L’entrée en lice des Étalons dans la CAN Maroc 2025 face à l’équipe nationale de la Guinée équatoriale a failli respecter la tradition et être à l’image de certaines de ses premières sorties dans cette compétition africaine. Ce, en se référant à la 85e minute du match où le sort était quasi cruel pour les Étalons du Burkina qui perdaient le match car dominés au score par la Guinée équatoriale à travers un score d’un but à zéro, un but marqué contre le cours du jeu.

Après une première mi-temps quelque peu fade et équilibrée entre les deux équipes, ce sont des Étalons survoltés qu’il a été donné de voir en seconde mi-temps, facilités en cela par une supériorité numérique acquise grâce à un carton rouge écopé par un adversaire, en l’occurrence Basilio Ndong à la 50e minute. Conséquence, une ultra domination burkinabè et un siège permanent des buts équato-guinéens. Mais somme toute, une domination stérile : les Étalons ont beau dominer territorialement le match en exploitant majoritairement les jambes de feu de Dango Ouattara sur l’aile gauche pour créer mille fois le danger dans le camp adverse, le manque de réalisme aura été la triste valeur partagée par les Étalons qui ont passé leur temps à vandager leurs actions de but face à un bloc défensif cramoisi. Les Étalons offraient ainsi l’image d’une équipe dénuée de spontanéité, de malice, riche en inefficacité chronique et pauvre en véritable tueur de match. Mais pour les superstitieux, Bertrand Traoré et les siens paraissaient ainsi pour des joueurs contre lesquels s’acharne le sort d’une malédiction qu’il convient de conjurer.

Il a fallu que les Étalons soient touchés dans leur amour-propre pour sortir de leur léthargie

C’est à ce moment où l’on s’acheminait vers un match nul au score vierge et aux allures de victoire pour la Guinée équatoriale qu’intervient la douche froide pour les Étalons qui encaissent un but sur un coup de tête équato-guinéen consécutif à un corner. Très peu sollicité pendant le match, le gardien burkinabè Hervé Koffi dont la cage venait d’être violée, apprenait ainsi qu’il faut se méfier de la bête blessée mais capable de réveil ravageur porteur de substances lacrymogènes. Au-delà de la tristesse sur le visage des Étalons apparemment prostrés sur la pelouse, c’est le dépit chez toute une nation burkinabè qui retient son souffle, de Niangoloko à Tansarga en passant par Lanfiéra et Ankouna.

À l’opposé, les Equato-guinéens se revigorent sur le terrain, offrant parfois l’image d’une équipe difficile à rattraper au score et disposée à faire le break pour le coup de grâce. Il s’ensuit 13 minutes restantes de jeu de folie à ascenseur émotionnel subit, les Étalons ayant décidé de faire preuve de sursaut d’orgueil dans ce qui s’apparente à un baroud d’honneur, au regard du peu de temps de jeu restant. Cette fois-ci, les actions multipliées dans le camp adverse avec spontanéité et fighting spirit vont payer par 2 fois : Georgi Minoungou à la 95e minute et Edmond Tapsoba à la 98e (dernière minute du match) à travers un coup de tête rageur qui met le ballon au fond des filets équato-guinéens, scellant la victoire (2 buts à 1) in extremis des Étalons qui reviennent de loin. C’est la résurrection d’avant-Noël !

Quel scénario fou empreint de sensations diverses ! L’on retiendra de ce match que le football était et reste toujours le domaine des incertitudes où le bousier peut se permettre de toiser la lionne à la crinière qui tient d’épouvantail. L’on retiendra également qu’il a fallu que les Étalons soient touchés dans leur amour-propre pour sortir de leur léthargie et de ce qui s’apparentait à une maladie chronique d’inefficacité offensive qui a failli nourrir bien des regrets…

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