Sur décision prise en conseil des ministres, le 6 mars 2023, le gouvernement burkinabè instituait la journée nationale des coutumes et traditions. Et le 15 mai de chaque année a été choisi pour célébrer cette journée. Dans les lignes qui suivent, Me Titinga Pacéré (Naba Panatougri), grand homme de culture et chef traditionnel de Manéga, revient sur la question dont il est l’auteur de la requête qui a abouti à cette décision. Il lève surtout un coin de voile sur le contenu de sa requête. À l’occasion de la disparition de Me Pacéré décédé ce 8 novembre 2024, nous publions pour vous cette interview publiée dans la parution du 15 mars 2024 de votre journal La Nation en marche ! Lisez !

La Nation en marche : Le rapport du conseil des ministres en date du 6 mars 2024, institue la journée du 15 mai de chaque année, journée fériée, chômée, payée, journée nationale des coutumes et traditions. Il nous est revenu que la requête qui fonde cette décision du conseil des ministres, provient de vous. Nous avons alors décidé de vous rencontrer pour en savoir davantage sur l’origine de cette institution et dans quelle circonstance vous avez été amené à déposer cette requête.

Me Pacéré : Effectivement, j’ai été très heureux d’apprendre que le gouvernement a pris cette décision par décret en conseil des ministres. L’idée, sans trop de commentaire, vient de moi et c’est une très vieille idée. Je suis conseiller de sa Majesté le Mogho Naaba Baongo depuis plus de 40 ans. La veille de son intronisation, de son entrée au palais du Moogho Naaba, il m’a demandé d’être son conseiller privé. Beaucoup de très hauts dignitaires proches de son père lui ont dit qu’il ne faut pas qu’il prenne une décision d’une extrême importance sans m’avoir écouté. J’ai été honoré et je lui ai adressé ma profonde gratitude et depuis, je suis son conseiller privé. En dehors de cela, j’allais dire que je suis son assistant privé. Le Mogho Naaba Baongo a écrit deux livres et c’est moi qui y échange avec lui. C’est moi qui en ai ajusté le contenu parce que j’ai des diplômes de lettres en dehors de mes diplômes de droit et même de sociologie sous l’angle de la chefferie coutumière, parce que j’ai fait des études en sociologie et sciences politiques. Dès sa nomination, il m’a demandé de tout faire pour que les coutumes et traditions aient une place dans la vie nationale. Il m’a dit de voir au besoin certains hauts dignitaires afin de voir s’ils partagent son avis et sa position. Parmi les premiers dignitaires que j’ai vus, il y a le Naaba Tigré de Tenkodogo qui a fait de moi son conseiller privé. Et il y a eu deux de ses fêtes basga et même autres rituels sacrés pour lesquels il m’a demandé d’être le parrain. C’est ainsi que j’ai appris que la fonction des tambours est d’orienter la société et c’est de là que j’ai appris qu’à cette fête basga, dans les premiers temps, le batteur des tams-tams du chef de tambour, c’est lui qui oriente la société en donnant conseils au roi. Par exemple, il fait la généalogie des chefs, c’est-à-dire la succession des rois depuis que Tenkodogo existe et il dit à la fin : ce roi a fait ceci et très bien ; ce roi avec tout le respect que nous lui devons, il y a eu des éléments qui ont été discutables, il faut être prudent et il tire une conclusion.

