Hormis la formation des cadres de l’État, l’Université Aube Nouvelle contribue autrement au développement de la nation à travers un forum. L’ouverture de son 4ᵉ colloque international placé sous le thème « Intelligence artificielle et développement en Afrique : enjeux, opportunités et menaces » est intervenue le mercredi 29 octobre 2025 au sein de l’université. Ce, sous le parrainage du ministre des Affaires étrangères, Jean-Marie Karamoko Traoré, et la présidence de la ministre chargée de la transition digitale, Aminata Sabané/Zerbo. Et un parterre d’invités.
Prévu pour durer jusqu’au 31 octobre 2025, le colloque vise à faire le point des outils d’intelligence artificielle les plus adaptés aux organisations en Afrique et de proposer des solutions pratiques pour optimiser le processus organisationnel et décisionnel. Malgré les avantages découlant de l’usage de l’Intelligence artificielle (IA), il y a lieu de s’inquiéter de ses conséquences néfastes sur la société africaine. Et Aube Nouvelle et ses partenaires entendent contribuer à dissiper ces inquiétudes, par la maîtrise du phénomène de l’IA dans ses divers démembrements. Durant 72 heures, ce cadre de rencontre qui réunit plus de 55 experts de plusieurs pays (Canada, Allemagne, France, Burkina Faso, Sénégal, Bénin, Niger, Mali) avec 11 communications, se veut une occasion pour mener une réflexion sérieuse et approfondie sur les défis, les opportunités et les enjeux du domaine.

Dans son discours d’ouverture, la ministre de la Transition digitale, Aminata Sabané/Zerbo, s’est réjouie de la tenue de la présente édition et de l’innovation autour d’un sujet majeur de notre époque. Et d’affirmer que le gouvernement burkinabè a fait le choix de tirer profit des avantages de l’intelligence artificielle. Elle a fait savoir que l’intelligence artificielle a créé un bouleversement profond des habitudes socio-professionnelles. Cela, a-t-elle souligné, a entraîné une obligation aux entreprises à une réinvention et un repositionnement des États. Une telle chose, a-revelé M.Sabané, qui est une source d’opportunités dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’éducation.

Pour elle, l’intelligence artificielle offre « une opportunité de développement et de croissance ». Mais, « l’immatériel a des conséquences matérielles », a-t-elle souligné, avant d’inviter l’ensemble des acteurs à la maîtrise de cet outil afin de minimiser les risques qui peuvent être occasionnés par une mauvaise utilisation de l’IA. « Il nous en faut une exploitation responsable afin qu’elle demeure au service de l’homme », a-t-elle confié. Tout en assurant attendre des résolutions fortes au terme des communications des experts, la ministre a souhaité des travaux fructueux pour discuter des défis et élaborer des stratégies pour les surmonter afin d’envisager la garantie de l’IA et sa contribution à la construction d’une société plus équitable, éthique, durable et souveraine en Afrique. C’est pourquoi elle a apprécié cette constance dans la tenue du colloque international par l’université.
« Si l’Afrique a manqué la révolution industrielle, nous ne pouvons pas aussi manquer le rendez-vous de la révolution numérique »
Pour sa part, le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, le conseiller technique Ahmed Djiga, tout encourageant la tenue du 4e colloque, soutient que son organisation tombe à pic dans une société en pleine mutation. Car, selon ses dires, l’IA s’est imposée dans notre quotidien. Sans manquer d’évoquer ce bouleversement planétaire, elle a fait savoir que c’est un outil puissant de souveraineté de développement social. Le hic, a mentionné M. Djiga, si elle est mal manipulée, l’on s’expose à des conséquences dommageables. Formant le vœu d’avoir des échanges fructueux de cette rencontre, il a encouragé les participants à faire de l’IA une chance pour l’Afrique et bon une menace.

Quant au parrain de la cérémonie, le ministre chargé des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, il a apprécié à sa juste valeur le choix porté sur le sujet de l’IA qui fait partie de nos jours des grands défis de l’Afrique. Mieux, a-t-il fait savoir, il convient de ce fait d’être des acteurs plutôt que d’en être des sujets. « Si l’Afrique a manqué la révolution industrielle, nous ne pouvons pas aussi manquer le rendez-vous de la révolution numérique », s’est-il exprimé, tout en considérant que cette réunion se veut plus un cadre d’aide à la décision en vue de fortifier la place de l’Afrique dans la revolution numérique.

Prenant la parole à son tour, le président directeur fondateur de l’université Aube nouvelle, Isidore Gnatan Kini, a relevé que ce colloque est une contribution au niveau national de l’université dans le but de participer à la vie de la nation et à la résolution des diverses préoccupations des personnes. Et de signaler au passage que la thématique de l’IA constitue une préoccupation à l’échelle mondiale. Selon lui, le Burkina Faso, en tant que pays africain, doit être au diapason de l’avancée technologique à travers notamment l’usage raisonnable de l’intelligence artificielle. Enfin, une distinction en guise de reconnaissance à des personnes-ressources a mis fin à la cérémonie d’ouverture du 4e colloque international. Parmi les personnalités honorées, l’on note l’ancien maire de la commune de Ouagadougou et ancien ministre, Simon Compaoré, l’ancien Premier ministre du Burkina Faso, Tertius Zongo, et l’ancien recteur de l’Université de Ouagadougou, Filiga Michel Sawadogo. C’est alors parti pour 72 heures d’échanges entre des experts rompus à la question de l’usage de l’intelligence artificielle.
Achille ZIGANI

