Le 7 mai 2025, le président français, Emmanuel Macron, recevait à Paris, le président syrien, Ahmad Al-Charaa, promettant au passage le soutien diplomatique de la France. Il n’en a pas fallu plus pour que la volée de bois vert s’abatte sur Macron dans l’opinion française.
Comme s’il savait que la visite du président syrien serait mal perçue à Paris, Macron a pris les devants pour prévenir la bombe à désamorcer. Ce, en essayant de justifier sa disposition à recevoir un président considéré comme un ancien terroriste. « Que serait la diplomatie si nous ne recevions que des gens avec qui nous sommes totalement d’accord. (…) Ce que je vois, c’est qu’il y a un dirigeant qui est en place. Il a mis fin à un régime que nous avions condamné. La responsabilité que les Français m’ont donnée, consiste à essayer d’œuvrer pour nos intérêts dans un monde imparfait », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter dans un contexte consécutif aux attaques qui ont fait 1 700 morts : « J’ai rappelé qu’il devait tout mettre en œuvre pour assurer la protection de tous les Syriens sans exception, quelle que soit leur origine, leur religion, leur opinion, et s’assurer que les auteurs de ces actes seraient poursuivis et jugés ».
Mais cela n’a pas suffi pour que la classe politique monte au créneau pour qualifier de « trahison », de « faute et de lourde erreur » et de « honte » cette visite. Du côté du Rassemblement national, le président Jordan Bardella revient sur le passé de Ahmed Al-Charaa qu’il considère comme « héritier d’Al-Qaïda et de Daech ». Avant d’ajouter que « Emmanuel Macron commet une trahison invraisemblable de nos valeurs et de la mémoire de nos victimes ». Et comme il fallait s’y attendre, Marine Le Pen est aussi allée de son couplet à travers ces mots : « stupéfaction », « consternation », « un jihadiste passé par Daech et Al-Qaïda ».
Du côté de la gauche notamment la France insoumise, le député Bastien Lachaud reste sur sa soif face aux explications de Macron et invite Macron à le « convaincre qu’il a eu raison de le (président syrien) recevoir en ayant un discours très clair et très ferme : respect des droits de l’Homme, respect des droits des minorités et impératif d’une transition démocratique dans les plus brefs délais en Syrie ».
La Nation en marche