Le roi m’a dit d’essayer de voir si on ne peut pas avoir un moment qui révèle l’existence, l’utilité de la grandeur de nos coutumes sur notre vie nationale. Mais en dehors de lui, je ne vous cache pas que beaucoup de rois m’ont vu dans ce sens. A titre d’illustration, je me rappelle que quand on devait baptiser l’avenue Gérard Kango Ouédraogo, le roi Naaba Kiba de Yatenga était présent. Il a eu à causer avec moi et m’a dit de tout faire pour que la coutume, nos valeurs de société, soient visibles dans notre vie nationale ; pas uniquement pour le Moogho mais pour tout le Burkina Faso. Aussi, l’emir du Liptako ainsi que beaucoup d’autres sont venus à Manega dès que je suis devenu chef de Manega sous le nom de Panantougri. Ils m’ont tous dit de faire en sorte que l’on puisse savoir qu’il existe des coutumes qui, pendant plus d’un millénaire, ont fait régner l’ordre dans la société. Il y a aussi Tolé Sagnon, chef de 120 villages, qui m’a dit ceci « Me, les coutumes et traditions n’ont plus d’existence ». Un autre roi m’a dit ceci : « Si on essaie de prendre aujourd’hui les jours fériés, chômés et payés, les chrétiens ont à peu près 8 jours, les musulmans ont au moins 6 jours ? Demandez au moins un jour ». Etc. Ils ont ainsi été nombreux à me demander de faire en sorte qu’il y ait une journée qui soit consacrée à nos coutumes. Alors j’ai décidé de faire un dossier complet pour le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré. Ce document est intitulé : « Me Pacéré, chef coutumier, trésor humain vivant, Grand Ordre de l’Etalon, Démarche pour reconnaissance de journée légale et en regard des valeurs des traditions et des coutumes de l’Afrique et du Burkina Faso ».

« En réalité, j’ai demandé deux journées : une pour le début des saisons pluvieuses pour avoir de bonnes pluies et de bonnes récoltes et une seconde journée, pour des festivités et des remerciements aux ancêtres après les récoltes »

Ma requête fait 128 pages, le texte fondamental et les annexes y compris. Il y a beaucoup d’illustrations pour justifier cela et il y a même des influences qui relèvent de l’Egypte pharaonique, il y a des pierres tombales, des effigies humaines, etc. C’est donc suite à toutes ces sollicitations et surtout à commencer par moi-même, vu que je suis chef coutumier de Manega, que j’ai adressé ma requête en sollicitant que le gouvernement actuel prenne la décision d’accorder, ne serait-ce qu’un jour à cet effet. En réalité , j’ai demandé deux journées : une pour le début des saisons pluvieuses pour avoir de bonnes pluies et de bonnes récoltes et une seconde journée, pour des festivités et des remerciements aux ancêtres après les récoltes. Le gouvernement a accordé un jour et pour moi, c’est bon. En effet, il faut savoir que dans la culture des peuples anciens du Burkina Faso, le repos n’est pas une valeur ; mais le travail l’est. Chez les mossis par exemple, on dit : travaille, travaille sans jamais te reposer car c’est le travail qui définit l’homme.

Pourquoi donc le choix du 15 mai pour cette journée nationale ?

Moi dans ma requête, c’est le 20 juin que j’avais proposé parce que le début des pluies. C’est pour qu’on puisse solliciter de bonnes pluies aux ancêtres, à Dieu. Et j’ai proposé un second jour, notamment le 20 janvier de chaque année pour remercier Dieu et les ancêtres. Donc on peut comprendre que la date du 15 mai est aussi une date qui précède les pluies et convient aux implorations à faire à l’occasion, conformément au sens de notre requête.

Le problème est qu’en fixant de la sorte à l’avance une date, celle-ci peut tomber sur un mercredi. Or, quand on prend l’exemple de la communauté mossi, le mercredi n’est pas généralement indiqué pour certaines pratiques, telles des libations. Ne craignez-vous donc pas que la journée ne soit pas bien suivie par tous en cas de sacrifices à faire et au cas où la date tombe sur un mercredi ?

Oui, mais ça dépend qu’à même des régions. Pour moi, comme on est dans l’Etat moderne, il faut qu’à même tenir compte aussi de cette donnée de calendrier. C’est pourquoi je n’ai pas attaché d’importance à la journée de mercredi. J’ai seulement accordé d’importance à la période et à la date. Sinon, effectivement, le mercredi, on dit souvent qu’on ne peut pas présenter les condoléances, etc.

