Le président du CBRTR, Ali Traoré

Le Comité burkinabè de la route et du transport routier (CBRTR) a organisé, le samedi 10 mai 2025, une visite guidée du chantier d’élargissement et de modernisation de la Route nationale N°4 (RN4). Une immersion qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de son programme annuel, notamment l’atteinte de son objectif stratégique d’amélioration de la collaboration entre constructeurs, exploitants et usagers de la route.

Conduite par le président du comité, Ali Traoré, la visite a mobilisé plusieurs parties prenantes du secteur des infrastructures routières, dont des professionnels, des ingénieurs et des étudiants en génie civil issus de trois écoles de BTP. Cette initiative traduit la volonté du CBRTR de rapprocher les acteurs du terrain, mais aussi d’associer la jeunesse à la dynamique de développement national par une formation plus pratique. A l’en croire, le CBRTR entend faire en sorte que le réseau routier du Burkina puisse harmonieusement s’intégrer au réseau routier de la sous-région et valoriser par la même occasion, l’expertise nationale en matière de transport routier.

Des étudiants recevant des explications des experts

C’est pourquoi, à l’entendre, il est crucial de mettre l’accent sur la formation des jeunes. « La formation ne doit pas être seulement théorique. Il faut que les apprenants touchent du doigt les réalités du terrain », a affirmé Ali Traoré, soulignant la nécessité de multiplier de telles initiatives au profit des apprenants. Il a également salué l’utilisation sur ce chantier d’une technique innovante développée localement, notamment la lithostabilisation, mise au point par Pierre Lompo, un pionnier dans la construction routière au Burkina Faso. Selon lui, cette technique, en plus d’être adaptée au contexte local, est aujourd’hui expérimentée dans d’autres pays, ce qui témoigne de son efficacité. « Nous apprécions cela et c’est aussi l’occasion d’inviter les jeunes à travailler à utiliser les matériaux locaux pour la construction de nos routes. Parce que l’importation nous coûte très cher et les matériaux importés ne correspondent pas souvent à notre environnement », a laissé entendre M. Traoré.

L’ingénieur en génie civil et adjoint au chef de mission du projet, Bawa Sama

En termes de caractéristiques techniques, la partie de la RN4 concernée par l’élargissement passe d’une chaussée simple à une route à double voie séparée, sur une distance de 22 km. Le chantier, lancé par le gouvernement en 2024, vise à transformer cet axe stratégique reliant Ouagadougou aux pays voisins notamment le Niger, le Bénin, etc., en une infrastructure moderne et source de fluidité de la circulation. L’ingénieur en génie civil et adjoint au chef de mission du projet, Bawa Sama, a indiqué que le projet d’élargissement et de modernisation de la RN4 comprend également des pistes cyclables pouvant être converties en couloirs de bus à terme. Aussi, a-t-il ajouté, deux ponts majeurs sont en construction, dont un pont en béton armé de 52 mètres sur le cours d’eau Massili et un passage supérieur (échangeur) avec un pont dalle de 100 mètres sur la voie de contournement.

Le pont en béton armé de 52 mètres sur le Massili, en construction

« C’est une expérience enrichissante de pouvoir confronter la théorie à la réalité du terrain »

Le projet prend également en compte l’aménagement de voies d’accès stratégiques, notamment celles donnant accès à l’ENAM, Saaba, l’université Thomas Sankara, au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Wayalguin et à la direction régionale des Infrastructures du Centre. Et ce n’est pas tout : des travaux de construction de murs de clôture en vue de sécuriser certains espaces publics et communautaires comme les CSPS et les écoles qui longent les chaussées concernées, sont réalisés dans le cadre du même projet.

Le président du CBRTR, Ali Traoré

Pour les étudiants, cette immersion est une véritable opportunité d’apprentissage. « Nous avons appris beaucoup de choses sur les étapes techniques de construction d’une route. C’est une expérience enrichissante de pouvoir confronter la théorie à la réalité du terrain », confie Abdel Ali Ibrahim Kaba, étudiant en master à l’École d’architecture et du génie civil de Ouagadougou (EAGCO). Avant de poursuivre et de se réjouir : « Il y a beaucoup de choses dont nous avons entendu parler. Mais aujourd’hui, nous avons eu l’occasion de les constater de visu, et de pouvoir s’entretenir avec les équipes sur le terrain ». Par cette initiative, le CBRTR marque un pas important vers une meilleure intégration des compétences locales, la valorisation des innovations nationales et la construction d’une culture de collaboration autour des enjeux de mobilité et d’infrastructures routières.

Léon YOUGBARÉ

Article publié dans le numéro 33 du journal La Nation en marche du 15 mai au 14 juin 2025

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