Depuis un certain temps, la musique de l’artiste en herbe La Tuine fait les choux gras des réseaux sociaux. Si certains apprécient son œuvre et sa passion pour la musique, d’autres par contre s’adonnent à des railleries. C’est dans ce contexte que la professeur d’école Nonmwendé Franceline Sawadogo élève la voix pour s’insurger contre l’exploitation de l’artiste par certains médias et lancer un appel à un soutien psychologique dont exige la situation de La Tuine qui « a survécu aux traumatismes de l’insécurité dans le Sahel ». Lisez !
Je voudrais aujourd’hui élever ma voix de femme, d’enseignante et de défenseure des Droits Humains pour interpeller l’opinion publique, les médias et surtout nos autorités.
Une collègue enseignante, connue sous le nom de La Tuine, a survécu aux traumatismes de l’insécurité dans le Sahel. Elle est une femme marquée par la douleur, vulnérable, mais qui garde au fond d’elle une flamme d’espérance et un rêve : celui de devenir artiste.
Au lieu d’un accompagnement digne, elle est projetée sous les projecteurs, exposée, exploitée et tournée en spectacle par des médias en quête de visibilité. Or, derrière ses apparitions qui font rire certains, se cache une détresse silencieuse. Chanter faux, s’exprimer maladroitement en français ne sont pas des fautes à ridiculiser, mais les signaux d’un besoin urgent de suivi psychologique et médical.
Nos autorités éducatives, le ministère de la Santé, de la Culture et des Droits Humains doivent agir. Non pas pour museler son rêve, mais pour l’aider à guérir, à retrouver son équilibre et à s’épanouir plus tard en véritable artiste. Laisser faire, c’est accepter que la dignité d’une femme, d’une enseignante, soit piétinée.
Nous avons une responsabilité collective : protéger la vulnérabilité, encadrer les rêves, redonner espoir au lieu d’exploiter les blessures. La Tuine n’a pas besoin de projecteurs opportunistes, mais de bras tendus, de soins adaptés et d’un accompagnement bienveillant. Je lance un appel : que la dignité humaine prime la soif de buzz. Car chaque femme mérite respect, soutien et considération.
Nonmwendé Franceline Sawadogo

