Aujourd’hui, c’est la 3e journée des matchs des 8e de finale de la CAN avec au programme deux affiches : Cap-Vert-Mauritanie et Côte d’Ivoire-Sénégal
Pour la première affiche, les Cap-Verdiens devront confirmer leur bonne dynamique enclenchée dans leur poule où ils ont déclassé des favoris comme l’Égypte et le Ghana pour occuper la première place du groupe avec 7 points. En tout cas, en toute logique, avec l’engagement et le volontarisme de cette équipe qui a réussi à flétrir l’amour-propre des favoris de sa poule, sa qualification en quart de finale doit normalement être une formalité. Même si la Mauritanie a fait bonne impression dans sa poule contre le Burkina et l’Algérie, force est de constater qu’il y a plus de flamboyance dans le jeu cap-verdien, à la fois dans le fond et sa machine offensive efficace qui compte 7 buts en 3 matchs. Sans oublier la valeur collective de l’équipe qui ne connait pas de starmania.
Toutefois, il n’empêche que cette partie entre deux équipes outsider et tocard de la compétition qui ont réussi l’exploit de surprendre agréablement après avoir tenu la dragée haute aux favoris de leur groupe, sera animée avec un fossé de niveau relativement faible. C’est pourquoi il ne sera pas étonnant d’avoir un score non large mais plutôt étriqué au terme des 90 mn de jeu. Il faudra donc s’attendre à un match ouvert avec des faveurs de pronostic pour le Cap-Vert.
Quant à la seconde affiche, elle est celle là plus attendue et cristallise toutes les passions et l’adrénaline monte tant chez les supporters des Éléphants de la Côte d’Ivoire que chez ceux des Lions de la Teranga. « Nous les Sénégalais, si jamais la Côte d’Ivoire nous bat, on va rejouer le match. Nous ne pouvons pas nous qualifier avec 9 points et nous laisser éliminer par une équipe qui a fait tontine de points «, a d’ailleurs déclaré un supporter sénégalais. Quoiqu’il en soit, il faut faire preuve de fairplay et de pondération même si au-delà du jeu que constitue le football, il y a derrière des milliards de francs CFA à engranger et l’honneur sportif de la nation à défendre.
Le match Éléphants-Lions sera loin d’être une sinécure
Revenons au duel épique lui-même en perspective entre le miraculeux éléphant sorti de la forêt ivoirienne à la suite d’un coma grâce au rugissement salvateur d’un lion marocain et un autre lion, notamment celui du Sénégal. Suite à leur déculottée (4-0) subie face à la Guinée équatoriale, les Eléphants ont suffisamment fait du tort aux Ivoiriens à travers dégâts matériels et perte en vie humaine (l’enfant d’une dame ayant succombé suite à une crise cardiaque) qu’ils ont maintenant l’occasion d’expier leurs errements sur le rectangle vert qui ont secoué la nation tout entière, obligée de faire des pérégrinations jusqu’à Paris pour chercher en vain un ultime Moïse sportif sauveur, en l’occurrence Hervé Renard.
En tout cas, toute la Côte d’Ivoire est debout, à commencer par les anciennes gloires de football ivoirien tels Drogba, Séré Dié, etc., pour canaliser les énergies des pachydermes afin de les doter de meilleures défenses capables de résister au rugissement des Lions de la Teranga, champion d’Afrique. Pour notre part, sans ignorer et minimiser la crinière redoutable des lions et lionceaux, la galaxie des stars sénégalaises, leur maestria, leur adresse devant le but, leurs expériences, leur efficacité, etc., nous imaginons que les Éléphants ont eu suffisamment de temps pour prendre conscience de la grandeur des attentes nationales à leur endroit, corriger leurs déchets techniques et leur inefficacité devant le but, se remettre de leurs émotions, soigner leur chronique mal de manque d’automatisme et sauront faire preuve de fighting spirit pour reprendre du poil de la bête footballistique à travers leur barrissement et stopper les Lions dans leur course vers un second sacre d’affilée sur le continent. Et cela passe nécessairement par l’anesthésie de la colonne vertébrale des Lions qu’est le milieu et aussi la neutralisation de leur secteur offensif. Les Éléphants sauront-ils s’y prendre ? Tout porte à le croire.
Et ce n’est certainement pas de l’attiéké et de la banane plantain qui ont manqué sur les rives de la lagune Ebrié pendant cette semaine pour apporter leur part de contribution à la solidité des défenses des Éléphants. Bref, les Éléphants ont le devoir de prouver que ce qui leur est arrivé face à la Guinée équatoriale n’était qu’un incident de parcours et que les autorités ivoiriennes n’ont pas eu tort d’investir près de 1 000 milliards de francs CFA dans la compétition pour faire d’Abidjan, la coquette demoiselle aux formes généreuses désirée en ce moment par le reste du monde à travers une édition de CAN mémorable de par ses infrastructures ultra modernes. En somme, la balle est dans le camp des joueurs ivoiriens même si l’on sait bien que l’adversaire du soir est de taille et que la confrontation sera loin d’être une sinécure, encore moins une partie de couper décaler, d’autant plus qu’il ressort que le chanteur Youssou N’Dour aurait promis 70 millions aux Lions en cas de victoire. Malgré tout, la Côte d’Ivoire, tout comme le Cap-Vert, dispose de réels atouts pour sortir vainqueur du match de ce soir et s’envoler en quart de finale de la CAN. On se pourlèche les babines, dans l’attente d’une affiche épique à graver sur le marbre du football africain…
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