Konomba Traoré : « Si les villages respectaient les traditions et coutumes, le terrorisme n’aurait pas eu une telle ampleur »

Trésor humain vivant, Konomba Traoré fait partie des Africains qui croient plus au culte des ancêtres. A quelques jours de la célébration de la journée nationale des traditions et coutumes, le 15 mai prochain, votre journal La Nation en marche est allé à la rencontre de ce maître dozo. Dans cette interview, il revient sur le sens et la portée de la journée, et aussi la plus-value que l’on peut attendre de l’instituton de cette journée dans le cadre de la lutte antiterroriste. Lisez plutôt !

La Nation en marche: Que vous inspire la journée nationale des traditions et des coutumes?

Konomba Traoré : La journée nationale des traditions et coutumes m’inspire la confiance en nos ancêtres. Et je remercie le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et son gouvernement de s’être penché vraiment sur la culture africaine à travers cette journée qui nous est consacrée pour célébrer la tradition et nos ancêtres. Cela est une victoire! Ils sont à féliciter pour le courage bien mérité après avoir pris une telle décision parce que ce n’était pas chose évidente. Il y a eu beaucoup de régimes qui ont passé. Des gens ont eu peur d’oeuvrer dans ce sens pour ne pas croiser la mauvaise route des religions révélées très ancrées dans nos sociétés. Il y a des musulmans et des chrétiens qui ne sont pas d’accord avec la religion pour la tradition bien qu’ils savent que chaque peuple a un ancêtre. Même, Jésus Christ tout comme Mohamed sont nés d’un homme et d’une femme que Dieu a créé. Malheureusement, certains veulent nier l’évidence. Or, personne ne peut nier l’évidence des choses, alors qu’on connaît le père et la mère de Jésus Christ qui sont Joseph et Marie.

L’institution de cette journée procède-t-elle de la correction d’une injustice faite depuis longtemps aux coutumes et aux traditions?

Ah oui! C’est une réparation de l’injustice. Fort heureusement que le capitaine Ibrahim Traoré est venu au pouvoir, sinon nous étions enfermés dans un trouble ! C’est la raison pour laquelle la journée lui sera consacrée pour la postérité. Car il fait preuve de courage. Nos anciens chefs d’Etat dormaient à l’église ou à la mosquée. Il était difficile pour eux de prendre une telle décision pour permettre à la religion traditionnelle de s’épanouir. Ils fréquentaient des personnes qui ne veulent pas entendre parler de religion traditionnelle. Nous avons eu la chance que nos ancêtres ont envoyé une personne pour réparer cette injustice. Parce que ce n’est pas normal que les musulmans aient trois fêtes à savoir le Maouloud, la Tabaski et la Ramadan, tandis que les chrétiens ont Noël et la Pâques pour magnifier les ancêtres des autres. Alors qu’il n’est rien pour les adeptes de la religion traditionnelle. Quand je vois les Noirs que nous sommes, aller se prosterner devant les divinités étrangères qui ne nous concernent pas, je me dis que nous aidons en quelque sorte les autres à magnifier et à prier leurs ancêtres. Et les nôtres? Ça, c’est de la bêtise! C’est un complexe qui ne s’explique pas. Malheureusement, l’homme noir est englué dans ce complexe consistant à croire que la culture des autres est meilleure que la sienne. Il n’est pas logique pour un homme d’abandonner son père et sa mère à la maison pour aller se prosterner devant le père et la mère d’autrui. Cela attire de la malédiction. A la limite, c’est de la foutaise! Personne n’a le droit de négliger ses propres ancêtres au profit des ancêtres des autres. On oublie ses origines pour aller patauger dans celles des autres. Les problèmes des Africains viennent plutôt de là que d’autres choses. C’est nous-mêmes qui constituons le nœud de nos problèmes à travers la négligence de nos propres ancêtres paternels. Nos problèmes, ce sont ces malédictions qui tombent sur nos têtes. Que l’Africain qui veut être lui-même reconnaisse ses ancêtres paternels à travers des prières et autres rites! Mais, que celui qui ne veut pas être lui-même, continue d’aller prier à l’église ou à la mosquée! J’ai toujours dit que les véritables solutions aux problèmes des Africains ne se retrouvent ni dans les églises, ni dans les temples ni dans les mosquées. C’est dans nos «tenkougris», dans le culte des ancêtres. Après tout, c’est ce que j’appelle l’ancêtrisme qui est la religion naturelle de l’homme noir. C’est la reconnaissance des ancêtres. Quelqu’un peut-il lever le doigt pour me dire qu’il n’a pas d’ancêtres?

