Des militaires ont annoncé à la télévision tôt ce dimanche avoir «démis de ses fonctions» le président Patrice Talon. Selon l’entourage du dirigeant, la situation est sous contrôle et les mutins ont été repoussés de la résidence présidentielle.

Une tentative de coup d’Etat qui tourne court. Des militaires ont occupé le siège de la télévision publique à Cotonou, au Bénin, tôt ce dimanche 7 décembre, et annoncé avoir «démis de ses fonctions» le président, Patrice Talon. Mais le dirigeant de 67 ans, qui doit passer la main en avril prochain après dix années au pouvoir, est en sécurité, et l’armée reprend progressivement le contrôle de la situation. Selon le média spécialisé Jeune Afrique, les putschistes ont d’abord tenté de prendre d’assaut la résidence de Patrice Talon à Cotonou, capitale économique et plus grande ville du Bénin. Ils ont été repoussés. Des hélicoptères survolent désormais la cité portuaire, quadrillée par les soldats.

«Il s’agit d’un groupuscule de personnes qui ont uniquement la télévision. L’armée régulière reprend le contrôle. La ville et le pays sont totalement sécurisés, le président et sa famille aussi», déclare à l’AFP une source militaire proche du pouvoir. A la télévision, les putschistes, qui seraient dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, ont déclaré avoir mis en place un «comité militaire pour la refondation». Ils ont annoncé la suspension de la Constitution et de toutes les institutions et partis politiques, ainsi que la fermeture des frontières du Bénin. Causes de leur rébellion, ont-ils expliqué, «la gouvernance de Patrice Talon et la privation de certains citoyens de leur droit de faire le choix de leur candidat», mais aussi le «vote de lois crisogènes» et l’incarcération ou «le renvoi en exil de certains citoyens».

L’ambassade de France a rapporté sur le réseau social X que «des coups de feu ont été signalés à Camp Guezo, à proximité du domicile du président de la République», à Cotonou. Elle a appelé les Français à rester à leurs domiciles «par mesure de sécurité». Réélu en 2021, Patrice Talon ne se représente pas lors de la prochaine élection présidentielle, qui aura lieu en avril. Il a désigné un dauphin en la personne de Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances depuis 2016. Le principal parti d’opposition est écarté de la course qui opposera la formation au pouvoir et un opposant dit «modéré». S’il est salué pour le développement économique du Bénin, Patrice Talon est régulièrement accusé par ses détracteurs d’avoir opéré un virage autoritaire dans un pays autrefois salué pour le dynamisme de sa démocratie.

Source : Liberation

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