 

« Je sollicite le concours de tous, des personnes publiques ou privées, ce quel que soit le montant pour que nous puissions éditer ce livre », dixit Me Pacéré

D’aucuns soulignent que c’est plutôt une loi votée à l’Assemblée législative de la transition qui devrait instituer la journée fériée et non un décret pris en conseil des ministres…

Effectivement, il y a un problème technique qui est posé. Ce que je peux dire, c’est que dans ma démarche, j’avais saisi d’abord le président de la transition. Puis, le président de l’Assemblée législative de la transition (ALT) ce, à titre indicatif, parce que du fait que j’ai soumis le problème au chef de l’Etat, c’est le conseil des ministres qui prendra un avant-projet de loi pour saisir l’ALT pour suite à donner. La démarche visait à aller plus vite. Si c’est agréé, l’ALT renvoie le dossier au chef de l’Etat pour promulguer la loi. Donc si maintenant, on se retrouve avec un décret, cela doit être possible. En effet, la procédure que je suggérais, serait très longue alors que cette affaire n’a fait que trop durer. Donc, on peut prendre en conseil des ministres, un décret ayant force d’ordonnance ou quelque chose de ce genre ayant force de loi. On ne me l’a pas dit directement, mais c’est ce que j’ai compris. On me l’a fait comprendre indirectement.

Qu’est-ce qui est prévu comme contenu ou activités à organiser à l’occasion de cette journée nationale ?

La nouvelle vient de sortir et je voudrais de mon plus grand respect à tous les hauts dignitaires des terres, des coutumes et des traditions, ne pas prendre de dispositions qui s’apparenteraient à des indications, des orientations et autres. Je préfère attendre quelques jours, que nous puissions ensemble savourer d’abord cette grande décision et merci beaucoup au président de la transition, au Premier ministre et au ministre porte-parole du gouvernement par qui je suis passé pour déposer mon dossier. Je souhaite que nous prenions tous le temps de réfléchir et de voir ce qu’il faut faire ce jour-là. Je voudrais ajouter que j’aurais voulu réécrire le document initial de 128 pages en forme classique d’un livre qui pourrait être accessible à tout le monde, aussi bien aux détenteurs des cultures qu’aux autres. En effet, je l’ai écrit en termes juridiques et je voudrais le faire le plus rapidement possible. Mon plus grand vœu est que la presse saisisse tous ceux qui peuvent m’apporter leur concours financier pour que je puisse éditer cet ouvrage, afin qu’on comprenne ce qu’il y avait dans ma tête et celle des détenteurs des coutumes qui m’ont contacté pour que nous puissions ensemble voir ce qu’il faut faire ce jour-là. Je sollicite le concours de tous, des personnes publiques ou privées, ce quel que soit le montant pour que nous puissions éditer ce livre.

Cependant, certaines communautés religieuses sont souvent enclines au rejet des coutumes africaines. Est-ce que l’institution d’une telle journée ne risque pas de les heurter ?

Pour moi, un homme n’a qu’à faire ce qui lui vient de sa conscience et laisser le reste à Dieu. Si l’Afrique traditionnelle a ses religions et que nous avons aussi des religions importées, cela veut dire que nous avons accordé de la place à celles-ci. Quand le Moogho Naaba sort le vendredi, vous avez le mankoudgue tengue soaba qui est là, c’est le chef culturel coutumier de gnongnoncé, mais aussi les musulmans qui viennent tous les vendredis pour adresser leur droit au moogho Naaba et à la nation. Vous avez également toutes les autres composantes du milieu des religions. L’Afrique aime  la tolérance religieuse. En raison de cela, Me Pacéré demande à ce que l’Afrique traditionnelle ait sa place à côté des autres. Encore que c’est la terre de l’Afrique traditionnelle. En raison de cela, j’ai dit dans mon document que j’ai adressé au gouvernement que l’Afrique ne veut la place de personne en Afrique et qu’elle veut sa place en Afrique. Je ne demande pas à ce qu’on enlève un jour des chrétiens ou des musulmans pour donner au droit des coutumiers. L’Afrique est tolérante ; la preuve, on a accepté les autres religions et pourquoi les autres religions la détesteront? Je ne veux pas dire qu’il y a une religion qui déteste une autre, mais qu’on sache que l’Afrique, c’est la tolérance religieuse pour nous permettre de vivre ensemble dans la paix et la concorde.

« Pourquoi depuis 1906, les traditions, les coutumiers, n’ont pas de place sous l’angle de la spiritualité dans le pays ? Il y a une justice qu’il faut administrer à tout le monde et c’est ce qui m’a guidé et tous les trois détenteurs des coutumes à devoir poser cette problématique »

Quand vous parlez de paix, la question qui se pose dans le contexte sécuritaire actuel, est celle de savoir ce qui peut être la plus-value de l’institution d’une telle journée ?

Une telle institution pour ma part impose la tolérance des spiritualités, des points de vue c’est-à-dire qu’on permet à tout le monde à commencer par les anciens à avoir leur place. Et pour moi, une spiritualité censée, une religion censée, ne doit pas interdire l’existence d’une autre religion. Nous avons tous été créés par Dieu et donc, il faut accepter la tolérance religieuse. Un très haut dignitaire des religions révélées m’a dit ceci : « Pour moi, la pluralité des religions, c’est comme les enfants d’une même cour, d’un même père, qui vont à l’école primaire en empruntant chacun son chemin pour la même destination ». Pourquoi détester l’autre qui croit aussi en Dieu ? Pour moi, ce n’est pas de la spiritualité normale. C’est Dieu qui nous a tous créés et s’il voulait créer un seul homme avec un seul esprit et tout, il aurait dû créer un seul homme. Donc à partir de là, je crois à l’esprit de vivre ensemble parce que matériellement, on ne peut pas tuer tous ceux qui ne sont pas de votre religion. Même si on pense qu’on détient des armes qui peuvent tuer tout le monde, il faut savoir que ce n’est pas correct. A ceux qui ont la vie ancienne et qui continuent de vivre leur vie ancienne, qu’on leur permette de respirer, de boire l’eau que tout le monde boit et de manger la nourriture que tout le monde mange. Pour moi, je ne crois pas que ce serait logique et utile pour ce pays qu’une religion s’insurge contre la décision qui a été prise par le capitaine Ibrahim Traoré et son gouvernement. Toutes les autres religions ont trouvé sur la terre africaine, des traditionnalistes, des coutumiers qui croient en Dieu. Ces derniers ont une voie pour aller en Dieu. Pourquoi depuis 1906, les traditions, les coutumiers, n’ont pas de place sous l’angle de la spiritualité dans le pays ? Il y a une justice qu’il faut administrer à tout le monde et c’est ce qui m’a guidé et tous les trois détenteurs des coutumes à devoir poser cette problématique qui, pour moi, n’est pas une problématique mais un droit, une justice à administrer à tout le monde.

Actuellement dans le théâtre des opérations, l’institution d’une telle journée peut-elle apporter une réelle plus-value ?

Selon moi, oui. Car c’est un problème de cohésion et de vivre-ensemble. Dans beaucoup de zones, ce sont des Burkinabè qui prennent des armes contre les Burkinabè. Ce n’est pas possible car on n’a jamais vu cela depuis mille ans et si je dis mille ans, c’est peu. Prenons le plateau des mossis ; les peuples qui sont là, ce sont les Nioniocé et les mossis sont arrivés il y a 1000 ans. Cela fait 6 000 ans que les Nioniocé et les Ninici sont là. On appelait les Ninici, les rebelles et c’est parce qu’ils le sont que le tengsoaba Bassi de Djilougou a envoyé sa fille à Zoungrantenga dans l’espoir d’avoir un petit-fils qui viendrait les délivrer parce que les mossi combattent avec des lances et surtout avec des chevaux. Ils vont plus vite qu’eux.

« Je souhaite que nous prenions tous le temps de réfléchir et de voir ce qu’il faut faire ce jour-là », affirme Me Pacéré

Vous avez parlé de combat à l’aide de lance et de chevaux. Ce sont des moyens de lutte purement traditionnels. Peut-on savoir si sur les théâtres d’opération aujourd’hui avec la lutte antiterroriste, l’institution de la journée nationale des coutumes et des traditions permettra de renouer avec ce savoir androgène afin d’engranger des victoires au front ?