« Le président Ibrahim Traoré est le seul président qui a eu le prix de la bénédiction des ancêtres. Donc qu’il n’ait aucune crainte ! Cette année encore, nous allons célébrer la journée nationale; la fête sera plus grandiose et on fera des bénédictions de réussite de bon et long règne au président Traoré »

En réalité, l’ancêtrisme (je crée ce mot pour nommer la religion traditionnelle), c’est le culte, la vénération des ancêtres. Il a pour fondement que Dieu est là, Dieu existe. Malheureusement, les religions importées ont le malin plaisir de dire d’assimiler tous les charlatans, les féticheurs, les adeptes des sacrifices, à du satanisme. Mais, eux-mêmes sont (…) puisque leur origine est noire; ils ne font que s’insurger contre eux-mêmes et en même temps, les ancêtres. Ici, dans notre contexte, le président Ibrahim Traoré est le seul président qui a eu le prix de la bénédiction des ancêtres. Et sur ce point, les ancêtres le protègent ! Car tous les sacrifices qui ont été faits l’an passé au génie de la terre, à nos fétiches, aux cultes des ancêtres, toutes ces bénédictions sont sur lui. Donc qu’il n’ait aucune crainte ! Lorsqu’on a les bénédictions des ancêtres, on a les bénédictions de Dieu. Dans tous les cas, le merci infini revient au président du Faso. Cette année encore, nous allons célébrer la journée nationale; la fête sera plus grandiose et on fera des bénédictions de réussite de bon et long règne au président Traoré.

Dans le contexte national de lutte antiterroriste, quelle plus-value peut-on attendre de l’institution de cette journée?

Il faut attendre de cette journée que tous les rites, les bénédictions et les prières concourent au retour de la paix au pays, au recouvrement de notre territoire. Le 15 mai 2025 sera consacré à cela avant toute autre chose. Pour mieux célébrer le 15 mai, il faut que l’on soit en sécurité. Donc, il faut la sécurité du pays. De ce fait, ce 15 mai sera consacré à la sécurité du pays et des cérémonies de bénédiction à l’endroit des personnes qui luttent pour cette cause, à savoir les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), les Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les autorités patriotes qui se sont consacrées à la survie, la vie, au développement et à l’existence de la nation. Nos ancêtres ne méritent pas d’être ignorés, bafoués et victimes de foutaises.

Je signale qu’il y a des chefs traditionnels qui vont célébrer la journée, mais qui sont fréquents dans les églises et mosquées. Si on a un pied à l’église ou à la mosquée, peut-on prétendre célébrer en même temps, le 15 mai? Si oui, cela veut dire qu’on ment aux ancêtres, qu’on triche ! Il y a un manque de franchise. C’est vouloir tromper les ancêtres. Et sur ce point, les ancêtres vont nous punir. Donc, la journée du 15 mai est une journée des traditionalistes: elle ne se célèbre pas dans une église ou dans une mosquée. Ça se passe sur la terre ! Par exemple, le 15 mai sera fêté chez moi ici. D’ailleurs, chaque village, chaque entité culturelle fête la journée à part. Que des gens ne nous flattent avec de fausses affaires, de fausses célébrations. Cela ne sera pas exaucé par les ancêtres. Il n’est pas question d’aller dans une église ou une mosquée et vouloir dire qu’on aime ses ancêtres. On ne badine pas avec les ancêtres. C’est de là que l’on vient. Certains adeptes des autres religions viennent me consulter. Combien de chrétiens viennent me voir dans ma case à fétiches? Ils sont venus se chercher! Pourtant, ils se sont cherchés en vain à l’église et à la mosquée avant de venir vers moi. Le Noir refuse toute la réalité; voilà pourquoi il a des problèmes. Il refuse la logique de la vérité.

Merci donc au gouvernement d’avoir institué la journée du 15 mai comme journée nationale des traditions et d’hommage aux ancêtres. Et moi, je dis d’ailleurs que notre nouvel an doit partir désormais de cette date. Par exemple, le 1er janvier est un jour férié décrété par la chrétienté. Cela ne relève pas des Africains. Créons aussi notre jour de nouvel an. Je le dis haut et fort; le Burkina Faso a intérêt à avoir un point de départ de l’année nouvelle, notamment le 15 mai. Comme l’ont fait les Béninois quelques années avant nous: ils ont consacré la journée du 10 janvier au culte des ancêtres.

Parler de cohésion sociale, c’est une bonne chose. Mais, œuvrer pour la cohésion sociale, c’est tout autre chose. Des prêches des protestants, des musulmans et des catholiques, nous entendons des choses. On entend dire que ce que nous pratiquons, est de Satan. Eux-mêmes ne savent pas d’où ils viennent; sinon ils sont (…) puisqu’ils ont des ancêtres. Moi, personnellement, je m’interdis et c’est ce que beaucoup font, d’aller me prosterner devant les ancêtres des autres où je ne tire aucune bénédiction. La célébration du 15 mai de l’année dernière fut une surprise. Il n’y a pas eu de temps de préparation comme il le fallait. Nous avons par la suite été surpris par l’engouement autour de la journée. Il y a lieu de se poser les bonnes questions : comment une personne qui se rend à la Mecque pour célébrer le prophète Mohamed ou se rend au Vatican pour célébrer Jésus, peut-il s’intéresser à nos traditions et coutumes ? Je pense que cette personne ment!

