Washington n’a pas fait mystère de sa volonté de quitter l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Et les raisons avancées ce mardi ne manquent pas. «L’Unesco s’emploie à promouvoir des causes sociales et culturelles clivantes », tout en défendant « une feuille de route idéologique et mondialiste pour le développement international, en contradiction avec notre politique étrangère America First », a soutenu la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce. Et ce n’est pas tout. «La décision de l’Unesco d’admettre l’État de Palestine comme État membre est hautement problématique, contraire à la politique des États-Unis, et a contribué à la prolifération de discours hostiles à Israël au sein de l’organisation », ajoute la même source. De son côté, la porte-parole adjointe de la Maison Blanche, Anna Kelly, a laissé entendre que « ce président fera toujours passer l’Amérique en premier et veillera à ce que l’adhésion de notre pays à toutes les organisations internationales soit conforme à nos intérêts nationaux ».
Pour sa part, la directrice de l’Unesco, Audrey Azoulay, récuse les arguments de Washington qui rappellent ceux avancés en 2017 par l’administration Trump pour quitter l’UNESCO à l’époque. « Les raisons invoquées par les États-Unis sont les mêmes qu’il y a sept ans, alors même que la situation a profondément changé, que les tensions politiques ont reculé et que l’Unesco représente aujourd’hui un rare lieu de consensus pour un multilatéralisme concret et dans l’action. Ces arguments contredisent aussi la réalité des efforts menés par l’Unesco, notamment pour l’enseignement de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme », a-t-elle déclaré.
La directrice de l’UNESCO peut compter sur le « soutien indéfectible » de Paris dans cette affaire de retrait des USA de l’organisation. En effet, le président français, Emmanuel Macron, qui a laissé entendre que « Le retrait des États-Unis ne fera pas faiblir notre engagement aux côtés de celles et ceux qui portent ce combat », à travers un mécanisme « protecteur universel de la science, de l’océan, de l’éducation, de la culture et du patrimoine mondial ». À noter que sous Ronald Reagan, Washington avait déjà effectué un retrait de l’UNESCO dans les années 1980 avant celui de 2017 et celui en cours.
En rappel, pendant la dernière campagne présidentielle, le président Trump avait déjà annoncé les couleurs, en manifestant notamment sa volonté de retirer son pays de l’organisation onusienne. L’acte qui avait matérialisé cette volonté, a été sa prise d’un décret enjoignant un examen des engagements des États-Unis dans les instances de l’ONU. Après quoi, le secrétaire d’État américain Marco Rubioa avait été mandaté de procéder à une évaluation de « la manière dont l’Unesco soutient les intérêts des États-Unis et si elle le fait » et de produire « une analyse de tout antisémitisme ou sentiment anti-israélien au sein de l’organisation ». Avec cette décision de Washington de quitter l’UNESCO – décision qui prendra effet le 31 décembre 2026 -, on peut aisément imaginer le contenu du rapport fait par le secrétaire d’État sus-cité.
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