Le tribunal de première instance d’Abidjan a tranché dans l’affaire opposant Tidjane Thiam à Valérie Yapo, ancienne membre du bureau politique du PDCI. Sur 5 des requêtes de Valérie Yapo, celle-ci en a été déboutée de 4 et a été autorisée à réintégrer le parti.
Au sortir du procès, Me Rodrigue Dadjé, avocat du parti, a affirmé ceci selon nos confrères de Afriksoir : « Valérie Yapo a été déboutée de 4 sur 5 de ses demandes. J’estime qu’elle a perdu le procès au profit du PDCI-RDA ». Entre autres, dame Yapo contestait sa sanction disciplinaire, demandait d’annuler l’élection de Thiam à la présidence du parti, de suspendre les organes mis en place par Thiam, de designer un administrateur provisoire et des dommages et intérêts.
L’avocat du parti, ajoute nos confrères, a poursuivi en ces termes: « Finalement, le tribunal a estimé qu’on devait annuler la sanction de Valérie Yapo, ce que nous avions déjà fait. Donc la sanction de Valérie Yapo a été annulée par le tribunal. Par ailleurs, elle a été déboutée de toutes ses demandes. Elle a aussi demandé des dommages et intérêts. Le tribunal l’a débouté de ses dommages et intérêts. Le PDCI-RDA a gagné son procès ».
Mais l’avocat n’a pas manqué de faire des précisions. « Si Valérie Yapo estime qu’elle n’est pas satisfaite de la décision, elle pourra faire appel. Je tiens à préciser qu’à l’entame du procès, madame la présidente a pris d’expliquer à madame Valérie Yapo qu’elle avait le droit de se désister de sa procédure même avant que le délibéré ne soit prononcé et que le tribunal en tiendra compte. Mais Valérie Yapo n’a pas souhaité se désister de sa procédure et résultat, elle a perdu 90% du procès ».
Selon toujours nos mêmes sources, Me Emile Suy Bi Gooré, un autre avocat du parti, a relevé que certaines prétentions de Yapo étaient finalement sans objet après la démission de Thiam à la tête du parti, telles la suspension des organes du parti et la nomination d’un administrateur provisoire. « Ces requêtes n’avaient plus lieu d’être après la démission du président Tidjane Thiam et l’organisation du congrès électif du 14 mai 2025 », soutient-il.
« Nous ne sommes pas manipulés »
Pour Valérie Yapo, commence un autre combat politique. Dès le lendemain du verdict du procès, soi23 mai 2025, elle se confie à la presse : si elle se félicite pour sa réintégration dans le parti, elle est vent debout pour que le parti trouve un autre candidat à présenter à la prochaine élection présidentielle. « Notre parti doit avoir un candidat qui remplisse les conditions d’éligibilité. Nous devons organiser une convention pour désigner un candidat. (…) Le PDCI doit être au rendez-vous d’octobre 2025 », a-t-elle lancé. Avant d’ajouter : « Nous sommes à 5 mois de l’élection présidentielle. Pourtant, notre parti est à l’arrêt, sans cap clair, sans candidat légitime. Le candidat auto proclamé, M. Thiam, est aujourd’hui radié de la liste électorale. Il ne peut légalement se présenter. Mais certains veulent encore nous faire croire que le PDCI n’a pas d’autres options ».
Ce contre quoi, celle qui est désormais engagée dans « le combat pour le plan B » s’oppose catégoriquement. « Je dis non. Le PDCI-RDA ne peut être pris en otage par une ambition personnelle. Le PDCI-RDA doit avoir un candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 », assène-t-elle. Une position radicale qui frise le jusqu’au-boutisme et qui ne manquera pas d’alimenter la thèse d’une militante dont les actions seraient tirées par des ficelles dans l’ombre. « Nous ne sommes pas manipulés… Ma cliente a beaucoup de dignité. (…) C’est Valérie Yapo, la grande victime du PDCI-RDA), a anticipé Me Alain Bokola, avocat de Valérie Yapo, lors de la rencontre avec la presse.
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