Hormis quelques cas isolés où il a été cité des défaites des terroristes qui sont mises à l’actif de nos traditions et coutumes, on ne sent pas l’apport de celles-ci depuis 10 ans de terrorisme au Burkina Faso. N’ont-elles pas montré leur inefficacité?

Ce n’est pas inefficace! Je vous dis que la victoire sur le terrorisme passe d’abord par la croyance en nous-mêmes, en notre culture traditionnelle. Dans les temps anciens, chaque village avait ses traditions, ses moyens de défense et des cultes qui permettaient que le village vive en sécurité, en paix avec de nombreuses naissances, atteigne l’autosuffisance alimentaire et ait la bonne santé à travers des sacrifices pour éloigner les maladies. Mais avec le lotissement des villages, il y a eu des endroits sacrés qui ont été lotis pour construire dans ces lieux, des églises, des mosquées qui ne peuvent pas contrecarrer le terrorisme. Je ne dis pas cela pour vexer des gens ! Il y a des cheikhs qui ont fui certaines localités pour se réfugier à Ouagadougou. Malgré leurs prières, ils n’ont pas pu contrer le terrorisme. Mais les traditions et coutumes peuvent le faire si on y croit. Il y a encore des villages qui sont sous la protection des traditions et coutumes, c’est-à-dire des villages qui ont respecté les coutumes et traditions depuis belle lurette et qui les pratiquent toujours. De ce point de vue, les traditions et coutumes n’ont pas failli. Peut-être que quelque part, elles se sont vues mal organiser. Des personnes continuent de faire des prières dans les lieux sacrés, de vouer des cultes aux ancêtres et à nos terres. Nos terres, notre terre, n’est pas la terre du Vatican ou des Arabes. C’est notre terre à nous ! Ce sont nos tenkougris et nos ancêtres qui prévalent. Personne ne pourrait me démontrer le contraire.

Si nos villages respectaient les traditions et coutumes, le terrorisme n’aurait pas eu une telle ampleur, parce que la trahison dans la religion traditionnelle est punie par les ancêtres. Cela veut dire qu’on a juré. Peut-on demander à un musulman ou un chrétien de jurer ? Il le fera sur quelle base ? D’ailleurs, le Coran et la Bible sont des «choses» sur lesquelles des présidents jurent, même la Constitution. Désormais, les présidents africains doivent jurer sur la terre africaine et les ancêtres. Les choses sur lesquelles ils jurent, telle la Constitution, sont un tas de papiers. Ce n’est pas pour profaner le Coran et la Bible, mais avez-vous déjà entendu que le Coran ou la Bible ont tué une personne qui en a utilisé pour prêter serment et qui n’a pas respecté son engagement ? Jurer sur la terre et les ancêtres ou les génies de la terre, c’est un risque pour la personne qui jure. Alors, il faut qu’on arrive à cela comme au Bénin où les présidents, pour leur prise de fonction, jurent sur le vaudou !

« Il y a certains dépositaires des traditions comme les Naaba qui ont dans leurs palais de petites églises, mosquées et temples. Ces gens-là ne sont pas dans la tradition. Ils n’ont que le bonnet seulement. Ils ne sont même pas en symbiose avec les ancêtres. Ils flattent les ancêtres », affirme Konomba Traoré

S’il y a eu des victoires isolées à mettre à l’actif de nos coutumes et traditions, n’est-ce pas plutôt que les dépositaires de la coutume qui n’ont pas su capitaliser les acquis passés ?

Il y a certains dépositaires des traditions comme les Naaba qui ont dans leurs palais de petites églises, mosquées et temples. Ces gens-là ne sont pas dans la tradition. Ils n’ont que le bonnet seulement. Ils ne sont même pas en symbiose avec les ancêtres. Ils flattent les ancêtres. Un pied ici, un autre là-bas, c’est ce qu’ils font. Ce sont leurs chefs de terre qui sont des vrais traditionalistes. Il y en a même qui, lorsqu’on leur donne un poulet et de l’eau pour les offrir aux ancêtres, ne savent pas le faire. Je ne veux insulter personne, c’est la réalité. Pour faire un simple rituel, les paroles leur manquent parce qu’ils ne sont plus dans la tradition ; ils sont ailleurs. Et c’est dommage; cela est une tricherie de leur part qui risque de continuer d’ici le 15 mai prochain. Des gens feront des fausses célébrations qui ne seront pas acceptées des ancêtres. C’est du folklore ! Pour cela, j’invite les vrais traditionalistes à ne pas mordre à l’hameçon de ces fausses célébrations. Ce n’est pas faire de la contre propagande contre quiconque, c’est pour dire seulement de ne pas y prendre part parce que c’est une perte de temps. Les ancêtres vont les en vouloir d’avoir y pris part.

