Au cours d’un mini sommet entre les États-Unis d’Amérique et quelques États africains, le président américain Donald Trump a félicité son homologue libérien, tout en écorchant les autres invités qui ne comprennent pas l’anglais mais se permettent de se rendre aux États-Unis. Dans l’analyse ci-dessous, Pierre Claver Ouédraogo s’insurge contre cette sortie du président américain qu’il invite à plus de respect envers ses pairs africains. Lisez !

Félicitant le président du Libéria pour son anglais fluide, Donald Trump a lancé : « Où avez-vous appris à parler un anglais aussi bon ? C’est un très bon niveau. » Puis, dans une pique à peine déguisée, il a enchaîné : « Il y a des gens autour de cette table qui ne savent même pas parler l’anglais mais qui viennent quand même ici. » Pourtant, il n’avait pas dit que ceux qui ne comprennent pas l’anglais, ne doivent pas venir. Une déclaration humiliante, perçue comme une injure envers les autres présidents africains. Sous couvert d’un compliment, Trump s’est permis de rabaisser publiquement certains dirigeants, exposant leur niveau linguistique avec un mépris à peine voilé. Un manque de respect flagrant qui en dit long sur sa conception des relations internationales. « Que pensez-vous de ça ? » Dixit Investir au Burkina Faso sur sa page Facebook.

Selon les règles de bienséance, le 47è chef de l’Exécutif américain aurait dû éviter d’écorcher ses illustres homologues qu’il a volontairement invités à la Maison blanche. Le mini-sommet entre son pays et 5 pays africains triés sur le volet aurait dû être placé sous le signe du renforcement des relations amicales et commerciales. Bien formés et expérimentés, les traducteurs, les chuchoteurs et les interprètes ont la lourde mission de faciliter les échanges entre nos hauts dignitaires, lors de ces genres de conclaves. En public comme en privé ! Par ailleurs, toutes les langues du monde entier étant égales, nos chefs d’État n’étaient pas tous obligés de comprendre l’anglais qui n’est pas la langue officielle de leurs pays (Gabon, Guinée équatoriale et Sénégal par exemple).

À l’avenir, Donald Trump devra mieux se comporter envers ses homologues car ils ne sont pas obligés de répondre à ses invitations ni de coopérer étroitement avec les USA

Par politesse, les invités de Donald Trump ne se sont pas adressés à lui dans leurs langues maternelles. Pourtant, ils auraient pu le faire. Les traductions et interprétations auraient eu la même quintessence que l’expression directe dans la langue de Shakespeare ! Mais alors, Donald Trump, président élu qui est resté un homme d’affaires, a-t-il voulu chahuter ses pairs, juste pour détendre l’atmosphère ? Fort possible, à cela près que cela ressemble à s’y méprendre à une plaisanterie de mauvais goût ! D’où ce sage conseil : à l’avenir, Donald Trump devra mieux se comporter envers ses homologues car ils ne sont pas obligés de répondre à ses invitations ni de coopérer étroitement avec les USA, des milliers d’investisseurs se bousculant aux portes des pays africains, de loin les plus riches du monde en ressources minérales !

Pierre Claver Ouédraogo

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