Après plusieurs visites de chantiers par les acteurs concernés pour s’assurer de leur qualité et apporter des corrections le cas échéant, les travaux entrant dans le cadre de la modernisation des postes de péage de Boudtenga, Tintilou et Kotédougou sont enfin quasi terminés. Et n’attendent que leur ouverture aux usagers avec pour objectif de fluidifier le trafic routier et optimiser le rendement du péage. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ladite ouverture est véritablement imminente et les usagers trépignent d’impatience pour exploiter ce type de péage nouveau.

Les usagers habitués à emprunter la route Ouaga-Bobo et celle Ouaga-Fada ont inévitablement dû constater ces infrastructures ultra modernes poussées des terres à Boudtenga, Tintilou et Kotédougou, avec une imposante charpente. L’adoption en conseil des ministres le 28 mai 2025, d’un décret portant modalités de gestion du péage au Burkina avec comme innovation portant sur la taxation des véhicules poids lourds est sans doute induite par l’opérationnalisation en vue de l’exploitation des postes de péage concernés ; lesquels ont bénéficié de 3 sources d’alimentation (Sonabel, centrale mini solaire et groupe électrogène) et contiennent chacun 13 voies dont 6 dans chacun des 2 sens de circulation et une voie centrale réservée aux véhicules prioritaires, exception faite du poste de péage de Kotédougou qui comporte au total 9 voies. Sans oublier que chacun des 3 postes de péage dispose d’une piste cyclable.

Le ministre des Infrastructures et du désenclavement, Adama Luc Sorgho, au sortir du conseil des ministres du 28 mai 2025

Selon le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), structure chargée de la gestion des postes de péage du Burkina, lors de l’exploitation prévue pour bientôt, une fois au poste, l’usager est invité à avancer vers la cabine. Puis, il verra en face de lui sur un écran, le prix à payer affiché par un capteur. Après quoi, l’usager procède au paiement et la barrière s’élève, l’autorisant à passer. Ce, après avoir payé « 200 ou 300F respectivement pour les véhicules poids légers et les camionnettes », selon le ministre des Infrastructures et du désenclavement, Adama Luc Sorgho, au sortir du conseil des ministres sus-cité. Si ces prix sont fixes, ceux prévus pour les véhicules poids lourds seront compris entre 1 500 et 3 000F, selon toujours le ministre Sorgho. « On a pu développer un dispositif au niveau des postes modernes où des capteurs installés identifient le nombre d’essieux. Plus vous modifiez le véhicule, plus vous payez », avait expliqué le ministre. Une information qui fait écho à celle du premier responsable de CAEM (structure de contrôle des travaux), Ousmane Nacoulma, qui nous avait confié que ce «tarif va dépendre du nombre d’essieux qui est compté automatiquement par le système de la boucle mis en place et non par le péagiste. Quand l’usager passe la boucle et se retrouve en face du péagiste, il aperçoit un écran extérieur sur lequel il est affiché le nombre d’essieux de son véhicule et le tarif correspondant à payer».

Directeur général du FSR-B, Théodore Ouédraogo pense que la modernisation du péage va véritablement accroître les recettes de celui-ci

3 modes de paiement prévus et laissés au choix de l’usager

Directeur technique (DT) du FSR-B, Modeste Yanogo affirme que 3 modes de paiement sont prévus et laissés au choix de l’usager : paiement en espèces comme auparavant, celui par carte et celui par télépéage. Selon ses explications, si l’usager opte pour le paiement par carte, son compte est immédiatement débité après badgeage. S’agissant du télépéage, nous avait déjà expliqué la mission de contrôle pendant les travaux, « la carte de l’usager sera fixée sur la pare-brise du véhicule. Dès que l’usager s’approche, il y a une caméra qui lit la carte ». Mais sur la question, le DT Yanogo apporte une précision importante : « Par sens de circulation, il y a une seule voie dédiée au télépéage. L’usager qui choisit le télépéage, doit emprunter cette voie qui peut aussi être utilisée pour les autres types de paiement ».

Le directeur technique du FSR-B, Modeste Yanogo

Réalisés à plus de 18 milliards de F CFA, les travaux ont enregistré des essais à blanc qui se sont révélés concluants, notamment au site témoin de Boudtenga (sortie est de Ouaga). Si ces essais sont envisagés dans les prochains jours au site de Tintilou (sortie ouest de Ouaga) et de Kotédougou (entrée de Bobo, route de Ouaga), le FSR-B s’évertue à achever la formation en cours du personnel complémentaire nouvellement recruté pour le compte des postes de péage concernés ; l’ancien personnel ayant déjà été formé à la gestion du logiciel du fonctionnement des 3 postes. Reste côté administratif, à disponibiliser le décret pris le 28 mai dernier et à prendre un arrêté interministériel portant fixation des tarifs du péage. En attendant la disponibilité de ces documents, la connaissance des tarifs grâce au décret permet aux acteurs de procéder actuellement à un paramétrage du système de fonctionnement des postes modernes devant prendre en compte les tarifs communiqués par le ministre Sorgho. Et sauf coup de théâtre, l’ouverture de ces postes de péage serait une réalité dans quelques semaines, avec in fine, la traçabilité des frais encaissés induite par l’automatisation, la sécurisation des recettes en évitant les déperditions et fraudes grâce notamment aux boucles incrustées dans la chaussée et qui permettent de savoir le nombre de véhicules qui est passé.

Adama KABORÉ

Article publié dans le numéro 34 du journal La Nation en marche du 15 juin au 14 juillet 2025

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