Accompagné de ses plus proches collaborateurs, le ministre des Infrastructures et du désenclavement, Adama Luc Sorgho, est allé constater de visu l’état d’avancement des travaux des voies de contournement de la ville de Ouagadougou. C’était le 11 janvier 2024. Long de 125 km et débuté en 2019, ce projet présente actuellement un taux de réalisation de 87% et la fin des travaux est prévue en 2024.
Dans le souci constant de désengorger les artères principales de la ville de Ouagadougou afin de répondre à la problématique de mobilité et de fluidité du trafic sur les grands axes routiers, mais également de la sécurité des usagers et riverains des routes, le gouvernement du Burkina Faso a conclu un contrat de Partenariat public-privé (PPP) avec le groupe EBOMAF. Dans ce contrat, il s’agit de la réalisation de travaux de construction et de bitumage de l’autoroute de contournement de la ville de Ouagadougou dont le coût s’élève à 237 060 975 129 F CFA TTC avec un délai d’exécution de 48 mois hors saison des pluies, soit 36 mois pour le marché de base et 12 mois pour l’avenant. Ainsi, le projet est financé par l’Entreprise EBOMAF à travers un prêt structurant de 10 ans de maturité dont 2 ans de différé. Il s’étend sur un linéaire de 125 km en 2×2 voies et répartis en (2) tronçons : le contournement Nord reliant la Route nationale 1 (RN1), la RN2, la RN22, la RN3 et la RN4 et le contournement Sud reliant la RN4, la RN5, la RN6 et la RN1. Il débute dans le village de Yimdi dans la commune de Tanghin-Dassouri sous forme de rocade, passe par les provinces du Kadiogo, Kourwéogo, Oubritenga et Bazèga et traverse les communes rurales de Tanghin-Dassouri, Sourgoubila, Pabré, Loumbila, Saaba, Koubri, Saponé, Komsilga et l’arrondissement n°4 de Ouagadougou.

Les travaux à réaliser pour ce projet comprennent notamment, le nettoyage, curage et débroussaillage de l’emprise, la couche de fondation en graveleux latéritique amélioré au concassé pour chaussée et amorces, la couche de base en grave bitume de 10 cm d’épaisseur; le revêtement en béton bitumineux de 5 cm d’épaisseur, les ouvrages de drainage et d’assainissement, la construction de passages inférieurs aux croissements avec les rails de Kaya et Bobo, l’aménagement des carrefours giratoires aux croissements avec les routes nationales, la signalisation et l’équipement, le déplacement de réseaux, les mesures environnementales, etc. Lancé en 2018 par le président Roch Kaboré, c’est en 2019 que les travaux ont véritablement commencé du fait de plusieurs facteurs : la libération tardive de l’emprise des travaux, l’augmentation importante du volume des travaux, le ralentissement des travaux suite à la survenue de la Covid-19, les difficultés d’approvisionnement en carburant, le retard dans le paiement des décomptes. « Il y a eu énormément de difficulté. Je pense que beaucoup de gens n’ont pas compris le décret d’utilité publique qui a été pris par le gouvernement. Nous avons énormément des procès auxquels nous répondons par rapport à ce chantier », a confié le président directeur général de EBOMAF, Mahamadou Bonkoungou, au terme de la visite des travaux. Avant de poursuivre : « Au-delà de cela, il y a eu la COVID-19 qui a paralysé le chantier pendant presqu’un an. Il se trouve aussi que c’est un PPP avec des prix non révisables. A ce jour, il y a l’inflation qui multiplie le prix de l’achat des matériaux par 10 qui est supporté par l’entreprise ».

« Un avancement de 87% contre 75% de délai consommé »
Malgré les difficultés rencontrées, la visite a permis de constater une avancée significative sur le terrain : dalots réalisés (175 unités terminées sur un total de 177) ; 2 ponts sur 3 terminés ; caniveaux réalisés soit 5424 ml posés sur les 20 124 ml produits ; remblai terminé sur 110,300 km; fondation terminée sur 104,900 km; grave bitume terminé sur 103,050 km; béton bitumineux terminé sur 100,350 km, etc. Débutée au niveau du carrefour de la RN2 (sortie route de Ouahigouya en partance de Ouagadougou dans la commune rurale de Sourgoubila), la sortie s’est poursuivie sur la RN22 à partir de Pabré. Après quoi, cap a été mis sur la RN3 aux encablures de Loumbila, puis la RN4 à Gampela avant de rallier la RN5 à l’entrée de Koubri. Avant de boucler la boucle sur la RN6 à Goulbi et la RN1 à savoir la route de Bobo. A en croire le patron de EBOMAF qui espère finir les travaux cette année, « Nous sommes dans le délai car nous avons un avancement de 87% contre 75% de délai consommé. Les travaux avancent très bien dans les règles de l’art ».

Au terme de cette visite marathon, les travaux restants à réaliser concernent 17 km et sont situés entre la RN1 et RN2. De quoi réjouir le ministre des Infrastructures, Adama Luc Sorgho, pour qui, les travaux s’exécutent conformément au planning prévu. «Nous avons procédé à la destruction d’un certain nombre d’installations anarchiques sur la voie. Cette sortie nous a permis de voir l’état d’avancement des travaux et de permettre à l’entreprise de booster ses travaux et d’aller plus vite », a-t-il affirmé. « Ils sont dans le délai et nous sommes satisfait. La finition de la route va permettre la fluidité de la circulation à Ouagadougou », a conclu le ministre. Satisfecit partagé par le Directeur général des infrastructures routières, Grégoire Aimé Yaguibou, selon qui, « c’est une première pour le Burkina Faso d’avoir des voies qui ont ces caractéristiques et réalisées par une entreprise locale ».
Aïcha SINARE
Article publié dans la parution du 16 janvier du journal La Nation en marche

