Du 31 août au 1er septembre 2024, la commune de Diabo a vibré au rythme de la 8e édition de Diabo culture zaoga. Placé sous le thème «Diabo culture zaoga, facteur de résilience et de cohésion sociale » et le parrainage de l’homme d’affaires Jérôme Soubeiga, l’évènement culturel a connu la participation des couches sociales de la communauté zaoga. Comme d’habitude, ce sont les expressions culturelles des zaocés qui ont été magnifiées à l’occasion.
Durant 48 heures, c’est tout un pan du patrimoine culturel matériel et immatériel de la commune des zaocés qui a été valorisé dans une ambiance festive. Si le public ne s’est pas fait conter l’évènement, les participants aux compétitions organisées à l’occasion ont eux, rivalisé de génie pour donner libre cours à leurs talents dans les différentes catégories des expressions culturelles de la commune. Et à l’instar des précédentes éditions, l’événement a ouvert ses portes en cette journée de 31 août sous un ciel nuageux, par le rassandaga ; lequel a permis aux uns d’écouler leurs marchandises et aux autres, de s’adjuger des biens et services jusqu’à 19h 30. De l’avis du comité d’organisation, cette journée a été aussi marquée à l’Ecole Notre Dame par le top départ des concours en jeux de waré et de pétanque qui ont opposé diverses équipes.

Les prestations de cette phase préliminaire ont permis de distinguer les équipes devant s’affronter en phases finales prévues. « La seconde journée a débuté par la demi-finale et la finale en pétanque et en waré jusqu’à 11h », explique le promoteur de Diabo culture zaoga, Donatien Yougbaré. Après quoi, selon ce dernier, place a été faite « au défilé de mode traditionnelle, aux contes, au concours de danse traditionnelle zaoga et d’art culinaire, et à la lutte traditionnelle par simulation entre parenté à plaisanterie, notamment entre yaanas et zaocés, Yoni et Gandèna, Koulpissi et Seiga, Nintenga et Bokin, Tangaye et Zanré». Corniste, tambourinaires, cordons bleus locaux, danseurs, chanteurs, mannequins et conteurs ont profité de cette journée pour étaler leur savoir-faire endogène lié à la diversité culturelle de Diabo : le gonré, zinkoom, luili pendé, riambonlogo, le cor à la résonnance particulière doublée de chants du terroir et d’invocations parfois ancestrales pour stimuler le danseur, etc. « Tout comme le tambour parlant, le cor est l’un de nos moyens de communication traditionnelle », s’exclame le corniste Hermann Kuela de Tangaye dont les cordes vocales ont illuminé l’activité.

A l’issue des compétitions, le jury a désigné les lauréats dans chaque catégorie qui ont été primés (Voir en encadré, le palmarès). Pour le promoteur, l’activité a tenu toutes ses promesses. « La fête a été belle et nous tenons à remercier le comité d’organisation et le parrain qui n’ont ménagé aucun effort à cet effet », s’est-il satisfait.
«Nous allons montrer aux terroristes que par la culture, on va les vaincre »
Pour le parrain, l’évènement sert de moyen d’expression de la résilience de la commune dans le contexte sécuritaire actuel. « Nous sommes actuellement dans une situation de terreur et de peur. Mais nous allons montrer aux terroristes que par la culture, on va les vaincre », a-t-il affirmé. Avant de renchérir : « Nous n’allons pas bouger de Diabo et nous n’allons pas abandonner notre culture ».

Puis, il a regretté que le nombre de villages participant à l’activité ne soit pas représentatif de la commune. « Diabo compte 64 villages et c’est dommage que le nombre de villages présent au festival ne dépasse pas 10 à 20% de cet effectif total », a-t-il déploré tout en justifiant cette situation qui serait liée « à l’insécurité et au manque de moyens ». D’où son appel lancé à l’endroit de « tous les Diabolais des 64 villages, de l’intérieur et de l’extérieur du Burkina, à mettre la main dans la poche en donnant ne serait-ce que 25F chacun, pour soutenir dans les années à venir, l’initiative qui valorise notre culture ». Même son de cloche chez le participant Issaka Dahani, selon qui les Diabolais doivent mettre un point d’honneur à éviter la mort de cette activité culturelle qui favorise la cohésion sociale dans la commune.

Palmarès
Waré
1er prix : Soubeiga Séraphin, 10 000F + le trophée
2e : Kiéma Jean, 7 500F
3e : Kiéma Mahamoudou, 5 000FPétanque
1er prix : Soubeiga Apollinaire et Badolo Alain, 30 000F + le trophée
2e : Kiéma Samuel et Soubeiga Guillaume, 20 000F
3e : Guira Innocent et Soubeiga Ferdinand, 10 000F
4e : Yoni Pascal et Yonaba Adama, 6 000F
5e : Yoni Gérard, Yonaba Adama et Soubeiga Salif, 5 000F
6e : Yoni Fataho et Yoni Ibrahim, 2 000F
7e : Yoni Daouda, 2 000F
8e : Kiéma Joseph et Thiombiano Zakaria, 2 000F
9e : Kiéma Jean et Yoni Zibaré, 1 500F
10e : Kaléra et Aziz, 1 500F.Danse traditionnelle
1er prix : Equipe de Guliguin, 50 000F + trophée
2e : Quartier Mission, 35 000F
3e : Yimboadin, 30 000F
4e : Tangaye, 25 000F
5e : Godin, 20 000FArt culinaire
1er prix : Equipe de la mission, 10 000F
2e : Equipe de Guliguin, 7 500F
3e : Tangaye, 5 000F.
Adama KABORE
Article publié dans la parution du 15 septembre au 14 octobre 2024 du journal La Nation en marche

