Après la publication par le conseil constitutionnel de la liste définitive des 5 candidats retenus pour l’élection présidentielle ivoirienne de fin octobre 2025, l’ancien président Laurent Gbagbo – écarté de ladite liste – a initié une série de rencontres à Abidjan avec les responsabilités de 4 autres partis politiques écartés de la liste et aussi les responsables du parti de Guillaume Soro, lequel n’avait pas déposé sa candidature à l’élection.
Ainsi, le 10 septembre 2025, Gbagbo a reçu successivement à son cabinet, les délégations du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam, du Front populaire ivoirien (FPI) de Affi N’Guessan et de Générations et peuples solidaires (GPS) de Soro. Avant que le président du PPA-CI, entouré de ses plus proches collaborateurs, ne reçoive le lendemain 11 septembre, 2 autres candidats dont la candidature a été invalidée par le conseil constitutionnel : Assalé Tiémoko (député et président du parti Aujourd’hui hui et Demain, la côte d’Ivoire) et Vincent Toh Bi Irié du parti Aude Nouvelle.

Si rien n’a filtré des échanges, selon le PPA-CI, les échanges ont porté sur les défis majeurs du processus électoral et les délégations reçues ont salué la démarche de l’ancien président Gbagbo. Aux dires de Vincent Toh Bi, rapporte le PPA-CI, l’entretien avec Gbagbo a été «très riche en enseignements et en conseils».
Par ailleurs, le front commun constitué du PDCI et du PPA-CI sensibilise et mobilise ses militants depuis le 5 septembre à travers le territoire national. Aussi, après la décision du conseil constitutionnel, le PPA-CI a réaffirmé le 10 septembre sa volonté de dénoncer la décision et de s’opposer au 4e mandat du président Alassane Ouattara, tout en appelant ses fédérations à se préparer pour une campagne de protestation nationale. Dès lors, l’on devine aisément que les concertations politiques en cours visent à ratisser large dans le cadre d’une vaste opération de mobilisation de l’Opposition politique contre le processus électoral en cours. Ce, en surfant sur le mécontentement des autres candidats disqualifiés de la course présidentielle à l’issue de la décision du conseil constitutionnel. Déjà, comme le rapporte la page Facebook du PPA-CI, le candidat Vincent Toh Bi Irié critiquant cette décision, a martelé ceci : «Ce n’est pas une élection qui est organisée sous ce régime, mais plutôt une composition, un examen pour lequel seul l’examinateur (le pouvoir) connaît les critères de correction».

De son côté, le parti FPI fustige la même décision. «44 382 parrainages ont été déposés sur la clé USB laissée entre les mains de la Commission électorale indépendante (CEI). 46 546 ont été comptabilisés par le conseil constitutionnel. Entre les deux institutions, un différentiel de 2 164 parrainages. Ce n’est évidemment pas acceptable», révèle Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, selon qui le rejet de sa candidature est dû à son rapprochement avec le PPA-CI. Avant que Ferdinand Lia Gnan, ne dévoile les intentions du parti : « Nous avons déposé un fichier de 44.382 parrainages; la CEI a donné un fichier avec plus de parrains collectés (plus de 46.000 parrains) au conseil constitutionnel, qui s’est prononcé sur la base de faux. Bien évidemment, le fichier sur la base duquel le conseil constitutionnel s’est prononcé, n’est pas le nôtre. Nous le recusons. Nous allons saisir le procureur de la république en référé afin de suspendre le processus électoral jusqu’à vider le fond de notre requête. Nous avons le droit d’être candidat. La CEI en tirera les conséquences ». À suivre…
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