À l’occasion de la journée internationale du travail, célébrée le 1er mai 2025, les agents du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) ont refusé le repos que confère cette journée fériée et payée, en se rendant sur le terrain aux côtés des agents des postes de péage. Ce, pour accompagner ces derniers dans leur travail. Pour ce faire, les agents du FSR-B se sont répartis en 4 équipes pour se déplacer dans 4 postes de péage : le poste situé sur la route Ouaga-Ziniaré, celui sur la route de Bobo (sortie de Ouaga), celui sur la route Ouaga-Koubri et celui sur la route de Saponé.
Malgré la contrainte liée à la pluie, c’est très matinalement et à la tête d’une équipe de 10 agents que le Directeur général (DG) du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), Théodore Ouédraogo, arrive au poste de péage de Ziniaré. Après les salutations d’usage, l’objectif de la sortie est décliné : soutenir les péagistes – qui, sans distinction, ne connaissent pas de jours fériés ou de week-ends – dans leur travail. «Comme chaque année à l’occasion de la journée internationale du travail, nous nous donnons l’obligation d’aller sur le terrain pour accompagner nos collègues qui y sont. Nous venons donc à leur côté pour manifester notre solidarité et commémorer le 1er-Mai, fête du travail, avec eux », explique DG Théodore Ouédraogo.

Puis, les membres de l’équipe venus de Ouagadougou participent activement pendant des heures, aux opérations du jour : fermer et ouvrir les barrières, aider à vendre les tickets pour fluidifier la circulation, sensibiliser les usagers, etc. Des deux sens de la route, le DG du FSR-B endosse le rôle de préposé et de contrôleur de tickets à côté de ses collaborateurs. Sensibilisant les usagers à plus de patriotisme en s’acquittant des taxes de péage, le DG Ouédraogo soutient que «C’est grâce à ces ressources que nous finançons les projets de réhabilitation et de modernisation des routes ». Tout en indiquant que la taxe de péage concerne tous les véhicules, les deux-roues, tricycles et quadricycles de cylindrée supérieure ou égale à 125 cm³, il a ajouté que le non-paiement du péage est susceptible de sanction pécuniaire, consistant à payer dix fois le montant dû. Mais pour le moment, le FSR-B fait plus dans la sensibilisation à travers laquelle un abonnement mensuel de 5 000F est proposé aux riverains.

Aux 3 autres postes de péage qui ont reçu la visite des 3 autres équipes venues de Ouaga, la mission n’a pas différé, à l’image de Daniel Traoré du FSR-B qui a servi, au poste de péage sur la route de Bobo, de relais entre usagers impatients et guichetier pour faciliter les paiements du ticket de péage. L’occasion faisant le larron, les visiteurs du jour ont profité découvrir les réalités que vivent les péagistes. «Il arrive de voir un usager se présenter avec un billet de 10 000F pour un ticket de 200F. C’est assez compliqué», souligne le DG Ouédraogo. Même son de cloche chez Daniel Traoré pour qui la sortie vise aussi à sensibiliser les usagers à la patience et à faciliter la monnaie pour fluidifier les transactions.

La sortie-terrain est salutaire
Pour les acteurs concernés, la sortie-terrain est salutaire. Selon le directeur technique du FSR-B, Modeste Yanogo, présent au poste sur la route de Koubri, « En tant que technicien, cette sortie nous permet de regarder la configuration du site pour savoir s’il est adapté pour faciliter les opérations de paiement, fluidifier la circulation et éviter les déperditions ». Barthélemy Bouda, préposé au poste de péage sur la route de Bobo, lui, relève la densité du trafic due à la croissance démographique de ces dernières années et que l’accompagnement de l’équipe arrivée va permettre de fluidifier un tant soit peu, la circulation. Avant de saluer la sensibilisation faite. « Il faut sensibiliser car les actes de certains usagers frisent l’incivisme. Souvent, ils nous narguent, ils nous insultent. Certains se présentent expressément avec un billet de 5 000F comme alibi pour ne pas s’acquitter de la taxe », soutient-il, avant de révéler que le poste peut ainsi perdre 200F sur plus d’une dizaine de véhicules. Dans l’ensemble, les péagistes, tel Hubert Sawadogo du poste de péage de Ziniaré, se disent honorés par cette visite de la hiérarchie. Pour Aloïs Somda, gestionnaire du poste de péage de Saponé, « C’est la première fois qu’on accueille ce genre de sortie et c’est très bien ; nos visiteurs ont pu constater eux-mêmes les réalités du terrain. Souvent quand on se rencontre et qu’on expose nos préoccupations, ce n’est pas évident qu’ils aient une bonne compréhension de nos difficultés ».

Si certains usagers se plaignent des embouteillages, Hubert Sawadogo pointe du doigt les travaux en cours sur la route nationale N°4, qui redirigent un flux important de véhicules vers leur axe, couplé aux travaux de semi-modernisation en cours sur le poste de péage de Ziniaré. « Nous demandons aux usagers de nous comprendre », exhorte-t-il. D’autres usagers comme Innocent Sawadogo se disent pleinement conscients de l’utilité du péage. «C’est un acte civique de payer toujours le péage. Cela démontre aussi notre patriotisme», affirme-t-il. De son côté, l’usager Honorine Nabaloum en partance pour Koudougou sur la route de Bobo, a salué l’action louable du FSR-B.
Rassemblé par Léon YOUGBARE, Achille ZIGANI et Adama KABORE
Article publié dans le numéro 33 du journal La Nation en marche du 15 mai au 14 juin 2025

