La Coupe d’Afrique des Nations (CAN), prévue en terre marocaine, du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’annonce une fois de plus comme un rendez-vous majeur du football continental, où certitudes et pronostics seront mis à rude épreuve. Fidèle à son histoire, la CAN promet son lot de surprises, de renversements de hiérarchie et d’épopées inattendues, rappelant que sur le rectangle vert, la vérité n’est jamais figée. La précédente édition a profondément marqué les esprits. Les souvenirs de sensations vécues à travers ladite CAN demeurent encore vifs dans la mémoire des amoureux du football. Lors des éditions passées notamment la dernière tenue en Côte d’Ivoire, des sélections considérées comme outsiders ont su déjouer les pronostics pour s’inviter au cœur du débat footballistique africain. La République démocratique du Congo, portée par une équipe remarquable, a prouvé que l’expérience et la profondeur mentale peuvent compenser bien des insuffisances. Les Chipololos de la Zambie, avec un jeu discipliné et une efficacité redoutable, ont rappelé leurs heures de gloire et confirmé leur retour progressif sur la scène continentale. L’Afrique du Sud, pragmatique et rigoureuse, a démontré que la patience tactique peut devenir une arme redoutable. Quant à l’Angola, encore présente à cette CAN, elle s’est imposée comme l’un des symboles les plus éloquents de cette Afrique du football qui refuse désormais le statut de figurant.
Tous ces parcours inspirants à la dernière CAN en terre d’Eburnie constituent aujourd’hui un avertissement clair pour les grandes nations habituées aux projecteurs : aucune équipe n’est à sous-estimer. Hôtes de cette 35e édition de la CAN, les Lions de l’Atlas du Maroc se présentent avec l’ambition légitime d’inscrire pour la 2e fois leur nom au palmarès continental sur leurs propres installations. Eux qui ont remporté la Coupe d’Afrique des Nations une seule fois, en 1976, lors de l’édition disputée en Éthiopie et connu plusieurs campagnes marquantes, parfois prometteuses, mais sans parvenir à reconquérir le titre continental, nourrissent aujourd’hui encore l’ambition d’obtenir le graal sur fond de pression liée à l’organisation de la CAN sur leur sol. Fort d’infrastructures modernes, à travers 9 stades de haut standing, d’un public acquis à sa cause et d’une sélection riche en talents évoluant au plus haut niveau, le Royaume chérifien figure naturellement parmi les grands favoris. Mais l’histoire récente de la CAN enseigne que l’avantage du terrain peut être un atout autant qu’une pression supplémentaire. C’est aux « Lions » de Walid Regragui de savoir rugir dans les hautes montagnes de l’Atlas comme ils l’ont fait lors de leur entrée en lice réussie face au Comores : 2 buts à 0.
Parmi les sélections qui abordent cette CAN avec détermination, le Burkina Faso affiche une ambition claire. Le propos du sélectionneur des Étalons face à la presse le lundi 8 décembre 2025 résonne comme une déclaration de guerre sportive : « Nous voulons écrire une histoire glorieuse de notre football et cela passera forcément par une victoire en finale. » Un discours, somme toute, fort, porteur d’espoir pour tout un peuple, mais qui rappelle aussi que ce genre de déclaration n’est pas inédit dans l’histoire de la CAN. Nombre de sélections ont nourri de grandes ambitions avant de se heurter à la dure réalité du terrain. Pour les Étalons, l’enjeu sera donc de traduire cette volonté en performances concrètes, match après match, sans brûler les étapes. Même si les Étalons actuels, sous l’angle des résultats qu’ils engrangent, ne convainquent pas à tout prix, certains poulains de Brama Traoré évoluent dans des grands championnats européens et font partie de la short liste élitiste des grands footballeurs africains du moment. Il y a donc matière à y croire et à rêver d’un premier titre pour le Burkina.
C’est sur le rectangle vert que les propos épiques se vérifieront
Comme à chaque CAN, les grandes nations traditionnelles (Sénégal, Côte d’Ivoire, Nigeria, Égypte, Algérie ou encore Cameroun) feront figure de favoris. Toutefois, l’évolution du football africain tend à réduire l’écart entre les puissances établies et les nations émergentes. La montée en compétence tactique, la qualité de la formation et l’expérience internationale de nombreux joueurs redistribuent les cartes. Cette étiquette accolée à certains pays d’être des nations de football et par conséquent des traditionnels favoris aux différentes CAN tombe sous l’inconsistance de leurs propres capacités à franchir le Rubicon des ultimes et décisifs matchs qui conduisent à la victoire finale. Au-delà des discours, des ambitions affichées et des analyses savantes, une certitude s’impose : c’est sur le rectangle vert que les propos épiques se vérifieront. La CAN n’en est pas à sa première promesse de grandeur, ni à sa première désillusion. Elle reste cette compétition où la passion peut transcender les limites, et où l’exploit n’est jamais une anomalie mais une possibilité permanente. Aussi, il faut faire mention de ce que cette « messe » du football africain est une occasion en or pour la montée du nationalisme et sert dans un autre registre d’un tremplin d’affirmation de grandeur des pays qui y participent où souvent, diplomatie et autres gymnastiques politiques s’y entremêlent.
En terre marocaine, plus que jamais, l’Afrique du football s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, glorieuse pour certains, cruelle ou moins reluisante pour d’autres sous le regard attentif de millions de passionnés du ballon rond. Alors quelle équipe africaine succédera aux Éléphants de Côte d’Ivoire en remportant le précieux « Graal » dans son escarcelle et en culminant sur la haute manche de la compétition ? Wait and see ! Réponse le 18 janvier 2026.
La Rédaction
Éditorial publié dans la parution du 15 décembre 2025

