Tchad : L’ex-Premier ministre Masra suspend sa grève de la faim depuis la prison

Diminué physiquement depuis sa prison comme l’a laissé entendre il y a quelques jours la direction de son parti, l’opposant politique Succès Masra a décidé de suspendre sa grève de la faim entamée il y a une semaine en guise de « solidarité avec le peuple, et en protestation contre les injustices imméritées et pour exiger la libération de toutes les énergies de ce peuple prisonnier de ces injustices et inégalités ». L’information de cette suspension date du lundi 30 juin 2025 et émane du collectif des avocats de l’intéressé.

Selon l’un des avocats de Masra, notamment Me Francis Kadjilembaye, la décision du Premier ministre de suspendre son refus de manger et de boire trouve son fondement dans les conseils de son médecin : « Son médecin qui a pu se rendre à son chevet et le consulter, lui a fortement recommandé de suspendre cette difficile et douloureuse décision, surtout que des médicaments qu’il doit impérativement prendre le nécessitent.» Il y a quelques jours, la direction de son parti dénonçait lors d’un meeting, l’impossibilité pour elle et le médecin de Masra de rendre visite à l’homme politique dans sa cellule…

Si la comparution devant les juges du président du parti politique « Les transformateurs » est toujours attendue, son interpellation à son domicile date du 16 mai 2025. Détenu depuis lors, il avait été interpellé suite à un affrontement intervenu le 14 mai 2025 à Mandakao dans le Logone occidental où la rixe entre paysans autochtones et éleveurs peulhs avait fait quelques dizaines de morts. Mis en cause dans cette affaire pour « incitation à la haine, complicité d’assassinat, etc.», l’ex-Premier ministre et ses conseils affûtent certainement en ce moment les arguments pour une bataille judiciaire où le quadragénaire aux dents politiques longues joue son avenir politique… Pendant ce temps, pour jouer leur partition, ce sont une vingtaine de militantes du parti de Masra qui ont manifesté samedi dernier en sous-vêtements à N’Djamena; réclamant la libération de leur champion par ce geste à la fois surréaliste et cocasse.

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