Sur le plan national, les dépositaires des traditions et coutumes ont-ils un cadre de rencontre pour parler d’une seule voix en matière de stratégie de lutte contre le terrorisme?

Il n’y a pas de rencontre formelle pour parler d’une seule voix. Mais ce n’est pas tard pour le faire. Nous ne sommes que dans la deuxième année de la célébration du 15 mai. Il faudrait qu’on le fasse, qu’on s’organise pour faire front aux religions révélées qui sont contre notre existence. L’an passé, j’ai séjourné au Brésil pendant un mois sur invitation pour faire des conférences sur la culture africaine, effectuer des guérisons et des concerts comme je suis musicien. J’ai eu des échanges avec le chef de la religion traditionnelle du Brésil durant 2 heures et demie. Il m’a confié sa frustration en regardant les Noirs qui partent se prosterner dans les églises et dans les mosquées pour distribuer plus de 4 millions de F CFA à des personnes déjà nanties. C’est comme si je donnais un billet de 10 000 F CFA au directeur général du Groupe EBOMAF. Dieu est partout : cela est écrit dans la Bible et le Coran. Si Dieu est partout, on n’a pas besoin d’aller le chercher ailleurs. Chez nous ici, je puis dire que Dieu est dans ma case à fétiches. Dieu n’est pas confinée dans une église ou une mosquée. Le fait de prier ses ancêtres, c’est déjà prier Dieu qui a créé les ancêtres. L’homme noir part du culte des ancêtres pour atteindre Dieu, c’est cela la voie normale. Quiconque pourrait me prouver que c’est parce qu’il s’adresse directement à Dieu dans une église que ses prières sont mieux prises en compte par Dieu que celles qui sont adressées aux ancêtres pour qu’ils les transmettent à Dieu. Que quelqu’un me le démontre ! Or, Dieu prend en considération les prières qui proviennent du bon cœur. Il existe des prières que Dieu lui-même n’écoute pas, à plus forte raison chercher à les exaucer.

« Je suis maître Dozo. Partout où je suis passé, j’ai distribué des médicaments de sécurité à plus de 140 VDP afin de les rendre invulnérables aux attaques des terroristes et toutes agressions armées »

Concrètement, qu’est-ce qui est envisagé dans la lutte antiterroriste en tant que traditionaliste ?

Je suis chaque jour dans la lutte contre le terrorisme, mais ce n’est pas sur le terrain à cause de l’âge. Toutefois, chaque jour, je contribue en ma manière à la lutte contre le terrorisme. Je viens d’arriver tout à l’heure d’une cérémonie de fétiches: Dankou des chasseurs. Je suis maître Dozo. Partout où je suis passé, j’ai distribué des médicaments de sécurité à plus de 140 VDP afin de les rendre invulnérables aux attaques des terroristes et toutes agressions armées. Tout cela, je le fais par patriotisme de façon désintéressée. Dans l’ombre, beaucoup de traditionalistes comme moi, travaillent. On n’a pas besoin de faire du bruit pour ça. Et on peut le faire sans prendre 5F parce que c’est mon devoir envers ma patrie, envers mes ancêtres. La lutte contre le terrorisme n’est pas seulement une affaire d’arme. C’est aussi une affaire de chose extra-arme, de choses traditionnelles qui peuvent faire sortir le combattant vivant des batailles. Et bien plus d’ailleurs, c’est pour faire taire le terrorisme parce que nous ne voulons pas qu’il y ait combat. Il s’agit de faire en sorte que le terrorisme meurre de lui-même. Si l’on doit faire des sacrifices, on le fera. Chaque 15 mai, on fera des sacrifices à cet effet. Cela est d’ordre officiel. Sinon, chaque fois, j’invite les traditionalistes qui ont des sacrifices à faire, à sacrifier d’abord un poulet pour la libération de la patrie et à sacrifier ensuite mes autres poulets pour le reste. Si chaque jour, chacun se consacre à cela, je pense que le terrorisme va finir. Nos ancêtres sont sous terre, mais ils ne dorment pas complètement ; ils ne dorment que d’un œil et ils mettent leurs bénédictions sur tous les sacrifices. Si l’on fait une prière aux ancêtres sans être convaincu qu’ils existent tout en étant convaincu que seuls les ancêtres des autres nous arrangent, cela attire de la malédiction.

Propos recueillis par Achille ZIGANI

Article publié dans la parution du 15 mai au 14 juin 2025 du journal La Nation en marche 

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