mais qui ne devrait pas excéder 10%. Maintenant, on nous dit que par rapport au budget-programme, tout ce qui est élaboré, doit être exécuté à la lettre. Ce qui fait qu’à un moment donné, même s’il y a d’autres sollicitations qui viennent et qu’on pouvait faire une compensation d’une ligne à une autre, on se retrouve coincé », déplore-t-il. Mais du côté de la DGPR, le DG Ilboudo relève que le problème de l’insuffisance des ressources ne devrait pas se poser à priori ; étant donné que la convention est établie sur la base d’une évaluation. « Nous évaluons les activités à mener sur toute la période que doit couvrir la convention et nous faisons le calcul ». Cependant, relativise-t-il, « Il arrive qu’en cours d’année, d’autres projets soient initiés et que nous sommes dans l’obligation de prendre en charge dans le cadre de la convention ». D’où cette suggestion : « Comme il est prévu la possibilité de faire un avenant à la convention (…) C’est vrai qu’on n’a pas encore utilisé cette clause, mais nous pensons que si cette clause est vraiment active, elle peut aider au fur et à mesure qu’on avance ».

Enfin, le DG Pacéré a plaidé pour la souplesse des conventions qui leur permettra par exemple de recruter des gardiens et d’augmenter leur nombre pour une meilleure sécurisation de leurs locaux et matériels. Actualité oblige en cette saison pluvieuse marquée par l’interruption du trafic sur certains axes routiers où des ouvrages ont été affectés, il a suggéré le rétablissement d’une ancienne convention pour prévenir ces situations. « Il s’agit de la convention de surveillance du réseau qui nous permettait de surveiller le réseau à tout moment, d’aller inspecter des ouvrages et de créer une base de données pour suivre ces ouvrages afin d’éviter les cas que nous vivons actuellement avec les ruptures de chaussées, l’interruption du trafic, liées aux affaissements ou à une dégradation des ouvrages », explicite-t-il.
Adama KABORE

