Le procès dans l’affaire des 3 milliards de f CFA détournés au ministère de l’Action humanitaire a repris ce jour 9 décembre 2024. Le principal prévenu, Amidou Tiégnan, y a fait un grand déballage. Selon lui, il n’a fait qu’exécuter des ordres venus de la hiérarchie, notamment Camille Yé, Directeur de la gestion des finances (DGEF) et Gnoumou Amidou, chef de la commande publique du ministère de l’Action humanitaire. Selon lui, il servait les intérêts de la DGEF et de la ministre. Nous vous proposons ci-dessous un extrait de ses révélations.

«Dans l’affaire du faux en écriture publique, nous ne sommes responsables de rien. Nous gestionnaires, nous exécutons des ordres venant de notre hiérarchie. Moi M. Tiégnan ici présent devant vous, je n’ai jamais imité une signature sur un chèque quelconque. Je ne suis qu’un exécutant et j’applique les ordres de mes chefs… Le chef de la commande publique m’envoyait chaque fois des contrats inachevés mais le DGEF me demandait de faire le paiement. Dans le ministère, il y a plusieurs comptes mais c’est moi qui détenais le plus gros compte. Il arrive des fois où le DGEF part en mission et laisse un spécimen de sa signature dans mon bureau. Et tout ce que je faisais de ces chèques, je lui rendais des comptes. Tellement je faisais son affaire, M. Yé Camille a jugé bon de me reconduire comme son gestionnaire. Souvent je le rejoignais à Saaba pour lui remettre des millions dans des sacs. 10 millions, 20 millions ou plus même. À chaque voyage de Mme le ministre, M. Yé Camille me fait débourser de l’argent soi-disant pour le voyage de Mme le ministre ».

Avant d’ajouter : « M. Yé Camille a pris fonction le 21 mars 2023. Et quand je calcule, de mars 2023 à 2024, ce que j’ai pris pour lui avoisine les 1 milliard CFA. Pour moi-même ça vaut les 900 millions CFA. Tout ce qui se faisait entre Yé Camille et moi se faisait sans pièces comptables. C’était entre nous dans son bureau. La fiche de déblocage doit être rédigée par le DGEF et soumise à l’appréciation de Mme le ministre de l’action humanitaire. Au début, c’est ce qu’on faisait mais entre-temps, on a arrêté. Les déblocages se faisaient directement par téléphone. Il m’appelait et me demandait de décaisser et moi j’exécutais », a-t-il révélé avant d’évoquer la concertation consécutive à la nomination du DGEF.

« Cette concertation avait pour objectif de servir les intérêts de Yé Camille et Mme la ministre. Il nous appelle souvent pour nous dire que Mme la ministre a besoin de telle somme et moi je décaisse. Donc pour moi, je servais les intérêts de Yé Camille et Mme la ministre. Tout se faisait de façon verbale dans son bureau », a-t-il affirmé avant de démentir ce qui se dit dans l’opinion par rapport à la destination des fonds : « C’est faux ce qui se dit. C’était plutôt destiné à la manutention et non à la prise en charge des déplacés internes ». Propos récusé par le tribunal selon qui, les fonds appartiennent malgré tout au ministère de l’action humanitaire.

Et à Tiégnan de poursuivre ses révélations : « Quand Camille Yé a pris fonction, dès le lendemain, il nous a réuni dans son bureau pour nous donner ses directives. Il nous a dit ce qu’il attendait de nous. J’étais avec Salifou Ouédraogo. A moi personnellement, il m’a sur-le-champ demandé de décaisser 10 millions de francs pour lui. Ce que j’ai fait. Pour le premier contrôle de l’ASCE-LC, Yé Camille m’a demandé de débloquer 10 millions pour le contrôleur. Mais je ne pense pas qu’il ait remis la somme ».

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