L’émotion qui a envahi hier 20 mai 2025 le stade de l’Ethiad stadium est à la hauteur de la dimension de la vedette du jour. Le Belge Kevin De Bruyne jouant son dernier match à domicile après 10 ans à Manchester City, c’est un évènement dans un stade incandescent marqué par un hommage des grands jours. Avec à la clé, une statue qui sera bientôt érigée aux abords de l’Ethiad stadium, en mémoire de son passage chevaleresque à City. Reconnaissance et honneur, voilà comment l’on résume ces égards à l’endroit de De Bruyne. Mais surtout honneur mérité…

Monstre sacré du football anglais, De Bruyne était et reste le chef d’orchestre incontesté de cette équipe de City qui a régné ces dernières années sur le football anglais. De Bruyne, c’est toute une école de football résumée en une seule personne. L’homme capable de porter sur ses épaules le leadership de l’équipe, c’est lui. L’homme capable de changer la physionomie du match lors des moments difficiles lorsque l’équipe est menée au score, c’est lui. L’homme de l’équipe aux buts d’anthologie, c’est lui. L’homme poumon du milieu de l’équipe, c’est lui. L’homme qui, depuis le côté droit, est capable avec une précision juninhiesque de déposer une passe décisive millimétrée – hors de portée de la défense adverse – à son coéquipier placé au flanc gauche, pour transformer le caviar en but, c’est encore lui. Ses passes décisives, on n’en compte plus le nombre. C’est dire si sa plus-value apportée à City a été incommensurable, avec des titres de champion d’Angleterre et de champion d’Europe remportés. Un vrai démiurge en somme.

Thierry Henry, Grealish, Haaland, etc., reconnaissent tous ce talent hors pair qui fait à la fois de De Bruyne, une exception et une énigme qui a illuminé le championnat anglais et lui a donné davantage de lettres de noblesse. Une équipe de City sur le terrain avec ou sans De Bruyne n’a pas la même résonance ou saveur. Jamais ! Même si l’on nous chante parfois que nul n’est irremplaçable dans la vie, il faut avoir le courage de mettre le holà et dire que cette ritournelle est parfois fausse, car comportant des limites. Tout comme Norbert Zongo est resté irremplaçable, De Bruyne l’est également et il manquera énormément à ce football anglais que nous aimons tant, de par la qualité des différents matchs à suspense garanti ; aucune équipe n’y étant véritablement médiocre pour offrir aux spectateurs des déchets…

D’ores et déjà, nous voilà orphelins de De Bruyne. Nous aurons tant aimé que son talent et sa présence dans le football anglais demeurent ad vitam aeternam, mais hélas. Le Belge s’en va avec sa grandeur qui a eu une autre résonance que cumuler nombre incalculable de buts et ballon d’or dont l’injustice humaine a voulu qu’il en soit dépossédé. Jamais je n’ai écrit un texte sur un joueur avec autant d’émotions, les larmes au fond de l’œil. C’est rarissime ! Maestro à la philosophie de jeu extraordinaire et légende vivante du football mondial, tu vas nous manquer… Énormément !
Adama KABORÉ

