Adoptée en conseil des ministres en octobre 2024, l’initiative présidentielle « Faso Mêbo » est perçue comme un véritable mouvement d’expression de l’engagement citoyen. Avec pour objectif principal, l’embellissement et l’urbanisation accélérée de plusieurs zones stratégiques, l’engouement autour de ce projet constitue un fait inédit depuis la mort du capitaine Thomas Sankara qui a vu la suspension de la marche de la révolution sankariste au Burkina Faso. L’affaire de l’embellissement des villes de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso semble être désormais réglée. En effet, depuis le lancement de l’initiative présidentielle « Faso Mêbo », nous voici abreuver à nouveau du sens profond du sursaut d’orgueil et de la solidarité nationale. L’exemple est d’abord venu d’en haut, notamment des autorités burkinabè qui, en premier lieu, ont offert des tonnes de sacs de ciment. Outre l’acte d’exemplarité promu par les membres du gouvernement, le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, s’est rendu himself sur les lieux pour donner davantage l’exemple, retroussant les manches pour poser des pavés. Sans oublier le don de ciment fait par les plus proches collaborateurs du président Traoré. La mayonnaise a vraiment pris lorsqu’un vieux du nom de Tinkuilga Nana, un septuagénaire aux revenus très modestes, a parcouru 30 km à vélo, de Saponé à Ouaga, pour apporter de façon symbolique sa contribution à travers le don d’un sac de ciment pour soutenir les efforts du gouvernement dans sa dynamique de désenclavement et de l’embellissement des villes.
Plus qu’un symbole, ce geste du vieil homme a véritablement marqué la conscience populaire et fait les choux gras des réseaux sociaux. Il n’en a pas fallu plus pour que le vieux Nana âgé de 79 ans bénéficie d’un don de moto toute neuve et de la part de CIMFASO, la promesse de reconstruire sa maison en ciment. Depuis lors, c’est le grand ballet national qu’il est donné de voir à travers les réseaux sociaux où nombre de Burkinabè s’identifient au projet. Dopées par la fibre patriotique qui défie les difficultés financières dues à la crise sécuritaire, les populations ne font que mettre la main à la pâte pour offrir ce qu’elles ont et chacun y va de sa manière. Dans cet élan de solidarité nationale, l’on a vu des grands joueurs comme Bertrand Traoré et Edmond Tapsoba (80 tonnes de ciment) et des artistes comme Floby (10 tonnes de ciment), Nabalum, Dj Domi et Aïcha Trembler (20 sacs de ciment), parmi les différents donateurs. Avec leurs grosses motos, les motards du pays ne sont pas restés en marge du ballet, descendant au lycée Zinda à Ouagadougou avec leur contribution. Des entreprises comme CIMAF et des institutions religieuses comme le Conseil général de l’église des assemblées de Dieu du Burkina Faso, se sont bousculées sur le site du lycée Zinda pour faire parler leur cœur à travers des contributions diverses, composées généralement de l’oxyde, de l’huile de décoffrage, du sikalite et du ciment… A Bobo Dioulasso où plusieurs dons ont été enregistrés, un couple s’est rendu sur le site de l’initiative pour travailler aussitôt après avoir quitté la salle de mariage, agrémentant ainsi la mise en œuvre de l’initiative avec robe de mariage et autres objets de parure. Les élèves et étudiants se sont eux aussi mêlés à la danse, refusant d’en être des spectateurs ou de se laisser conter l’histoire de la marche de la nation en butte au terrorisme. Si des élèves d’un lycée privé technique offrent du ciment à Bobo, plus de deux cent étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo ont sacrifié leur week-end des 5 et 6 juillet 2025 pour travailler sur le site de Faso Mêbo en mettant au service leur force physique à travers la manipulation de pelles et de moules.
De là-haut, l’immortel Sankara en tire satisfaction à travers une initiative qui fait marcher davantage le président Ibrahim Traoré sur les pas de ce dernier
Comme on peut le constater, une bonne partie de la population des 2 plus grandes villes du Burkina (Ouagadougou et Bobo Dioulasso) s’est approprié l’initiative présidentielle destinée à faire de leur ville une coquette demoiselle désirable de tous, aussi bien en interne qu’à l’international. Somme toute, un outil de diplomatie pour rendre attractive la destination Burkina et donner l’image d’un pays qui se construit malgré les adversités du moment. Assurément ! Faso Mêbo achève de symboliser la résilience de toute une communauté qui refuse la fatalité, convaincue que les présentes tribulations de la nation sont passagères. Traduction concrète du développement endogène, Faso Mêbo n’est pas sans rappeler la bataille du rail sous l’ère Sankara où les Burkinabè se sont jetés à corps perdu dans cette initiative sankariste pour le désenclavement du Burkina.
De mémoire de Burkinabè, depuis la ferveur populaire constatée à travers la bataille du rail, l’on n’a plus assisté à une telle mobilisation citoyenne désintéressée dans le cadre de l’accomplissement des actes de développement de la nation, hormis la disposition des Burkinabè à s’enrôler dans les rangs des forces combattantes et à renflouer les caisses de l’Etat dans le cadre de la lutte antiterroriste. Alors que l’on s’achemine inexorablement vers le 4 août 2025 qui marquera le 42e anniversaire de l’avènement de la révolution sankariste, il n’y avait vraiment pas meilleure manière de célébrer cet anniversaire qu’à travers de tels actes de patriotisme qui ont fondé cet avènement. C’est dire si de là-haut, l’immortel Sankara qui veille sur la patrie, en tire satisfaction à travers une initiative qui fait marcher davantage le président Ibrahim Traoré sur les pas de ce dernier…
La Rédaction
Éditorial publié dans la parution du 15 juillet 2025 du journal La Nation en marche

