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Depuis 10 ans, la lutte antiterroriste bat son plein au Burkina Faso avec en première ligne du front, les forces combattantes. Dans les lignes qui suivent, Nonmwendé Franceline Sawadogo, Professeur d’école et Présidente du Réseau des femmes bâtisseuses du Burkina, rend hommage à ces forces combattantes qui bravent au quotidien vents et marées pour maintenir à flot la nation dont la survie dépend de leurs exploits. Lisez !

Il y a des images qui traversent l’âme comme un éclair. Le pas cadencé de nos forces de défense et de sécurité en est une. Chaque fois que je les vois, le cœur se serre d’émotion et se dilate de fierté. Leur uniforme n’est pas qu’un habit, c’est une bannière. Leurs bottes ne martèlent pas seulement le sol, elles impriment dans nos consciences le sceau de la résilience et de la détermination.

Ceux qui n’ont jamais observé de près un soldat en mission ne comprendront pas ce que veut dire porter le pays sur ses épaules. Derrière chaque arme brandie, il n’y a pas de violence gratuite, mais une promesse : celle de défendre la terre qui nous a vus naître, de protéger les enfants qui rient encore innocemment, de préserver les veuves, les vieillards, les écoles, les champs et les foyers.

Parfois, j’ai envie de déposer ma craie et mes discours pour endosser la tenue, cette armure de patriotisme, et marcher au pas. Pas pour paraître, mais pour appartenir. Car servir, c’est appartenir à quelque chose de plus grand que soi : la patrie.

Mais soyons honnêtes : il est facile d’applaudir sur les trottoirs, difficile de veiller au front. Facile de lever le poing en signe de soutien, mais difficile de serrer une arme quand le silence de la nuit est troué par les rafales ennemies. Alors, à tous ceux qui jugent trop vite, rappelez-vous que derrière chaque soldat, il y a une famille suspendue à un fil d’angoisse, il y a des enfants qui prient que leur père revienne, il y a des mères qui redoutent le prochain appel téléphonique.

Et pourtant, malgré les douleurs, malgré les pertes, malgré les cicatrices visibles et invisibles, ils tiennent. Ils se dressent, droits, fiers, inflexibles. Ils sont la frontière vivante entre le chaos et notre survie collective.

Aujourd’hui, en les voyant passer, j’ai envie de dire : voilà ce que c’est qu’une armée ! Non pas une troupe sans âme, mais une force façonnée dans le feu des épreuves. Une armée qui ne recule pas parce qu’elle sait que derrière elle, c’est nous, et que devant, c’est l’avenir de notre nation.

Alors oui, si un jour l’occasion se présentait, j’endosserais volontiers la tenue. Pas pour la gloire d’un uniforme, mais pour la dignité d’un drapeau. Pas pour manier une arme comme un symbole, mais pour affirmer que ma vie aussi peut être offerte pour que d’autres vivent libres.

Nos forces ne sont pas parfaites. Mais elles sont là, debout, quand beaucoup se couchent. Elles sont la preuve que la patrie, malgré ses blessures, n’a pas dit son dernier mot.

Et à chaque fois que je les vois marcher, c’est comme si j’entendais la nation elle-même me dire : « Tant que mes enfants sont prêts à mourir pour moi, je resterai debout. »

Nonmwendé Franceline Sawadogo

La Nation en marche 

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