Écho des réseaux sociaux : Les internautes réagissent à la décision d’imposer une taxe sur les parcelles non mises en valeur 

En projetant de modifier le Code général des impôts, le gouvernement burkinabè a décidé hier 4 septembre 2025 d’introduire une taxe sur les parcelles non mises en valeur; laquelle va varier de 750 à 1 000F le mètre carré selon la zone. Aussi, cette taxe va augmenter de 20% chaque année. Il n’en a pas fallu plus pour que la décision fasse les choux gras des réseaux sociaux. Si certains internautes apprécient la mesure, d’autres la réprouvent en prenant l’exemple du fonctionnaire qui achète une parcelle grâce à un prêt qu’il doit d’abord finir de rembourser avant de solliciter un autre prêt pour la mise en valeur de sa parcelle. Bref, nous vous proposons ci-dessous un florilège de réactions d’internautes sur la question. Lisez !

« Il n’arrive à l’homme que ce que Dieu a voulu. Que sa volonté soit faite ! Est-ce que nous sommes tous dans le même Burkina Faso que vit la majorité ? Tous les agents de la Fonction publique qui ont une parcelle, l’ont eue grâce à des prêts bancaires de plusieurs années. Pendant ces années de remboursement, où vont-ils encore trouver de l’argent pour la mise en valeur de ce terrain? L’État pouvait avoir de l’argent auprès des maisons commerciales telles que les celibatruims, les mini villas, les immeubles et auprès de ceux qui ont construit des magasins devant leur porte et mis en location. L’État pouvait les taxer à hauteur de 15% de leur loyer annuel, puisque c’est commercial. A ce rythme, les non-lotis auront de beaux jours devant nous ici », a réagi un internaute, enseignant de lycée dans la Fonction publique.

Avant que ne s’ensuive une brochette de réactions d’autres internautes : « À partir du moment où il y a les non lotis, c’est mieux d’aller là-bas que de payer une parcelle sans pouvoir la mettre en valeur », « La taxation facile, peu importe les conséquences sur le consommateur. Aucune ingéniosité ! Quand même ! », « Un système très méchant », « On va tous chier des pointes », « Attendons de lire le contenu de la mesure pour voir s’il n’y a pas une exonération pour une certaine durée. Sinon, c’est bonjour les non lotis qui n’existent pratiquement plus », « Mon souhait est que l’État fixe lui-même le prix des parcelles à usage d’habitation comme à usage commercial. L’État pouvait fixer le prix du mètre carré selon l’usage. Ça pourrait stopper la flambée des prix des parcelles. Personne n’a arrosé la terre ou ne l’a entretenue pour qu’elle produise d’autres terres. Donc, il est hors de question qu’un individu prenne la terre pour en faire un fonds de commerce, pour spéculer. Les parcelles doivent être accessibles au Burkinabè moyen. C’est à l’État de jouer son rôle », « C’est ça la révolution progressiste. Nous progressons; s’il y a des gens qui tombent, tant pis pour eux. Nous, on s’en va seulement ».

Et ce n’est pas tout. D’autres internautes ne manquent pas d’arguments pour se prononcer sur le sujet. « Comment mettre en valeur une parcelle dans une zone non viabilisée? Je parle du nouveau lotissement de Kaya », « Je pensais qu’il y avait un texte qui oblige les gens à mettre en valeur leur parcelle dans un délai de cinq ans. Normalement, ces taxes doivent être appliquées après l’expiration de ce délai », « Je pense que ça concerne un certain lot de parcelles prédéfinies. Moi-même, je ne comprends pas par moments ceux qui réfléchissent pour nous faire certaines propositions », « Ce qui est sûr, aucune autorité ne subira les conséquences de la mesure et c’est le plus important! Sinon, nous autres là, on peut retourner au village hein! De toutes les façons, c’est pas forcé de vivre en ville », martèlent d’autres internautes à travers des réactions contrastées.

C’est le même constat de contraste que nous avons fait dans la suite des réactions d’autres internautes. « On cible certainement les spéculateurs, les gros acheteurs, afin de les pousser à se débarrasser de leurs nombreuses parcelles. Mais le problème est que ça impacte aussi les pauvres gens qui n’ont qu’une parcelle et attendent d’avoir les moyens pour la mise en valeur. Ça aurait été judicieux de donner un certain nombre de terrains à posséder au-delà duquel on doit taxer », « Trop de terrains vides en plein centre-ville, il faudrait adopter une autre mentalité si on veut le développement. Le cas cité ne concerne pas tout le monde alors que la loi si… », « Ça sera vraiment compliqué, l’idée est à analyser », « A la limite les fonctionnaires et d’autres couches moyennes n’auront plus droit à une parcelle. Certes, cette mesure vise un objectif qui est là valorisation des parcelles mais n’oublions pas la réalité derrière certaines parcelles non mises en valeur. Au Burkina, pour une couche importante de la population, il faut 2 phases pour mettre en valeur une parcelle. Moi, mon problème, jusque-là je ne vois pas l’effort de l’État pour résoudre le problème du foncier. C’est le citoyen qui paie d’abord les pots cassés », a-t-on pu lire çà et là sur les réseaux sociaux.

Enfin, 5 autres internautes dont nous avons retenu les réactions, abondent presque dans le même sens que les précédents. « On se demande souvent si certains conseillers du Prince vivent la réalité de nos quotidiens », « C’est vraiment dur pour le monde fonctionnaire qui va passer de prêt en prêt pendant des années pour acheter une parcelle, payer les taxes avant sa construction. Ça devient insupportable ces taxes », « Une décision hors-sol vraiment », « C’est normal de le faire et c’est précisé que c’est par zone. Donc, n’ayez pas peur; l’État connait son travail », « Une manière de nous dire de rester dans nos non-lotis », ont-ils réagi. Comme on peut le constater, les citoyens sont partagés entre approbation, réprobation et indignation face à la décision prise en conseil des ministres. Dès lors, une opération de communication gouvernementale spéciale s’impose pour mieux expliquer le contenu du projet afin de susciter l’adhésion populaire. Le cas échéant, vu le contexte économique national morose marqué par la galère ambiante, l’État serait bien inspiré de reconsidérer certaines dispositions du projet ou de différer tout simplement la mise en œuvre de celui-ci.

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