Du 13 au 16 mai 2024, l’Association des fonds d’entretien routier africains (AFERA) a tenu à Abidjan, sa 21e Assemblée générale (AG). Au nombre des 35 pays participants, figurait le Burkina représenté par son Fonds spécial routier (FSR-B) dont la délégation constituée de 4 personnes, était conduite par son Directeur général (DG), Théodore Ouédraogo. Au terme de la mission de la délégation burkinabè, nous avons rencontré le DG pour savoir davantage sur l’essentiel de la participation de la délégation.
« Vers un financement durable des fonds routiers pour un meilleur entretien du réseau routier africain », voilà le thème de l’AG qui a mobilisé près de 1 000 participants dont d’éminentes personnalités. Cérémonie d’ouverture, panels sur des thématiques, visites des stands des partenaires de l’événement, AG proprement dite et visites touristiques ; c’est le programme de l’activité qui œuvre pour la bonne santé du réseau routier africain à travers la mutualisation des expériences propres à chaque pays. C’est du moins les impressions du DG du FSR-B, Théodore Ouédraogo, après le séjour à Abidjan. « Cette rencontre nous a permis de découvrir de nouvelles manières de faire dans d’autres structures à travers l’AFERA qui est un cadre de partage d’expériences. C’est des stratégies qu’on peaufine ensemble pour mettre en commun une vision plus large des fonds d’entretien routier pour accompagner les différents Etats dans la mission de financement des projets routiers », affirme le DG Théodore Ouédraogo. Selon ce dernier, les panels qui se sont déroulés les 13 et 14 mai 2024, constituent le cadre par excellence du partage desdites expériences. « C’est souvent des cas qu’on y expose, ce qui est fait ailleurs et susceptible d’être dupliqué dans d’autres pays », explique-t-il, non sans préciser que l’« on sent souvent la nécessité d’approfondir les questions » traitées pour plus de valeur ajoutée.

Le raout d’Abidjan fut aussi mis à profit par les partenaires de l’événement pour exposer leur expertise à travers les stands et vendre leur savoir-faire. C’est ainsi que des structures publiques et entreprises privées ont rencontré le DG du FSR-B avec l’espoir d’exporter in fine, leur expertise au Burkina. « On a tiré profit de ces rencontres. Dans le cadre de la construction des postes de péage modernes, on a vu d’autres façons de faire qui sont économiques », révèle le DG qui a tenu à justifier son propos : « On est même allé sur le terrain où on a suivi un exposé sur l’installation de la charpente qui a été faite en deux mois. Pourtant, chez nous au Burkina, on a observé plusieurs mois pour le faire, même si ce n’est pas le même type de charpente ». Toutefois, nuance-t-il, « On a découvert des charpentes qui nous reviennent moins cher et qui sont même adaptées à notre contexte ». La question de l’énergie s’est également invitée dans ces rencontres B to B, avec notamment le DG de la société UNIVELECT, Ferdinand Kouassi Béhibro, qui a exposé au DG du FSR-B comment son entreprise a géré le volet énergétique de certains postes de péage en Côte d’Ivoire ; une expertise économique susceptible d’être exportée au Burkina même s’il ressort que l’exemple ivoirien fonctionne plus avec l’énergie thermique alors qu’au Burkina, l’accent est plus mis sur celle solaire. « Nous évoluons aussi dans le solaire et pensons que nos prestations peuvent également intéresser le marché burkinabè où le solaire est très développé », foi du DG de UNIVELECT.

« On a vu qu’il y a des choses qui peuvent être dupliquées au Burkina pour booster les projets routiers »
A Abidjan, la délégation burkinabè a pu aussi apprécier l’organisation de l’administration routière (Ageroute, DGIR, Bnetd, etc.) ivoirienne. « On a essayé de faire le lien avec ce qui se passe chez nous et on a vu qu’il y a des choses qui peuvent être dupliquées au Burkina pour booster les projets routiers au grand bonheur de nos populations », déclare le premier responsable du FSR-B qui table sur le cas du Bnetd – Bureau national des études techniques – qui réalise à la fois des études techniques multisectorielles et le contrôle des travaux, sans oublier des prestations payantes. Ce qui permet, selon lui, « d’avoir des ressources complémentaires pour se prendre en charge ». Ces découvertes et avantages tirés se sont poursuivis lors de la journée du 16 mai dédiée aux visites touristiques, notamment du majestueux 3e pont (pont Henri Konan Bédié) ; ce qui a permis d’avoir un exposé sur la conception de celui-ci.

Enfin, l’AG proprement dite tenue le 15 mai a permis de faire l’état des lieux de la mise en œuvre des recommandations de la 20e AG tenue en 2023 à Maputo au Mozambique, d’adopter le rapport d’activités 2023 et le programme d’activités 2024, de formuler des recommandations, de faire l’état des lieux des cotisations qui révèle que la plupart des fonds dont celui du Burkina sont à jour de leurs cotisations, etc. Véritable acquis de la 20e AG, le secrétariat exécutif de l’association est désormais une réalité avec « un siège situé à Nairobi au Kenya » pour piloter les activités de l’AFERA. L’AG, c’est aussi le cadre de prise des résolutions qui ont permis d’épuiser la lancinante question des obligations financières faites aux fonds en difficulté désirant réintégrer l’association après une certaine période d’inexistence. Enfin, les participants ont insisté à l’occasion, sur leurs attentes. « Nous avons insisté auprès du bureau exécutif pour qu’on sente l’apport de l’association dans les pratiques des différents fonds afin qu’on ait des résultats tangibles à la prochaine assemblée », a relevé le DG du FSR-B.
Adama KABORE
Article publié le 14 juin 2024, dans le support physique du journal La Nation en marche

