Burkina : Le mausolée Sankara inauguré en présence d’une immense foule

C’est désormais officiel. Le Premier ministre, Emmanuel Ouédraogo, a procédé ce 17 mai 2025, à Ouagadougou à l’inauguration du mausolée. C’était en présence des membres du gouvernement burkinabè, d’autres personnalités du Burkina, de celles de pays étrangers et d’un public sorti nombreux à l’occasion. Allocutions, coupure de ruban, visite guidée du mausolée, pose de gerbe de fleurs, ont été entre autres, les moments forts de la cérémonie.

Une vue du public sorti nombreux à l’occasion

C’est en présence de ses homologues du Sénégal, Ousmane Sonko, et du Tchad, Allah-Maye Halina, que le Premier ministre burkinabè a procédé à l’inauguration du mausolée qui immortalise davantage la mémoire du capitaine-président Thomas Sankara. Sans oublier la forte délégation haïtienne, celle du Ghana, de la Mauritanie et des 2 autres pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) que sont le Niger et le Mali. Prenant la parole, le colonel-major à la retraite Daouda Traoré, président du comité du mémorial international Thomas Sankara, a salué les valeurs de « l’homme d’exception » que fut Sankara, tout en fustigeant les « médiocres » qui sont à l’origine des « tragédies des peuples ». « Je veux que l’on garde de moi, l’image d’un homme qui a mené une vie utile, disait Sankara », a rappelé M. Traoré.

Le Premier ministre, Emmanuel Ouédraogo, prononçant l’allocution du président Ibrahim Traoré

Se félicitant de la concrétisation du projet, il a souligné que ce dernier va contribuer à l’attractivité du Burkina sur le plan international. « Des millions de gens viendront se remémorer ici », a-t-il prophétisé. Avant de remercier le président du Faso, Ibrahim Traoré, à qui le comité a remis le flambeau de la poursuite de l’œuvre de Sankara lors de son arrivée au pouvoir et qui a su porter la responsabilité à lui confiée. L’occasion faisant le larron, il a égratigné les « nègres de salon » et les « apatrides » qui tentent de saper la transition en cours au Burkina et invité la population à soutenir la dynamique en cours dans les pays membres de l’AES.

Le public a pris d’assaut l’intérieur de l’infrastructure dont l’architecture est l’œuvre du Burkinabè Diébédo Francis Kéré

« Sankara n’appartient plus qu’au Burkina. Il appartient à toute l’Afrique et à l’humanité »

Pour sa part, le Premier ministre, Emmanuel Ouédraogo, prononçant le discours du président Traoré, a aussi fustigé la persistance des pratiques impérialistes contre lesquelles Sankara était engagé; lesquelles nourrissent « toujours le même dessein funeste » de domination de nos États. Et en tant que « porteur du flambeau » du combat mené par Sankara, les autorités actuelles ont décidé d’œuvrer dans le sens du « refus de domination de l’impérialisme, du néo colonialisme et ses avatars », tel « le terrorisme ». Exactement comme le 17 mai 1983 où la population consciente était sortie pour marquer sa solidarité à Sankara emprisonné et rejeter les politiques publiques impérialistes de l’époque.

Photo de famille entre les officiels à la fin de la cérémonie

Selon lui, « l’inauguration du mausolée n’est que le point de départ du mémorial Thomas Sankara de 14 ha avec bien d’autres infrastructures ». Lequel fera du site un lieu de souvenirs et de recueillement à travers un projet qui se veut « populaire et panafricain ». Car, soutient-il, « Sankara n’appartient plus qu’au Burkina. Il appartient à toute l’Afrique et à l’humanité ».

La tribune officielle a refusé du monde

Aussi, précise-t-il, « le mémorial n’est pas qu’une simple bâtisse ». Bien au contraire, il témoigne de « l’intégrité restée vivace et la résilience face à l’usure du temps ». C’est pourquoi il a salué la persévérance de tous les acteurs dont les efforts, malgré les hostilités diverses, ont permis de concrétiser ce projet réalisé dans la patience. Toutefois, il a tenu à mentionner que « ce n’est pas par nostalgie du passé » que le public est sorti pour rendre hommage, une énième fois à Sankara. Poursuivant l’allocution du président Traoré, il a ajouté que celui-ci s’engage à immortaliser davantage les 12 compagnons d’infortune de Sankara. « J’ai décidé de baptiser des rues au nom de chacun des 12 compagnons tombés de Sankara », a-t-il affirmé.

Le public en pleine randonnée pour découvrir l’intérieur du mémorial, après la cérémonie

Séance tenante, c’est au Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Ouagadougou, Maurice Konaté, qu’il a été échu la responsabilité de dévoiler les rues et les 12 compagnons concernés : Paulin Bamouni, Frédéric Kiemdé, Oualilaye Ouédraogo, Noufou Sawadogo, Emmanuel Bationo, Abdoulaye Gouem, André Somda, Christophe Saaba Relwendé, Bonaventure Compaoré, Sibiri Patrice Zagré, Amadou Sawadogo et Patendé Soré. Enfin, c’est 21 coups de canon qui ont accompagné la fin de cette énumération faite le PDS Konaté.

Adama KABORÉ

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