Fonds spécial routier du Burkina : Une sortie-terrain des administrateurs pour plus d’efficacité de la structure

Du 22 au 27 septembre 2025, les administrateurs du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) ont visité des projets routiers achevés et en cours de réalisation, et financés par le FSR-B : postes de péage modernes de Tintilou et de Kotédougou, semi-modernisation du poste de péage de Boromo, bitumage des tronçons Dandé-Kourouma et Bobo-Moami, des voiries à Bobo Dioulasso. Pour en savoir davantage sur cette sortie-terrain inhabituelle des administrateurs, nous sommes allé à la rencontre du doyen des administrateurs, en l’occurrence Kassoum Simporé.

Administrateur au FSR-B pour le compte des transporteurs routiers du Burkina, Kassoum Simporé nous a d’entrée de jeu livré ses impressions après cette sortie. Pour lui, c’est impressionnant et encourageant pour les administrateurs d’avoir touché du doigt les réalités du terrain. Aussi, a-t-il ajouté, les réalisations visitées dénotent de la vitalité du fonds qui mérite d’être soutenu dans ses actions de développement. Puis, justifiant la sortie inédite, il a laissé entendre que chaque année, le conseil d’administration examine et adopte un programme d’activités, un budget et un plan de passation des marchés. «En général, comme retour, nous n’avons que des rapports d’exécution, des rapports de structures de contrôle qui font ressortir souvent des difficultés et des situations déplorables dans l’exécution des travaux. Pour une meilleure appréciation de l’état d’exécution des projets, le conseil a jugé utile d’effectuer une sortie sur le terrain, pour constater d’une part les réalités vécues, et d’autre part échanger avec les parties prenantes », explique-t-il.

L’administrateur Kassoum Simporé lors de nos échanges

Première du genre et riche en enseignements, la sortie, assure M. Simporé, « a beaucoup éclairé les membres du conseil sur des situations méconnues ou insuffisamment perçues. C’est le cas des retards de réalisation des travaux qui sont souvent relevés et qui nous reviennent dans les rapports qui nous sont présentés en conseil ». A en croire l’administrateur, ces situations sont dues à des facteurs divers allant essentiellement de la défaillance organisationnelle des entreprises (insuffisance de matériel, problème de gestion, d’organisation, etc.) au manque de diligence des concessionnaires de réseaux de services publics (SONABEL, ONEA) dans le déplacement desdits réseaux. Tout en citant également le problème du paiement tardif des décomptes soulevé comme excuse par certaines entreprises qui ne disposent pas suffisamment de ressorts financiers pour poursuivre les travaux, M. Simporé a donné un exemple concret pour illustrer la question du manque de diligence sus-citée : «A Bobo où sont réalisés des travaux de voiries (sur la voie d’accès au CMA de Dafra, Chalons-en-Champagne au port sec, voie d’accès au village de Léguéma), il y a par endroits des canalisations à réaliser.

Les administrateurs ont constaté que la semi-modernisation en cours du poste de péage de Boromo est une réalité

Pour ce faire, il faut au préalable déplacer certains réseaux et les dispositions ont été prises en amont à cet effet. Mais pour que les concessionnaires de réseaux s’exécutent rapidement afin de permettre aux entreprises de travailler convenablement, c’est la croix et la bannière ». Cette situation oblige souvent les entreprises à suspendre les travaux, le temps que les réseaux soient déplacés ; ce qui provoque un retard dans l’exécution des travaux. «Si ce n’est pas parce qu’on s’est rendu sur le terrain, j’ignorais cette réalité», confie M. Simporé.

La sortie-terrain était nécessaire et a été bénéfique pour tous les acteurs

Au regard des leçons positives tirées de la sortie-terrain, le doyen des administrateurs affirme que celle-ci était nécessaire et a été bénéfique pour tous les acteurs, d’autant plus qu’elle a permis d’interpeller chaque acteur sur ses responsabilités et de faire des recommandations pour des travaux de qualité et réalisés dans les délais. Et à l’administrateur d’être formel sur la plus-value d’une telle sortie : « Il est certain que cette sortie aura un impact sur les décisions futures à prendre par le conseil d’administration ». Avant de préciser : « Il faudra surtout s’attendre à un renforcement de l’accompagnement du fonds par le conseil d’administration, notamment dans son programme de modernisation et de semi-modernisation du péage ». Soutenant que cette perspective permettra au fonds routier de disposer suffisamment de ressources pour faire face aux besoins de financement de l’entretien routier et de construction des infrastructures de transport au Burkina, M. Simporé a informé qu’un rapport de mission en cours de rédaction sera bientôt partagé avec les membres du conseil d’administration dont le président (Moumouni Ilboudo) et le directeur général du FSR-B (Théodore Ouédraogo) ; lesquels étaient absents à la sortie pour des raisons de calendrier.

Au pont de Hèrèdougou dont la construction est financée par le fonds routier, les administrateurs se sont imprégnés de l’état d’avancement des travaux

Après quoi, note M. Simporé, le conseil d’administration aura certainement des échanges approfondis avec la direction générale du FSR-B dans l’optique de prise de mesures qui vont permettre aux entreprises d’être plus performantes sur le terrain. En attendant, les administrateurs ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : ils envisagent de rebeloter de façon périodique à travers d’autres sorties dont la première pourrait consister à repartir sur le terrain pour assurer le suivi des recommandations formulées suite à la présente sortie.

Adama KABORE

Article publié dans la parution du 15 octobre 2025 du journal La Nation en marche 

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *