Fonds spécial routier du Burkina : Cette convention avec l’ANEREE qui dote les postes de péage d’éclairage solaire

Dans l’optique d’optimiser la performance des postes de péage dont la gestion relève du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), celui-ci a entrepris de doter ces derniers d’équipements solaires dont la fourniture et l’installation relèvent du ressort d’entreprises privées. Pour garantir la qualité de ces équipements et leur installation, le FSR-B a signé en 2022 et 2023, une convention avec l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE) pour bénéficier de l’expertise de celle-ci en la matière. Immersion au cœur d’une convention saluée par les parties prenantes.

C’est le Directeur général (DG) de l’ANEREE, Tobouré Gandré, qui nous passe en revue la convention. Selon ses explications, les conventions signées en 2022 et 2023 ont le même objet : la maîtrise d’œuvre pour le suivi des travaux d’électrification solaire des postes de péage. Mais, hormis le suivi-contrôle desdits travaux, l’ANEREE joue un autre rôle en amont : participer au processus d’élaboration des Dossiers d’appel d’offre (DAO) et aux travaux d’évaluation des offres dans le cadre de la sélection des entreprises en charge des travaux d’électrification.

Le directeur général du fonds spécial routier du Burkina, Théodore Ouédraogo

Selon M. Gandré, le « fonds routier exprime au départ ses besoins d’énergie dans les postes de péage et on dimensionne ceux-ci avec les sources d’énergie renouvelable après que le fonds nous a précisé les équipements récepteurs d’énergie. Puis, on lui détermine la puissance de crêtes nécessaire qu’il faut installer pour satisfaire les besoins ». Le FSR-B se réfère à ces dimensionnements pour élaborer son DAO, lancer l’appel d’offre et recruter les entreprises qui fourniront les équipements solaires et assurer l’installation de ceux-ci. Puis, une commission dont l’ANEREE est membre, statue pour choisir les prestataires qui répondent le mieux aux normes prescrites.

Le directeur général de l’agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, Tobouré Gandré

C’est à cette étape qu’intervient la mission de réception et de certification des matériels et ouvrages entrant dans l’électrification afin de garantir les qualités inscrites dans les DAO. « Avant que les entreprises qui ont obtenu le marché ne procèdent à des installations solaires, on prélève un échantillon des équipements qu’elles ont fourni et on le teste dans notre laboratoire. Ce, pour s’assurer que les équipements répondent aux inscriptions techniques des appareils et à celles du DAO », confie le premier responsable de l’ANEREE. Ce test passé avec succès, les entreprises peuvent procéder aux installations solaires. Après quoi, des ingénieurs de l’ANEREE, munis d’équipements de test, procèdent à des checks pour s’assurer que les installations répondent aux inscriptions du DAO. « Si l’équipement est de qualité et que son installation n’a pas été bien faite, il y a un problème. Si l’installation n’est pas bien positionnée alors qu’elle a besoin de rayons solaires, il est fort probable qu’on n’ait pas une bonne alimentation à un moment de la journée», justifie le patron de l’ANEREE.

Vue d’une mini centrale solaire installée dans le cadre de la convention

Selon le DG du fonds spécial routier du Burkina, Théodore Ouédraogo, cette convention s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de réalisation de centrales mini solaires au niveau des postes de péages entrepris par sa structure. « Il y a des zones où le courant conventionnel n’est pas présent et même s’il y est parfois présent, la tendance actuelle est de travailler à minimiser les coûts liés à l’énergie», soutient-il. Avant de révéler qu’à court terme, il est projeté la modernisation de l’ensemble des postes de péage. « Que ce soit une modernisation d’envergure ou des postes de péage semi-modernes, il faut de l’énergie sans laquelle le dispositif de la modernisation ne pourra pas fonctionner convenablement», appuie-t-il tout en soulignant que l’absence de l’énergie fait que certains postes de péage n’arrivent pas à fonctionner 24h/24. Du coup, la dotation de ceux-ci en énergie solaire permettra d’améliorer les conditions de travail des agents. A terme, lorsque le processus de la modernisation sera amorcé, il s’agira de renforcer les centrales mini solaires existantes afin qu’elles puissent supporter l’ensemble des équipements.

12 postes de péages éclairés au solaire en 2023 et 9 en cours de finalisation

Dans la mise en œuvre de la première convention finalisée en 2023, 12 postes de péages ont pu bénéficier de systèmes d’éclairage solaire, dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins (route Bobo-Dédougou et Bobo-Orodara), des Cascades (Banfora et Niangoloko), du Sud-Ouest, du Plateau central (Ziniaré), etc. La seconde convention concerne 9 postes de péage : ceux de Tenkodogo, Ouaga (sortie route de Ouahigouya), Manga, Pabré, route Ouaga-Saponé, entrée Koudougou (route de Ouaga), Yako, Bobo et Gaoua. Subdivisés en 3 lots, les travaux sont finalisés pour certains postes et en cours de l’être pour d’autres. A noter que conformément aux conventions, chaque poste de péage est équipé de 10 lampadaires de 80 watts avec un système pour éclairer le bâtiment du poste de péage de 5 kilowatt crêtes avec des batteries d’un stockage de 16 kilowattheures d’énergie.

Vue d’un poste de péage éclairé au solaire

Le premier responsable du FSR-B a apprécié ce partenariat entre 2 établissements publics de l’Etat qui comporte des avantages, notamment en termes de coûts comparatifs avec les prestations des structures privées. « La 1ere convention a très bien marché ; raison pour laquelle nous l’avons renouvelée », a-t-il déclaré tout en saluant le processus participatif de la convention qui permet au FSR-B d’être informé en permanence de l’évolution de sa mise en œuvre. « Dès qu’il y a une difficulté quelconque, notamment la fourniture d’équipements défectueux, nous sommes mis au courant à travers les rapports périodiques», a-t-il conclu.

Adama KABORE

Article publié le 15 décembre 2024 dans le numéro 28 du journal La Nation en marche 

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