Alors que leur pays est à feu et à sang, les joueuses de la sélection iranienne sont actuellement en Australie pour disputer la Coupe d’Asie. En refusant de chanter l’hymne national lors de leur match d’ouverture, elles se sont attiré les foudres du régime.

Le 2 mars dernier, l’équipe féminine d’Iran faisait son entrée en Coupe d’Asie, qui se déroule actuellement en Australie, et défiait la Corée du Sud. Au moment des hymnes, les joueuses et le staff ont refusé de chanter, provoquant la colère de certains fidèles du régime encore en place en Iran.

Jeudi 5 mars, elles ont cette fois-ci chanté l’hymne, y ajoutant même un salut militaire. Un passage du tout au tout, qui interroge, d’autant plus après les menaces et les vives critiques qu’elles ont reçues. Parmi ces critiques, celles de Mohammad Reza Shahbazi, célèbre commentateur de la chaîne de télévision d’État iranienne.

En effet, l’homme de télévision n’y est pas allé de main morte en qualifiant les joueuses de « traîtres à la nation. » Sur la chaîne devenu véritable outil de propagande, il ajoute que « Quiconque prend des mesures contre le pays en temps de guerre doit être traité plus sévèrement. Comme dans le cas de notre équipe féminine de football qui n’a pas chanté l’hymne national… Ces personnes doivent être traitées plus sévèrement. »

Des familles menacées ?

Il termine en assurant que ce refus d’avoir chanté l’hymne national, était « le comble du déshonneur. » Cela explique alors peut-être pourquoi les Iraniennes ont chanté avec un salut militaire lors du second match face à l’Australie. Mais plus que pour elles-mêmes, c’est surtout pour leurs familles qu’elles doivent avoir peur.

En 2022, lors de la Coupe du monde au Qatar, leurs homologues masculins avaient refusé eux aussi de chanter leur hymne national en signe de soutien aux contestations qui faisaient déjà rage dans le pays. Ils s’étaient ensuite ravisés sur les deux autres matchs de la phase de poule. Selon de nombreux observateurs de la sélection, ils avaient été forcés de chanter car l’armée les aurait menacés de « torturer » leurs familles.

S’il est impossible de confirmer que cette situation s’est cette fois répétée pour les filles de la sélection, il est clair que les joueuses n’ont pas la tête au football en ce moment. Que ce soit par les visages fermés sur le terrain ou des joueuses au bord des larmes en conférence de presse, il y a peu de doute quant au fait qu’elles devraient bel et bien chanter l’hymne national face aux Philippines ce dimanche 8 mars.

La dépêche

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