Malgré l’interdiction formelle, le front commun PDCI-PPA-CI a organisé ce 11 octobre 2025 en Côte d’Ivoire, une marche de protestation contre le 4e mandat du président Alassane Ouattara et pour des élections inclusives avec la participation de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et autres. Comme il fallait s’y attendre, la manifestation a été réprimée par les forces de l’ordre. Après cette chaude journée, Gilles Christ Djédjé, militant du parti PPA-CI, nous livre se prononce sur la question. Lisez !
Ce 11 octobre 2025 restera comme une date historique dans la mémoire politique ivoirienne. Annoncée comme une marche pacifique du Front Commun de l’Opposition sur le boulevard Latrille de la commune de Cocody, cette journée a révélé la détermination du peuple face à la dérive autoritaire d’un régime qui redoute désormais sa propre nation.
Dès l’aube, les forces de défense et de sécurité ont jugé bon de “faire leur footing” sur le Latrille, selon la formule ironique des habitants. En réalité, c’était un véritable défilé militaire : Cargos, blindés, pick-ups, forces spéciales, policiers et gendarmes occupaient chaque tronçon comme pour un exercice de guerre. Sous couvert d’un arrêté préfectoral jugé illégal — pris en pleine période de campagne électorale —, le gouvernement a transformé une manifestation citoyenne en une scène d’intimidation nationale.

Mais malgré cette mise en scène martiale, les Ivoiriens ont levé la tête. Femmes, jeunes, et hommes: Tous ont bravé la peur pour faire entendre la voix du peuple. Ni les gaz lacrymogènes ni les matraques n’ont eu raison de leur courage. Le boulevard Latrille, malgré son occupation militaire, a résonné du cri d’un peuple décidé à reconquérir sa dignité.
À Blokauss et aux alentours de l’église Saint-Jean de Cocody, les scènes étaient d’une violence inouïe. Des jeunes, des femmes et des hommes aux mains nues ont été pourchassés, frappés, blessés. La barbarie policière s’est abattue sur des citoyens désarmés, trahissant la peur du régime face à la mobilisation populaire. Plusieurs journalistes ont vu leurs matériels détruits ou confisqués, révélant que la liberté de la presse n’a plus droit de cité. Dans ce pays qui se réclame d’un État de droit, tous les droits fondamentaux ont été piétinés.
Le ministre de l’Intérieur, le général Vagondo Diomandé, a reconnu lui-même 237 arrestations. Mais au lieu d’intimider, ce chiffre illustre la fébrilité d’un pouvoir acculé. Car malgré l’arsenal répressif, la marche a eu lieu — sur le Latrille, dans les quartiers, et dans le cœur de chaque citoyen libre.
Dans plusieurs villes de l’intérieur — Gagnoa, Agboville, Adzopé, Akoupé, et d’autres —, les populations sont sorties à leur tour. Cette mobilisation simultanée dans tout le pays prouve que le vent de la résistance souffle partout et que la contestation dépasse désormais les frontières partisanes.
Au regard du dispositif de guerre déployé, la manifestation du 11 octobre 2025 est une réussite éclatante pour l’opposition. Elle a démontré sa capacité d’organisation, de mobilisation et son enracinement national. Les Ivoiriens ont définitivement vaincu la peur et ont rappelé au monde que la démocratie n’est pas une faveur octroyée par le pouvoir, mais un droit sacré du peuple.
Face à ce climat de tension, le gouvernement doit cesser la logique de la force et ouvrir, sans délai, un véritable dialogue politique avec l’opposition. Car cette atmosphère de méfiance et de répression fait planer un doute sérieux sur la tenue d’élections libres et crédibles.
Le peuple ivoirien, debout, a parlé. Et comme l’avait prévenu Laurent Gbagbo, « le quatrième mandat n’aura pas lieu. » Ce 11 octobre 2025, la rue a donné corps à cette prophétie : la peur a changé de camp, et la dignité a repris ses droits.
GILLES CHRIST DJÉDJÉ

