Fin des matchs de poule ! Durant près de 2 semaines, du 13 au 24 janvier, les 24 équipes engagées dans la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ont montré de quoi elles sont capables sur le rectangle vert. Au terme de la phase des matchs de poule, 8 équipes ont été contraintes à ramasser leurs valises pour regagner le pays d’origine, tandis que 16 autres ont reçu le ticket pour la suite de la compétition, notamment les 8e de finale dont le début est prévu pour le samedi 27 janvier.
Parmi les premières citées, on peut relever le Ghana, la Tunisie, l’Algérie, la Guinée Bissau, la Zambie, la Tanzanie, la Gambie et le Mozambique. Quant aux autres, notamment les équipes qualifiées, leur qualification a permis de déboucher sur les confrontations suivantes pour les 8e de finale en perspective : Angola-Namibie, Nigeria-Cameroun, Guinée équatoriale-Guinée, Egypte-RD Congo, Mauritanie-Cap-Vert, Sénégal-Côte d’Ivoire, Mali-Burkina et Maroc-Afrique du Sud. Après cette étape marquée par des duels épiques et sans merci, l’heure est à l’intermède pour récupérer des forces et aussi au bilan à mi-parcours pour corriger les imperfections constatées. En termes de décryptage, d’une manière générale, cette édition de la CAN a été le théâtre de la débâcle des favoris qui ont vu leur notoriété fondre comme du beurre en Eburnie, à commencer par le pays organisateur lui-même (la Côte d’Ivoire) qui a été méconnaissable et dû se contenter du soutien du Maroc pour se qualifier in extremis en 8e de finale à travers la victoire (1-0) de celui-ci sur la Zambie. En tout cas, les Eléphants n’ont pas eu suffisamment de défense – avec une inefficacité chronique dans le secteur offensif – pour éviter de trébucher (1 à 0) contre le Nigeria et de s’écrouler (4 à 0) face à la Guinée équatoriale.

Un autre favori non des moindres qui a déçu plus d’un spectateur, c’est le champion d’Afrique 2019, c’est-à-dire l’Algérie qui est sortie tôt de la compétition avec 2 points au compteur. Une sorte de remake de l’édition de 2021 tenue au Cameroun. La 3e équipe favorite qui a déchanté, c’est bien la Tunisie qui, pour la 1ere fois en 11 ans, n’a pas réussi à franchir l’étape de la phase des poules avec un jeu statique. Enfin, le 4e favori qui a rejoint le bercail après avoir montré qu’il ne sait pas conserver son avantage au score, c’est le Ghana ou les Blacks stars dont les étoiles noires ont été éteintes par l’Egypte et le Mozambique contre lesquels elles ont réussi l’exploit maladroit de se faire rejoindre à 2 reprises au score. Ce, alors qu’à 2 minutes de la fin du match contre le Mozambique, elles étaient qualifiées pour les 8e de finale. Que nenni !

Conséquence : les 4 grandes nations de foot sus-citées ont donné un coup de canif au contrat les liant à leur entraîneur. Fin de contrat donc, même si l’entraîneur algérien Belmadi est celui-là même qui a offert à l’Algérie, la coupe en 2019. C’est la loi capitaliste du football. A contrario, les favoris comme le Sénégal, le Mali, le Maroc et le Cameroun ont confirmé leur statut et pu tirer leur épingle du jeu pour se hisser en 8e de finale. Toutefois, même si les favoris et outsiders comme l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Burkina et le Nigeria ont pu se qualifier, il faut noter que cela s’est fait dans la douleur et qu’ils n’ont vraiment pas convaincu sur le terrain. Sauront-ils reprendre du poil de la bête lors de la suite de la compétition ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite…
Ce sont les nations de football réputées faibles qui ont véritablement donné du relief à la compétition
Au risque de se tromper, on peut affirmer que ce sont les nations de football réputées faibles sur le papier qui ont véritablement donné du relief à la compétition et à celle-ci son caractère de fête populaire pour égayer les spectateurs. Les surprises ont en tout cas été la marque de fabrique de cette édition de la CAN. Il suffit de jeter un regard sur le classement des poules pour s’en convaincre. Qui aurait cru que la Guinée équatoriale pouvait occuper la 1ere place devant la Côte d’Ivoire et le Nigeria ou encore étriller les Eléphants par 4 buts à 0 ? Qui aurait aussi cru que le Cap-Vert pouvait occuper la 1ere place devant l’Egypte et le Ghana, battre ce dernier et l’éjecter de la compétition ? Qui pouvait également s’imaginer qu’une équipe comme la Namibie se qualifierait pour la 1ere fois de son histoire devant les Aigles du Carthage qu’elle a contraints à un retour prématuré à Tunis ? Même la qualification de la Mauritanie au dépend de l’Algérie relève d’une énorme surprise.

A cela s’ajoute la virevoltante Angola qui a réussi à occuper la 1ere place en faisant un pied de nez aux Etalons du Burkina et aux Fennecs d’Algérie. Sans oublier les scorpions de la Gambie qui ont livré un match d’anthologie face aux Lions du Cameroun auxquels ils ont tenu la dragée haute avant de s’incliner dans les dernières minutes et de quitter Abidjan. Bref, la liste est longue et honorable… En vérité, à travers leurs actions de classe, vivacité, réalisme, buts mémorables, etc., ces équipes ont créé la sensation, montré qu’elles ont progressé et que les favoris ne sont que des tigres sur papier. C’est à elles que les spectateurs doivent les véritables animations et émotions multiformes vécues dans les 4 coins du monde à travers Abidjan et le ballon rond. Elles ont prouvé qu’elles ne se sont pas rendues en Côte d’Ivoire pour faire du tourisme, notamment visiter la basilique, contempler les plages et danser le zouglou, encore moins le mapouka.

Chapeau bas tout simplement à ces équipes qui ont fait voir des vertes et des pas mûres au gotha du football africain. Tout ce qu’on attend d’elles pour la suite de la compétition, c’est qu’elles continuent d’enjoliver nos quotidiens avec des spectacles enchanteurs pour la beauté du football et partant, de la vie d’une manière générale. Et avec les affiches alléchantes en perspective, les amoureux du ballon rond se pourlèchent donc les babines…
Adama KABORÉ

