Placé sous la tutelle financière du ministère de l’Economie, le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) est doté de la personnalité juridique et jouit d’une autonomie financière. Véritable bras financier du ministère des Infrastructures qui en assure la tutelle technique, le FSR-B permet au réseau routier national de se porter davantage mieux. Son Directeur général, Théodore Gouwindmanegré Ouédraogo, nous fait découvrir davantage la structure qui est un vrai outil de développement.

Etablissement public de l’Etat régi par le décret 610 qui organise le fonctionnement des fonds nationaux, le FSR-B dispose d’un conseil d’administration et d’une direction générale composée de directions spécifiques assurant son fonctionnement. Ses missions se résument essentiellement à la mobilisation de ressources et au financement de tout ce qui est projet routier. Ces ressources ont pour sources, les taxes de péage, la taxe sur les produits pétroliers dont une partie est reversée au FSR-B et les emprunts auprès des structures bancaires. Pour l’année 2023 qui vient de s’écouler, sur une prévision de 8 milliards, c’est plus de 9 milliards de F CFA mobilisés et auxquels contribuent énormément les 37 postes de péage du pays. « Tout ce qui est investissement propre au fonds, même les conventions et autres, c’est les taxes de péage qui nous permettent de prendre en charge ces activités », révèle le DG du FSR-B, Théodore Ouédraogo. Avant d’informer que « Même les motocyclistes dont le volume du cylindre de l’engin a plus de 125 m³, paient les taxes de péage ».

Pour le ministre des Infrastructures et du désenclavement, Adama Luc Sorgho, le FSR-B est l’un des maillons qui contribue à l’atteinte des missions du département

Pour une utilisation efficace des ressources mobilisées, des dispositions sont prises par le FSR-B pour en éviter la déperdition. « Nous ne nous contentons pas d’allouer les ressources. Nous avons un regard sur un certain nombre d’activités. Il y a l’audit interne qui se charge de vérifier certaines informations liées aux conventions et même aux travaux. Au niveau du service technique également, nous sommes en train de remettre en place un dispositif qui permet de constater le niveau d’exécution des travaux », foi du premier responsable du FSR-B selon qui, « Il ne suffit pas de s’en tenir au décompte. Il appartient aussi au Fonds d’aller sur le terrain pour vérifier l’exactitude des travaux faits ». Dans cette dynamique de transparence, des audits sont faits annuellement sur les ressources des conventions allouées aux directions centrales pour des projets routiers. Souvent externes, ces audits sont parfois commandités en recourant aux services d’un cabinet privé. Il s’agit notamment d’audits techniques pouvant aller de la conclusion du contrat jusqu’à l’achèvement des travaux pour s’assurer que ceux-ci sont conformes au contrat.

Bientôt, des essais à blanc au poste de péage de Boudtenga

Doter les postes de péage d’un système d’éclairage solaire

Pour l’audit interne, il y a deux niveaux de contrôle. « Il y a le contrôleur de gestion. Tout ce qui est paiement doit passer à son niveau pour validation. S’il valide un paiement, il est tout à fait normal qu’on puisse savoir entretemps si en termes de procédure, cela est respecté. L’audit interne est rattaché au conseil d’administration auquel il rend compte. L’auditeur interne vérifie si les procédures en lien avec les activités qu’on finance, sont conformes à la règlementation. A la différence du contrôleur de gestion qui se limite à l’appréciation de la procédure, l’auditeur interne a la faculté de faire des recommandations pour plus d’efficacité », nuance le DG Ouédraogo. Conformément à la vision de la structure, il est envisagé la mise en place de 4 postes de péage sémi-modernes ou intermédiaires en 2024. « L’accent sera beaucoup plus mis sur le volet sécurisation des recettes ; c’est l’automatisme, c’est la même fonctionnalité qu’au niveau des péages modernes. On essaie d’améliorer les anciens postes de péage en mettant simplement en place le dispositif de sécurisation de recouvrement des recettes », explique le DG. « Quand l’usager arrive, la somme à payer s’affiche. La levée de la barrière est conditionnée au paiement. Avec le système actuel, il n’y a pas de barrière », conclut-il.

Le FSR-B dote les postes de péage de l’éclairage solaire

Pour les postes de péage modernes de Boudtenga, Tintilou et Kotédougou quasi prêts, les essais à blanc pourraient débuter bientôt. Selon le DG, « Il faut se donner du temps pour faire les essais et corriger au maximum les imperfections » avant le démarrage effectif. Une autre alternative développée pour mobiliser suffisamment les recettes fut la confection de postes de péage mobiles dans les zones d’insécurité. De l’avis du DG, « Suite aux menaces et attaques terroristes, on est obligé de rapprocher de façon temporaire ces postes des villes ». La modernisation du péage impliquant la disponibilité permanente de l’énergie, le FSR-B a entrepris de doter les postes de péage d’une mini-centrale solaire. « En 2023, 12 postes de péage ont bénéficié de ce système d’éclairage solaire, contre 9 en cours pour 2024 grâce à des contrats signés avec l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique », affirme Boureima Lankoandé, responsable en charge de la gestion du péage.

Adama KABORE

Article publié dans le support physique du journal La Nation en marche, dans sa parution du 15 avril 2024.

 

 

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