AG des gérants et caissiers des dépôts pharmaceutiques du Burkina : Un bilan jugé positif, mais des défis demeurent…

Le mardi 17 juin 2025, l’Union des gérants et caissiers des dépôts pharmaceutiques du Burkina a tenu son 5e assemblée générale (AG) à Ouagadougou. Placée sous le thème « Hommage aux travailleurs inconnus de la santé au Burkina », cette assemblée générale a été l’occasion pour l’Union de faire le bilan moral et financier, réviser les textes statutaires, faire une sensibilisation et procéder à la formation de ses membres.

Présenter le bilan moral et financier, relire les textes statutaires, faire une sensibilisation et procéder à la formation de ses membres. Tel a été le menu de la 5e assemblée générale de l’Union des gérants et caissiers des dépôts pharmaceutiques du Burkina. S’agissant du bilan, Ousmane Boly, président de l’Union, a indiqué que durant son mandat, le bureau exécutif a été reçu en audience le 1er avril 2021 par le ministre de la Santé d’alors. L’association a également été reçue par le ministre Bassolma Bazié, le 19 décembre 2022. Au nombre des audiences, le bureau exécutif de l’Union a eu des rencontres avec respectivement, le ministre Robert Kargougou, le 30 janvier 2023 et avec le directeur de cabinet du président du Faso, le 9 février 2024. En ce qui concerne les activités, l’Union a organisé l’assemblée des leaders, le 8 février 2025 à Boromo. Selon Ousmane Bolly, l’Union a également participé à l’atelier de réflexion sur la gestion des acteurs communautaires dans les formations sanitaires publiques.

Ousmane Boly, le président de l’Union

En outre, l’Union a organisé des missions à Manga, Tougouri, Boussé, Boromo, Sindou, Fada N’Gourma, Dano, Kombissiri, Yako, Dori, Séguenega et Houndé. A en croire M. Boly, sa structure a par ailleurs procédé au recensement de l’ensemble de ses membres en 2022 et 2023. Ousmane Boly a jugé le bilan positif en ce sens que 80% du programme d’activité a pu être déroulé. Le président de l’Union a traduit sa satisfaction au regard de la mobilisation des membres qui sont venus des quatre coins du pays.

Les rapporteurs sont restés concentrés pendant l’AG

Pour ce qui est du choix du thème, Ousmane Boly a fait savoir qu’il s’agit pour eux de rendre hommage à eux-mêmes. « Nous ne sommes pas connus. Nous travaillons dans l’obscurité. Les gérants qui sont dans les dépôts pharmaceutiques, travaillent 24 heures sur 24, mais ils ne sont pas des agents de la Fonction publique. Ils travaillent dans des structures de la Fonction publique, mais ils ne sont pas des agents publics et travaillent dans des conditions précaires. Nous, nous nous rendons hommage, car personne d’autre ne va le faire. Les autres corps reçoivent des hommages chaque année et sont décorés, mais ce n’est pas le cas dans notre corps. Donc nous profitons de cette assemblée générale pour nous rendre hommage », a expliqué le président de l’Union. Malgré le bilan positif, des défis demeurent donc. L’objectif de la lutte de l’Union est d’aboutir à terme à l’intégration des gérants et caissiers concernés dans la Fonction publique ou dans l’Administration territoriale. Du reste, un atelier sur la question a été tenu en 2021. « Nous menons un plaidoyer en ce sens et nous avons fait un recensement à ce propos », soutient Ousmane Boly.

Le présidium de la cérémonie

« Les gérants subissent trop de pressions pour se retrouver avec 15 000, 20 000 ou 25 000 F CFA à la fin du mois alors qu’ils ont des charges familiales »

La rencontre a été l’occasion pour les membres de l’Union de mener des réflexions sur leur statut car aujourd’hui, ils sont confrontés à beaucoup de difficultés. Selon M. Boly, le corps de gérant a été créé depuis 1987 suivant l’initiative de Bamako où, les ministres africains de la Santé ont décidé d’ouvrir des dépôts pharmaceutiques au sein des centres de santé et de promotion sociale pour faciliter l’accès des populations aux produits génériques à moindre coût. « Il fallait donc trouver des personnes dans la communauté pour gérer ces dépôts. Mais depuis 1987, ces personnes sont toujours là. Certaines sont décédées, d’autres sont arrivées par la suite. Mais, le statut est resté le même ; la majorité n’a pas de sécurité sociale et nous rencontrons des licenciements abusifs », a-t-il déploré. Moumouni Sawadogo, participant venu de Séguénèga, ne dit pas autre chose ; lui qui pointe du doigt le dysfonctionnement ou parfois l’inexistence des comités de gestion qui fait qu’entretemps, « le gérant ne sait même pas à qui s’adresser ». Selon lui, il est plus qu’urgent pour les autorités de reconsidérer « l’initiative de Bamako, de reconnaitre la noblesse du travail de ces gérants en les dotant d’un statut valorisant ».

Une vue des participants à l’assemblée générale

Pour pallier la situation, l’Union a entamé des négociations avec les autorités. « La charge de travail a beaucoup augmenté et les gérants subissent trop de pressions pour se retrouver avec 15 000, 20 000 ou 25 000 F CFA à la fin du mois alors qu’ils ont des charges familiales », confie le président Boly, plaidant pour que leur statut change car depuis des décennies, les travailleurs concernés ne bénéficient pas de sécurité sociale. Portée sur les fonts baptismaux le 12 septembre 2020 et officiellement reconnue le 13 février 2021, l’Union sert de cadre de collaboration étroite et d’expression de solidarité entre ses membres. Et œuvre pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de ces derniers.

Anna OUÉDRAOGO

Article publié dans la parution du 15 juin au 14 juillet 2025 du journal La Nation en marche 

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