Je crois que c’est possible mais surtout, je crois que c’est la stratégie traditionnelle pour éviter le mysticisme. C’est la stratégie traditionnelle qui pourrait être utilisée. Je m’explique : vous voyez dans pratiquement tous vos villages, il n’y a qu’une seule route qui traverse tout le village jusqu’à la rencontre d’une autre route. Alors, il suffit de dire par exemple aux rois, dans vos droits, dans vos comportements, dans vos habitudes, le village fait 2 km, mettez un enfant ou un homme tous les 50 mètres 24h/24 et c’est souvent pendant les nuits qu’on pose les bombes artisanales. La nuit, si un enfant voit de la lumière qui pointe à quelque part, avec l’Etat moderne, on fabrique un téléphone et dès qu’on appuie tel point, cela communique avec le chef, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et l’armée. Dès que vous appuyez le point, le lieu est identifié géographiquement au niveau de l’armée et des FDS. Le temps que le terroriste ait le temps de creuser le trou et placer la bombe, il sera encerclé par les FDS. En utilisant tous les moyens, je crois qu’on pourrait faire des victoires dans la guerre.

Quand on regarde dans le sud-ouest, il nous est revenu que des patriarches d’un village se sont réunis pour envoyer des abeilles pour chasser les terroristes qui s’étaient attroupés dans les alentours du village…

Tout cela est possible. Je sais même que dans les pays mossi, il y a des endroits où on envoie des abeilles. En fait, l’abeille est considérée dans nos traditions comme le symbole des militaires. Les mossis disent par exemple que les abeilles qui vont au puits ne retournent pas toutes. C’est pour dire que les militaires qui vont à la guerre, doivent s’attendre à ce que malheureusement, il y ait des pertes en vie. C’est leur devise, leur idée d’aller combat pour le bonheur du peuple. L’abeille symbolise les militaires mais aussi, on peut justement utiliser ces abeilles pour qu’elles mordent, aillent envahir et tout cela relève des facultés des traditions.

« C’est moi qui demande ce pardon aux terroristes. J’ai dit moi, ce n’est pas n’importe qui, car je suis le doyen de ceux qu’on appelait les rebelles des temps anciens et on avait peur de nous »

De façon générale, quel message pouvez-vous adresser aux populations dans ce contexte de lutte antiterroriste ?

On a souvent dit qu’on ne jette pas un caillou sur la terre de nos ancêtres. Si vous y êtes contraint, c’est plutôt une motte de terre que vous pouvez utiliser. Ce que j’ai à dire aux terroristes dont j’ignore les réelles motivations, c’est que ce n’est pas normal de briser la cage des ancêtres et des pères. Par ailleurs, j’ai eu des cas concrets signalés, des hommes qui ont pris de l’argent et qui ont indiqué la maison de leur famille et leur père et mère ont été tués. Cela n’est pas être Burkinabè. Le père est sacré et j’ai appris qu’on a vu des hommes entrés dans des mosquées et églises et tuer les responsables religieux. Pourquoi cela ? C’est contraire à toute l’histoire de tous les peuples du Burkina Faso. Qu’on le veuille ou non, tous les Burkinabè sont des croyants. C’est le feu qui attend tous ceux qui font cela. On a qu’à se réconcilier et il faut savoir que l’Africain a l’art de pardonner. Nous aimons pardonner c’est-à-dire en rendant les armes et se pliant à la volonté de tout le monde. Il y a dans chaque peuple, un ministre chargé du pardon. Quel que soit ce que vous avez fait, demandez pardon et on peut trouver une solution pour votre insertion pour que vous puissiez répondre de la grandeur de vos ancêtres. Mais ne cherchez pas à aller contre la population car vous ne réussirez pas et si vous mourez, vous ne réussirez pas là-bas non plus. C’est moi qui demande ce pardon aux terroristes. J’ai dit moi, ce n’est pas n’importe qui, car je suis le doyen de ceux qu’on appelait les rebelles des temps anciens et on avait peur de nous. Ce pays ne repose que sur des valeurs et il est contre la guerre. Alors, main dans la main, construirons la paix qui est le bonheur et l’avenir de notre peuple au Burkina Faso. Mais en attendant, je voudrais vous remercier pour la considération que vous avez eue à mon endroit en venant me voir pour avoir plus d’éclaircissement sur l’initiative relative à l’institution de la journée nationale des coutumes et des traditions.

Propos recueillis par Adama KABORE et retranscrits par Aïssata SINARE

Article publié dans la parution du 15 mars 2024 du journal La Nation en marche 

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