L’écrivain Abraham Abassagué était à l’honneur le lundi 13 avril 2026 au CENASA à Ouagadougou, à l’occasion de la cérémonie de dédicace de son livre « Le Dernier Sacrificateur ». L’événement, qui a réuni plusieurs personnalités du secteur culturel et artistique, a permis à l’auteur d’échanger avec son public autour de son œuvre.
Après la parution de ses deux ouvrages « Tiébélé » (2020) et « Abadjé ou la résistance des Kasna » (2024), Abraham Ousséna Abassagué a enrichi sa production littéraire burkinabè avec un troisième livre intitulé « Le Dernier Sacrificateur ». En effet, ce roman tragique de 10 chapitres et 166 pages aborde la thématique des sectes avec son corollaire de sacrifices, d’abus d’autorité, de quête de richesse et d’ascension sociale. Ainsi, les premières lignes de l’ouvrage plantent le décor de l’histoire qui se déroule en 1978 au quartier Zogona de Ouagadougou à la résidence du maire, mettant en scène le couple Frédéric et Sarah qui sont les personnages principaux. Avec la quête de richesse et d’ascension sociale, Frédéric fait la sourde oreille face aux mises en garde de son épouse Sarah et intègre une secte dénommée « Namoungou ». Puis, il est victime de pratiques macabres en étant tué avec sa fille. Chose qui amène sa jeune femme Sarah à la vengeance afin que les siens reposent en paix.

Le livre d’Abassagué aide à mieux comprendre les expériences humaines et appelle le lecteur à réfléchir avant de faire ses propres choix. Et Abraham Abassagué de souligner que le roman s’est aventuré sur un terrain connu du grand public, afin d’inciter les uns et les autres à une réflexion. Il ne s’agit pas, a-t-il dit, de faire l’apologie de la pauvreté. Mais, a-t-il expliqué, c’est d’encourager plus la quête de la richesse et de la gloire dans la droiture, la justice qui se fait en suivant le bon chemin et qui respecte les valeurs de notre société. << La réussite, le besoin d’avoir plus d’argent, de dominer, peut pousser à passer par certaines voies. Et nous exposons ici un cas, parce que généralement beaucoup ne voient pas les tenants et les aboutissants, ils ne voient que le résultat >>, a-t-il déclaré, avant d’expliquer qu’il s’agit de montrer jusqu’où ce genre de pratiques peut conduire.

Par ailleurs, Abraham Ousséna Abassagué entend, à travers cela, inculquer le goût de la lecture aux plus jeunes. Pour le critique littéraire Parfait Ilboudo, le contenu commence avec un épilogue. Et d’ajouter que la matière du livre se dévoile dès le troisième chapitre. Le narrateur du roman parle d’un phénomène social à savoir les sectes, narrant l’histoire comme un témoin. M. Ilboudo évoque la particularité du style de l’auteur qui dévoile le contenu dans le subconscient du lecteur. << C’est un narrateur omniscient >>, a-t-il critiqué, avant de poursuivre que l’écrivain s’appuie plus sur le rêve pour dévoiler l’intrigue. Pour lui, M. Abassagué refuse les conventions narratives et se rapproche du courant littéraire hétérodiégétique où le narrateur raconte une histoire à laquelle il ne participe pas comme personnage. Selon ce critique, le rapport avec la réalité est manifeste.

L’auteur a pleinement joué son rôle d’éducateur
Aux dires de M. Ilboudo, à l’image des ouvrages Tiébélé et Abadjé, l’auteur aborde la culture de son pays. Toute chose qui lui fait dire que l’imaginaire n’existe pas dans les mots de l’auteur. Il a apprécié à sa juste valeur le courage de l’auteur de mettre en évidence les pratiques des sectes avec des conséquences entraînant des victimes innocentes. Il a poursuivi en notant que le roman de M. Abassagué est d’une forme particulière qui suscite de la peur au lecteur, à la limite tragique. En faisant un rapprochement avec les romans de Sony Labou Tansir, Olympe Bhely Quenum, Parfait Ilboudo a tranché sur l’idée que la tragédie n’est pas l’apanage des Grecs si bien que « Le Dernier sacrificateur » ne semble pas déroger à la règle.

Selon M. Ilboudo, l’œuvre traite des personnages de rang élèvé, d’où le constat d’un niveau de langue soutenu du livre. Il a salué les valeurs qui sont prônées dans l’œuvre telles que le respect de la vie humaine, l’intégrité dans la quête de la richesse, etc. Et M. Ilboudo de lancer : << Dès l’instant que ce livre parle de nous, nous devons le lire pour ne pas se retrouver dans la situation de Frédéric >>. Car, martèle le critique littéraire, l’auteur a pleinement joué son rôle d’éducateur à travers ce chef-d’œuvre. « La quête du pouvoir et de la richesse amène certaines personnes à poser des actes inhumains, à faire l’inouï pour y parvenir et cela engendre des situations déplorables, que ce soit pour ceux qui posent ces actes ou leur entourage. Nous espérons qu’à travers ce livre, beaucoup de personnes prendront le juste chemin pour l’acquisition des richesses », a-t-il ajouté. En rappel, « Le dernier sacrificateur » est édité aux éditions Hector Adams et est disponible au prix de 5 000 F CFA dans toutes les librairies de la place et au CENASA.
Achille ZIGANI

