À l’occasion du 77ᵉ anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), célébré officiellement chaque 10 décembre depuis 1950, l’Association africaine pour le développement (AAD ACD) a organisé ce lundi 22 décembre 2025, en différé, un atelier de renforcement des capacités au profit de ses membres. Une initiative inscrite dans une dynamique de réflexion sur les droits humains à l’épreuve des réalités actuelles du Burkina Faso.
La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) est célébrée chaque 10 décembre depuis 1950. Pour cette année 2025 marquant le 77e anniversaire, le thème retenu au niveau international est « Droits humains, nos essentiels de tous les jours : droits de la planète, même combat ». Dans l’esprit de cette thématique combien interpellatrice, l’Association africaine pour le développement (AAD ACD) a initié, ce lundi 22 décembre 2025, un atelier de renforcement des capacités de ses membres, à Ouagadougou. Cette rencontre a permis de repositionner les droits humains comme des leviers transversaux de transformation sociale, de cohésion nationale et de résilience collective. Pour l’AAD ACD, il s’est agi de dépasser la dimension commémorative pour engager un débat de fond sur les enjeux quotidiens liés à la promotion et à la protection des droits fondamentaux, dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, sociaux et institutionnels majeurs.

Dans son discours d’ouverture, le président de l’association, Palipouguini Nestor Thiombiano, a rappelé la portée historique et universelle de la DUDH, qualifiée de « grande charte de l’humanité », tout en soulignant la nécessité de son appropriation concrète par les acteurs nationaux. « Conscients des progrès réalisés et malgré les difficultés persistantes, nous sommes en droit de capitaliser les acquis et améliorer progressivement les stratégies de collaboration autour des droits humains », a-t-il souligné. Il a ensuite insisté sur l’importance de contextualiser les droits humains afin de mieux répondre aux urgences actuelles, notamment celles touchant les couches sociales les plus vulnérables. C’est dans cette optique, dit-il, que l’AAD ACD a placé au cœur de ses échanges la problématique de la « Résilience des élèves et des étudiants en situation de vulnérabilité face aux défis et urgences sécuritaires au Burkina Faso : état des lieux, défis et perspectives ». Une thématique jugée prioritaire, au regard de l’impact direct de l’insécurité sur le droit à l’éducation, la stabilité sociale et les perspectives de développement à long terme.

Le président de l’AAD ACD a, par ailleurs, salué l’engagement constant des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile, des acteurs étatiques ainsi que des partenaires techniques et financiers. Selon lui, malgré les contraintes persistantes, les avancées enregistrées doivent servir de socle pour renforcer les mécanismes de collaboration et consolider un environnement institutionnel protecteur, inclusif et favorable au respect des libertés fondamentales. « Il y a eu nécessité de renforcer la collaboration entre les acteurs étatiques, les défenseurs des droits humains, les OSC et les partenaires techniques et financiers en vue de consolider un climat environnemental protecteur et inclusif », a-t-il lancé.
Cette commémoration du 77ᵉ anniversaire de la DUDH aura servi de cadre de réflexion et d’engagement renouvelé en faveur des droits humains
Dans cette dynamique, l’accent a été mis sur la contribution stratégique des défenseurs des droits humains à travers l’alerte, la sensibilisation, la médiation et le plaidoyer. Autant d’outils considérés comme essentiels pour accompagner durablement la transformation sociale en cours au Burkina Faso. L’AAD ACD a, pour l’occasion, réaffirmé sa volonté de demeurer un acteur de référence dans la protection et la défense des droits humains, en phase avec les valeurs portées par la Révolution progressiste populaire (RPP), notamment l’équité, la justice sociale, la solidarité, le respect de la dignité humaine et la participation citoyenne.

L’atelier a également été marqué par un panel structuré autour de quatre communications. Les échanges ont porté, entre autres, sur les généralités relatives aux droits humains, afin d’harmoniser les niveaux de compréhension des participants, mais aussi sur la contribution des défenseurs des droits humains à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, un enjeu majeur de gouvernance et de sécurité nationale. Une attention particulière a été accordée à l’éducation et à la jeunesse. À ce titre, Dr Minata Ouattara, enseignant-chercheur à l’Université Joseph Ki-Zerbo et panéliste, a développé une communication sur le « rôle et la responsabilité des jeunes face à la recrudescence de l’incivisme au Burkina Faso ». Elle a indiqué que la jeunesse constitue le socle du développement national et que toute stratégie de transformation durable doit nécessairement passer par elle. « Les jeunes ont un très grand rôle à jouer face à cet incivisme grandissant au Burkina Faso parce que tout passe par les jeunes », a-t-elle affirmé, précisant qu’en « passant par les jeunes, c’est comme commencer par la source ». Pour la conférencière, la sensibilisation des jeunes aux valeurs civiques et citoyennes demeure un impératif pour endiguer l’incivisme et renforcer le vivre-ensemble.
En définitive, cette commémoration en différé du 77ᵉ anniversaire de la DUDH aura servi de cadre de réflexion et d’engagement renouvelé en faveur des droits humains, perçus non seulement comme des principes universels, mais aussi comme des instruments opérationnels au service de la résilience sociale, de la paix et du développement durable au Burkina Faso.
Léon YOUGBARÉ

