Laurent Ganou, président de l’Association catholique voici mon sang et par ailleurs chargé de missions du ministre de la Santé

Nouvel acteur engagé dans la promotion du don de sang au Burkina Faso, l’Association catholique voici mon sang (ACVS) a organisé, le dimanche 25 mai 2025 à Ouagadougou, une séance de collecte de sang. Une première collecte réussie, permettant à l’association de poser les bases d’une initiative ambitieuse au service de la santé et de la solidarité nationale.

Au Burkina Faso, le besoin en sang est permanent. Face à cette nécessité vitale, de nouvelles initiatives citoyennes émergent pour renforcer le système de transfusion sanguine. C’est dans ce contexte que l’Association ACVS vient de voir le jour. Implantée au sein de la paroisse Saint Camille à Ouagadougou, cette jeune organisation à but non lucratif a pour mission de contribuer activement à la collecte de sang en mobilisant notamment les fidèles catholiques et autres pour accompagner les efforts du Centre national de transfusion sanguine (CNTS). La séance de collecte organisée au sein de ladite paroisse a permis de recueillir 125 poches de sang. Un début prometteur que les initiateurs saluent avec gratitude, qualifiant le don de sang d’un acte de foi et de solidarité.

Rosalie Nezien (à gauche) en train de donner de son sang

Pour le président de l’ACVS et par ailleurs chargé de missions du ministre de la Santé, Laurent Ganou, cette action n’est pas seulement humanitaire, elle est aussi noble et pleine d’amour. « Nous le savons bien : du sang donné équivaut à une vie sauvée », a-t-il indiqué, saluant tous ceux qui ont répondu à l’appel de l’ACVS. A l’en croire, l’ACVS se positionne donc comme un maillon complémentaire dans la chaîne nationale de transfusion sanguine, avec une approche communautaire basée sur les paroisses et les établissements religieux. Avec la bénédiction de l’archevêque de Ouagadougou et le soutien actif du curé de la paroisse Saint Camille, l’association prévoit des tournées dans plusieurs paroisses pour organiser des campagnes de sensibilisation et de collecte de sang.

La 2e vague de donneurs de sang arrivée après la messe

L’ACVS s’est dotée d’une vision claire et d’un cadre d’action structuré. Ses missions couvrent plusieurs axes consistant entre autres, à regrouper toutes les personnes physiques impliquées dans la promotion du don de sang, contribuer à la mobilisation de donneurs bénévoles réguliers, mener des actions de plaidoyer pour renforcer la culture du don de sang dans les communautés catholiques. En plus, l’association s’est assigné la mission de veiller au respect des principes éthiques du don de sang, notamment le bénévolat, le volontariat, l’anonymat et l’absence de but lucratif ainsi que d’établir un partenariat durable avec le CNTS et de collaborer avec des organisations sanitaires nationales et internationales partageant les mêmes valeurs. La séance de collecte a enregistré une participation massive de plusieurs centaines de personnes, toutes unies par un même élan de solidarité. Alors que le soleil était au zénith, les agents du CNTS étaient entre-temps débordés de monde après la messe. Un engouement qui témoigne de l’engagement des donneurs autour d’un acte empreint d’amour et de solidarité. Hamidou Koumbia, l’un d’entre eux, explique qu’avec la saison des pluies qui s’installe, le besoin de sang augmente dans les formations sanitaires. «C’est un sentiment de fierté et de joie qui m’anime. Parce qu’à travers mon acte, je contribue à sauver des vies », a-t-il laissé entendre. Ajoutant qu’il profite « inviter toute personne en mesure de donner son sang à ne pas hésiter à le faire. Le sang n’a pas de prix et le besoin s’accroit, notamment les malades, les soldats blessés et bien d’autres ».

«Donner son sang, c’est donner une partie de soi. C’est donner le sourire à quelqu’un »

Même écho chez Clovis Simplice Compaoré, pour qui le don de sang est plus qu’un simple geste. Pour lui, c’est un acte de solidarité visant à aider des personnes dans le besoin. Après tout, dit-il, on ne sait jamais quand on aura besoin de sang. « Tous autant que nous sommes, nous pouvons être dans le besoin un jour et il faut bien que quelqu’un d’autre nous en donne », a-t-il affirmé. Selon Marie-Ange To, étudiante en communication, l’acte est aussi symbolique : « Donner son sang, c’est donner une partie de soi. C’est donner le sourire à quelqu’un ». Elle salue l’initiative qui donne l’occasion à certains qui n’ont pas l’habitude de donner leur sang, de pouvoir le faire. Pour sa part, Rosalie Nezien s’est interrogée : «Pourquoi, étant en bonne santé, ne pas donner de son sang pour ceux qui sont souffrants dans les hôpitaux, souvent entre la vie et la mort ? », se réjouissant d’avoir participé à cette séance.

Après avoir donné de leur sang, ces donneurs patientent un moment avant de céder leur place aux autres donneurs

À travers cette initiative, l’association ACVS entend contribuer à l’effort national pour combler le déficit en poches de sang, notamment en période critique comme la saison pluvieuse, les périodes d’épidémies ou les situations d’urgence. L’association lance un appel à tous ceux qui sont en bonne santé, à poser l’acte salvateur.

Léon YOUGBARÉ

Article publié dans la parution du 15 juillet 2025 du journal La Nation en marche 

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *