Le chef coutumier de Kogho, Naaba Sigri, a célébré la fête du bengdo, marquant la fin d’un cycle annuel. Moment propice de remerciements aux ancêtres, la cérémonie, qui a eu lieu samedi le 31 janvier 2026 dans la commune de Kogho dans la province du Ganzourgou, a été marquée par une ambiance de ferveur et de réjouissances populaires.
Après des mois de travail acharné, le village de Kogho a célébré l’une de ses fêtes les plus importantes : le bengdo. Les festivités du bengdo interviennent généralement entre janvier et mars, après que les récoltes ont été faites et que les greniers sont pleins. C’est une fête de l’abondance et de la convivialité. Cette année, Naaba Sigri n’a pas dérogé à la tradition : il a accompli les festivités du bengdo, une tradition séculaire qui célèbre la générosité de la terre et remercie Dieu et les ancêtres pour leur protection.
Mais, au-delà de la fête, c’est aussi un moment de communion avec les ancêtres et de prière pour une consommation des récoltes. Et marque la fin d’un cycle annuel. Contrairement à certaines célébrations d’autres localités, Naaba Sigri qui a été honoré au son du tambour et du cor, reste au palais lors de l’accomplissement des rites qui sont faits dans la sobriété; le plus important étant de remercier les ancêtres pour les récoltes abondantes et la santé de la population. Ces rituels ont lieu dans un marché spécial aménagé pour la circonstance. «Le bengdo est notre fete coutumière. C’est par cette coutume que nous demandons la pluviométrie, la santé et la prospérité. A l’occasion de cette fête coutumière, le marché est délocalisé dans une place spéciale pour les besoins de rituel et au 3e jour, il se tient à son lieu habituel», a expliqué Souk Naaba, notable du chef de Kogho.

La fête est précédée de cérémonies telles que le « kitoose » et le « kinoodo ». Mais, le bengdo est le point culminant des célébrations. À Kogho, chaque famille prépare pour l’occasion, des mets traditionnels et du dolo, une bière de mil locale. Les amis et la famille sont invités à partager le repas. Les concessions s’animent, la musique et les rires remplissent l’air. Le village se réunit pour manger, boire et célébrer. Du reste, c’est une fête qui rassemble et nourrit l’esprit. Le bengdo, c’est un peu la fête de Noël version terroir, un temps de joie et de partage qui rassemble les familles et les amis autour de valeurs simples : la gratitude et la reconnaissance envers les esprits pour les récoltes abondantes et la santé des populations. A l’occasion, une course hippique rythme les festivities du bengdo. Les chevaux, richement caparaçonnés, galopent sur la piste, sous les acclamations de la foule. C’est un moment d’émotion, qui symbolise la force, la vitesse et la beauté de la tradition.

Le bengdo, c’est une fête qui galope vers l’avenir, tout en restant ancrée dans les coutumes et les traditions de Kogho. La célébration du bengdo dure quatre jours, un temps de communion avec les ancêtres et les proches. Le lendemain de la fête principale, les anciens viennent saluer le chef coutumier, qui les reçoit avec générosité, leur offrant à manger et à boire. C’est un moment où les bénédictions se croisent et où les vœux de longévité et de prospérité sont échangés. Les anciens sont les gardiens de la tradition et l’histoire de Kogho. Ils assurent la transmission intergénérationnelle. Ils transmettent aux plus jeunes les valeurs et les coutumes qui font la richesse de leur communauté. «C’est ce que nous avons trouvé et c’est ce que nous transmettrons», a déclaré Dieudonné Sawadogo, un ancien de Kogho, avec force conviction. Ce propos résume l’esprit du bengdo, une fête qui regarde vers l’avenir tout en restant ancrée dans le passé. Le bengdo est une fête vivante ; il évolue avec le temps tout en restant fidèle à ses racines. Les jeunes générations s’approprient la tradition, l’interprétant à leur manière, tout en respectant les coutumes et les rites qui ont été transmis par leurs aînés. C’est cette transmission intergénérationnelle qui assure la pérennité de la culture et de l’identité de Kogho.
«Revenez vivre les fêtes traditionnelles, car perdre la tradition, c’est tout perdre »
Lors des festivités, le chef de Kogho, Naba Sigri, a lancé un appel émouvant aux fils et filles de la ville vivant à l’étranger : « Revenez vivre les fêtes traditionnelles, car perdre la tradition, c’est tout perdre.» Un message qui a trouvé écho auprès des habitants de Kogho, déterminés à préserver leur culture et leur identité. En effet, le bengdo a attiré des délégations venues de tout le pays.

La jeunesse a également marqué l’événement en débutant les festivités par un cross populaire, symbolisant la vitalité et l’énergie de la nouvelle génération. Des communications sur l’histoire de Kogho ont permis aux jeunes de comprendre leur héritage culturel. Dans son discours, Naba Sigri a formé des vœux de santé pour la population, de paix et de sécurité pour le Burkina Faso, tout en souhaitant plein succès aux autorités dans leur dynamique de valorisation de la chefferie coutumière.
Achille ZIGANI

